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Abréviation par omission de mot / style télégraphique
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fred



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MessagePosté le: Mar 07 Mai 2019 2:03 pm    Sujet du message: Répondre en citant

Vu la lenteur d'écriture en toutes lettres de la langue allemande (et je pense aussi à l'écriture en gothique d'avant la guerre), il n'est pas étonnant que la sténographie ait été fort prisée des intellectuels allemands, et que, d'autre part, le style télégraphique ait été répandu, aussi bien dans l'écriture courante que dans la sténo par imitation. Dans l'adaptation française, ces traditions d'omissions de mots ont pu être maintenues, alors qu'elles ne sont pas coutumières en français.
Concernant l'anglais, je ne remarque pas que les petits mots outils soient plus longs à écrire en sténo que les mots français correspondants. Donc, je ne crois pas que ce soit une question de sténo, mais plus, comme vous le dites, une question de tradition, venant à mon avis de l'écriture en toutes lettres.
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mttiro



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MessagePosté le: Mar 07 Mai 2019 2:15 pm    Sujet du message: Gabelsberger-Noe omission Répondre en citant

On peut omettre des mots-outils dans la Gabelsberger-Noe pour l’italien :

Un modo per abbreviare consiste semplicemente nel non scrivere parte della parola, come la desinenza dell’infinito o del participio passato o omettendo delle parole. In genere si omettono alcuni articoli e altre parti che la buona pratica dell’italiano richiede. Rileggendo il testo sarà naturale aggiungere quanto è stato omesso o almeno così si spera. Questo tipo di abbreviazione richiede una certa esperienza.

http://www.accademia-aliprandi.it/articoli/specializzazione/stenografia_gabelsber
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mttiro



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MessagePosté le: Mar 07 Mai 2019 2:30 pm    Sujet du message: Vitesse écriture allemande Répondre en citant

J’ignore si l’écriture manuscrite allemande était moins rapide que, disons, notre anglaise.

L’ancienne écriture était la Kurrent, ensuite remplacée par une variante modernisée, la (pour nous étrange et « raide ») Sütterlin. J’ai une vieille méthode Assimil d’allemand avec des passages en Sütterlin.

https://fr.m.wikipedia.org/wiki/Kurrent

https://fr.m.wikipedia.org/wiki/Sütterlin

http://intrenches.com/schreibschrift.htm

http://www.suetterlinschrift.de/Englisch/Sutterlin.htm
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mttiro



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MessagePosté le: Mar 07 Mai 2019 5:16 pm    Sujet du message: Conen de Prépéan, omission de mots Répondre en citant

« Quelques abréviateurs conseillent de retrancher les mots qui, disent-ils, peuvent être suppléés, tels que les articles définis , plusieurs pronoms , conjonctions, etc. La Sténographie exacte rejette celles de ces suppressions qui peuvent donner lieu à des erreurs. Pour mériter sa dénomination , elle doit tracer les propres expressions de l’orateur.

Le sténographe , interprète fidèle de ce qu'il entend , ne peut être un copiste incorrect. Cependant , on peut sans inconvénient supprimer l'article le , la , les , devant les noms com muns , lorsque le genre et le nombre sont suffi samment désignés par le sens de la phrase ».

Pp. 99-100 = vues 108-111/198 dans

Conen de Prépéan, Sténographie exacte, 2e édition, 1815. Google Books.
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mttiro



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MessagePosté le: Ven 10 Mai 2019 10:27 pm    Sujet du message: Delaunay et les ellipses Répondre en citant

Albert Delaunay sur les ellipses (omissions) :

« Il y a, disais-je, suivant moi, deux sortes d'ellipses : celles qui consistent dans la suppression de mots isolés dont le rétablissement textuel dans la lecture est certain, celles qui consistent au contraire dans la suppression de mots ou de membres de phrases dont le rétablissement textuel est difficile on même impossible, mais qui peu vent être remplacés d'une manière certaine dans la lecture par des équivalent.

Que les ellipses du premier genre soient permises en sténographie, c'est ce que nul ne saurait contester. C'est ainsi que, dans la pratique de toutes les méthodes, on n'exprime jamais ou presque jamais en sténographie les mots inutiles, qui font bien partie de la phrase au point de vue grammatical, et qui par conséquent doivent être rétablis dans la transcription, mais dont l'omission n'altère pas plus le sens de celle phrase, dans l’écriture sténographique, qu'elle ne l'altérerait dans un télégramme.

Ainsi, dans cette phrase : « A quel jour la Chambre veut-elle fixer sa prochaine séance publique ? » Phrase qui se compose de douze mots; il est absolument superflu de sténographier le premier mot à, le quatrième la, et le huitième sa, et devant le texte slénographique suivant : « Quel jour Chambre veut-elle fixer prochaine séance publique ? » il n'est personne, il n'y a pas d'apprenti de la pre mière heure qui n'écrive immédiatement en écriture ordinaire : « A quel jour la Chambre veut-elle fixer sa prochaine séance publique? »

Je pourrais citer un très-grand nombre d'exemples de ce genre, et c'est non seulement un droit, mais même une nécessité impérieuse et heureusement sans danger de faire en sténographie de pareilles ellipses ».

Ensuite Delaunay conseille au contraire la,plus grande prudence pour l’omission de mots qu’on pourrait remplacer par des équivalents.

Albert Delaunay, Cours de sténographie, 1878, pages 230-231.
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mttiro



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MessagePosté le: Sam 11 Mai 2019 6:07 am    Sujet du message: Répondre en citant

Duployean sur ce forum en 2006 :

« Le débit moyen du français est de 130 mots/minute. C'est le débit des présentateurs de télé ou de radio. Le débit de Ruquier se situant vers les 160 à 170 (à jeun).

Pour dépasser les vitesses de 140 mots/minute, il faut appliquer des procédés abréviatifs supplémentaires, qui sont également appliqués en Prévost-Delaunay.

On réduit les mots à deux syllabes maximum ; on ne transcrit pas toutes les prépositions ; un sténogramme peut être la forme abrégée de 5 mots successifs... »
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fred



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MessagePosté le: Sam 11 Mai 2019 9:30 am    Sujet du message: Répondre en citant

C'est bien ce que je dis : dès qu'on atteint sa vitesse limite, on peut user de tous les moyens ; même si la prise est pourrie, tant qu'on peut se relire, c'est bon. Mais si on peut tout prendre sans peine, on prend tout. L'entraînement consiste à pouvoir tout prendre, comme pour un instrumentiste, les gammes et exercices quotidiens permettent de pouvoir jouer toutes les musiques sans massacrer les morceaux.
Ne considérez jamais la sténo comme quelque chose d'acquis une fois pour toutes. On ne peut pas se reposer sur ses lauriers. L'entraînement est indispensable pour conserver sa vitesse et l'augmenter si c'est possible.
Les personnes cultivées de plus de 50 ans de nos jours ont toujours tenu un stylo, et l'écriture fait partie d'elles-mêmes ; elles ne se rendent pas toujours compte que l'usage est un exercice en soi, et s'imaginent qu'une fois qu'on possède bien une méthode d'écriture (dont la sténo), c'est pour toute la vie. C'est faux. Sans entraînement régulier, la main oublie vite. Pour la lecture, c'est d'ailleurs la même chose.
Écrire en sténo tous les trente-six du mois n'est qu'une fantaisie, et n'a d'intérêt qu'en tant qu'amusement passager.
Les auteurs de méthodes étaient des professionnels, et les trucs qu'ils donnaient étaient des trucs de professionnels !
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mttiro



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MessagePosté le: Sam 11 Mai 2019 9:56 am    Sujet du message: Répondre en citant

(1) Malgré mon incompétence pratique, je suis conscient de la vérité de ce que vous dites, et je vous fais d’autant plus confiance que tous les professionnels sont d’accord sur ceci : la sténographie est un savoir-faire qui doit s’entretenir.

Ce n’est pas étonnant. Ça vaut pour les langues, le piano, le ski, la cuisine, la recherche alphabétique des mots dans un dictionnaire de grec, les échecs...

Il y a peut-être aussi une dégradation avec l’âge. Duployean a indiqué ici qu’il transcrivait à 200 mots / minutes dans sa jeunesse en Duployé, mais n’en était plus capable au moment où il écrit ça, longtemps après (pratique moins assidue ? temps de réaction plus long ?).

(2) Ceci étant, comme vous l’avez vu, ce qui est le sujet de cette rubrique, c'est autre chose.

C’est ceci : que disent les (grands) concepteurs de méthodes sténographiques sur la question de l’omission (ellipse) de mots, donc dans la perspective du « style télégraphique » ?

Or sur cette question, j’ai eu la surprise de constater un désaccord flagrant suivant les auteurs, pourtant des professionnels expérimentés. (Il en va de même d’ailleurs, quoique de façon moindre, s’agissant de la ponctuation).

Certains exigent de l’élève qu’il renonce à toute omission de mot, jugeant la chose à la fois dangereuse et en somme contraire à la philosophie de la sténographie.

Tandis que d’autres les encouragent explicitement à le faire. Et parmi ces derniers, des gens comme Taylor, Pitman, Gabelsberger, Albert Delaunay, Gregg. Aussi dans le système italien Cima. Donc pour des systèmes différents par tel ou tel trait technique, par l’allure visuelle (géométrique ou cursive), etc.

Il ne semble d’ailleurs pas que cet encouragement au style télégraphique soit réservé aux praticiens aguerris. Delaunay, par exemple, a l’air de trouver parfaitement normal qu’un débutant agisse ainsi.

Bien entendu, comme le bon sens le laisse attendre, et comme certaines de mes citations ci-avant l’indiquent (et comme le montrent les observations linguistiques sur les différents « registres restreints »), la licéité du style télégraphique (définie par la facilité à récupérer sans ambiguïté le mot omis par inference à partir du contexte) dépend de son cadrage.

Pour me répéter, au vu de l’avis des grands sténographes, il parait sensé de proposer ceci (pour le français) :

- Le style télégraphique peut être pratiqué sans grand risque à l’intérieur des groupes nominaux, même avec emboîtage interne, par suppression des articles définis et de la préposition « de » (le président de la commission des affaires étrangères > président commission affaires étrangères).

Pour d’autres prépositions que « de », il faut examiner les cas préposition par préposition. On devrait s’en tirer assez bien avec « à », autre préposition souvent très décolorée sémantiquement, mais on se gardera de supprimer des prépositions sémantiquement très informatives comme « avec » (voir l’exemple « casserole avec couvercle » ci-dessus).

- L’omission des verbes doit en revanche être soumise à des contraintes très fortes. Dans bien des cas, la suppression de la copule (être) peut être recommandable. Du reste, beaucoup de langues fonctionnent sans copule, ou avec une copule omise au présent. Ainsi : le président est choisi par le vote à la majorité absolue > président choisi par vote majorité absolue. Cet usage est inconnu en Corée > cet usage inconnu en Corée (ou même : ...inconnu Corée). Mais évidemment, « paraît », « semble » ne doivent pas être omis.

Les deux types de suppression sont combinables :
Zagreb est la capitale de la Croatie > Zagreb capitale Croatie.


Je suis sensible à la considération suivante.

Le style télégraphique est très largement pratiqué dans la prise de notes en écriture courante, l’expérience ayant montré depuis très longtemps qu’il est sans danger s’il reste dans le cadre de contraintes du type de celles que j’ai indiquées au-dessus.

Mais se pourrait-il que, dans le cas de la sténographie (voire de tachygraphies de la classe des écritures abrégées), le style télégraphique se révèle source d’erreurs ou de dilemmes irritants lors de la lecture ? Ce qui serait sans aucun danger dans l’écriture courante serait inconsidéré dans une écriture symbolique de substitution.

Mon incompétence pratique me force à envisager une telle disparité. C’est alors que je dois me tourner vers les grands sténographes. Et c’est là que je constate la divergence dont j’ai fait état. Pour moi, ce qui tranche, c’est que des concepteurs et praticiens et pédagogues éminents, qui marquent dans l’histoire de la sténographie, déclarent le style télégraphique licite, mieux, recommandable. Et cela, non pas seulement aux vitesses élevées, mais d’emblée chez le débutant.
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mttiro



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MessagePosté le: Sam 11 Mai 2019 6:04 pm    Sujet du message: Mitchell 1796, omission de mots Répondre en citant

Jusqu’ici, l’ouvrage sténographique le plus développé que j’aie rencontré sur la question des omissions de mots est probablement celui de John Mitchell, Shorthand Made Easy, 4e édition, 1796.

Tout à la fin de cet opuscule de moins de 20 pages, on trouve une page et demie pour la section Of Elliptical Contractions.

Les mots et suites de mots considérés sont : to, unto, a/an, the, of, of an, of the.

Voici des exemples :

he spoke to me > he spoke me
a man came to me yesterday > man came me yesterday
it is the voice of a God and not of a man > it is voice God and not man
the hand of the Lord was upon me > hand Lord was upon me.

Mitchell insiste sur le fait que, à la lecture, la récupération des mots ellipsés ne pose aucune difficulté.

Il termine en mentionnant, par analogie, l’inexistence d’une préposition en hébreu biblique dans les groupes nominaux à complement de nom. Par exemple « la maison du roi » se dit « beyt ha-melek » (maison le-roi). Toutefois le nom régissant est à une forme appelée état construit. Peu importe les détails, mais ce qui est remarquable, c’est l’invocation d’une construction dans une langue étrangère (prestigieuse) comme support de la décision d’ellipser « of ».

Dans A History of Shorthand, Isaac Pitman indique que John Mitchell a publié la première édition de sa méthode en 1760, comme dérivé de celle de Weston. Ensuite parurent un grand nombre de moutures sous des noms changeants, jusqu’à une dernière édition de 1813 encore, dix fois réimprimée. La méthode a donc connu un réel succès, même si Pitman opine qu’elle était trop complexe, et moins réussie que des méthodes plus anciennes.

Je m’en voudrais de priver le lecteur du nom complet de la première version du livre de Mitchell, dont je ne sais rien par ailleurs :

Stenography Completed
and made Universal ; or, an explanation
of the whole art of Shorthand : being an
improvement from the best authors on
that subject: particularly the ingenious
Mr James Weston’s Second Book ; and
adapted to the meanest capacity. By
which any gentleman or lady may learn
this art completely without the assistance
of a master ; and take down from a
moderate speaker’s mouth, any speech,
sermon, trial, play, etc., word for word,
and also read distinctly one another’s
writing.

London : printed for the au-
thor : and sold by J. Rivington in St
Paul’s churchyard ; and E. Withers, at
the Seven Stars, Fleet street. 1760.
Price los. 6d.
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mttiro



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MessagePosté le: Sam 11 Mai 2019 6:55 pm    Sujet du message: Mason, Omissions Répondre en citant

William Mason est assez connu pour avoir conçu trois méthodes successives de sténographie (je l’ai mentionné ailleurs).

La troisième a fait l’objet d’une publication de 1707, La Plume volante, qui, malgré son titre snob, est bien en anglais. Cette méthode a généré celle de Gurney (qui fut le système appris par Dickens), méthode encore utilisée vers 1900 par quelques sténographes judiciaires anglais, à ce qui se dit.

J’ai consulte la 5e édition, 1734, sur Google Books.

Bien que la consultation de ce livre ne soit pas toujours très aisée, je comprends ceci. A la page 60 (= vues 60-61 / 88 de la numérisation Google Books), on lit que, typiquement, les « particules » peuvent être omises.

« But generally the Particles may be omitted, yet understood, and read, by joyning the Substantives when they will Lineally join ».

Les exemples qui sont donnés sont ceux de groupes nominaux à complément de nom, comme « Glory of God », « Glory of the Lord ».

Si je comprends bien (sous réserve), en joignant glory et lord, on peut noter glory of the lord sans avoir à insérer de signes pour of et pour the.
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fred



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MessagePosté le: Sam 11 Mai 2019 7:22 pm    Sujet du message: Répondre en citant

S'il y a disparité chez les auteurs de méthodes, cela prouve seulement que le style télégraphique n'était pas unanimement pratiqué avec aisance. Certains pouvaient en avoir l'habitude, et pas d'autres. Et comme vous le supposez, certains doutaient d'en user avec facilité dans une sténo (ce qui est mon cas, soit dit en passant), alors qu'ils n'auraient pas vu de problème de compréhension dans une prise de notes en toutes lettres.
Quitte à utiliser les omissions de manière systématique, je serais favorable à le faire dès le début de l'apprentissage, si cela permettait de mieux apprendre ces règles et de les pratiquer ensuite sans réfléchir.
Après, c'est à chacun de savoir si ça lui convient ou non.
Tout dépend aussi si on privilégie l'art ou l'utile. Ça me rappelle une dissert de philo de ma jeunesse, où on devait comparer l'artiste et l'artisan ; qu'est-ce qu'un sténographe ? Un artiste, ou un artisan ? Si c'est un artiste, l'art lui impose de tout prendre in extenso ; si c'est un artisan, l'utile prévaut, donc tout est bon pour parvenir au but, y compris les omissions et le style télégraphique.
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mttiro



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MessagePosté le: Dim 12 Mai 2019 6:14 am    Sujet du message: Guénîn omission Répondre en citant

Pour ce qui est de la méthode Aimé Paris, Louis Prosper Guénin est radicalement hostile à l’omission d’articles. Contrairement à ce que pensent certains de ses confrères, elle est « dangereuse », et cela « surtout lorsque l’orateur traite de questions abstraites ou qu’il sera diffus », ça on risque alors de graves « confusions ».

Louis Prosper Guénîn, Cours de sténographie, 1871 (Gallica), page 85.

Il est à noter que Guénîn n’envisage pas, dans un groupe nominal à complément de nom, l’omission de la préposition « de », pourtant d’une très grande fréquence.

Avec Guénîn, on plaidera que, si on omet l’article défini et aussi l’article indéfini, il peut y avoir quelques cas où une différence de sens appréciable disparaîtrait, pour le plus grand dommage de la rigueur et de la fidélité aux propos de l’orateur. Pour éviter cette difficulté (probablement peu courante) on pourrait du reste plaider pou l’omission de l’article défini mais pas de l’article indéfini.

Mais qu’en est-il de l’omission d’un « de » ? Est-ce qu’on risque grand chose en le supprimant ? Il me semble que non, dans le cas général. Bien entendu, si on vise une transcription absolument fidèle, verbatim, des mots de l’orateur, la suppression du « de » (jointe à celle de l’article indéfini) aboutira à confondre « suppression d’un article » et « suppression des articles », tous deux confondus en « suppression article ».

Une telle perte n’est sérieuse que pour celui qui pense que la fidélité de transcription se réduit à la fidélité de notation des mots. En réalité, quand on y réfléchit, toutes les transcriptions pèchent radicalement par la suppression, pour ne parler que de cela, de la spécification des contours intonatifs, qui peuvent être significatifs. Les quiproquos assez fréquents dans les conversations journalières montrent par exemple la confusion générée par un raté de production du contour intonatif adéquat. Une assertion est prise pour une question, ou l’inverse. Une intention sarcastique n’est pas perçue, ou est au contraire projetée sans raison.

Lorsque j’écoute la radio, je m’aperçois que les journalistes, qui rêvent tous d’être des éditorialistes influents, véhiculent fréquemment leurs prises de position par l’intonation, et par divers phénomènes. paralinguistiques. Il disent quelque chose, et en même temps ils vous font comprendre qu’ils approuvent, ou qu’ils désapprouvent. Si vous notez uniquement les mots qu’ils emploient, vous êtes très infidèle à ce qui a voulu être insinué.

Voir aussi la rubrique sur la ponctuation (le signe « humour » en Pitman).


Dernière édition par mttiro le Dim 12 Mai 2019 7:54 am; édité 2 fois
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mttiro



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MessagePosté le: Dim 12 Mai 2019 7:52 am    Sujet du message: Fayet omission Répondre en citant

« Il y a même certains mots qui peuvent être retranchés en totalité, lorsque les règles de la syntaxe et le sens de la phrase s'opposeraient à ce qu'on pût omettre de les rétablir dans la transcription; comme le, la, il, elle , ils , elles, commençant une phrase. Dans ne pas, ne point, on supprime pas et point ».

L. F. Fayet, Nouvelle écriture et sténographie, 1832, page 16 (= vue 14-15/16 dans la numérisation Google Books).
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mttiro



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MessagePosté le: Mer 15 Mai 2019 5:43 am    Sujet du message: Répondre en citant

Petit résumé (provisoire ?). Les méthodes qui encouragent, ou permettent, le style télégraphique sont, à ma connaissance :

Mitchell, Mason, Taylor, (Breton), (Fayet), Pitman, Gregg, Gabelsberger, Gabelsberger-Noe, Duployé Métagraphie ancienne.

Au contraire, le style télégraphique semble fortement découragé en Aimé Paris.


Dernière édition par mttiro le Mer 15 Mai 2019 11:29 am; édité 1 fois
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fred



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MessagePosté le: Mer 15 Mai 2019 9:13 am    Sujet du message: Répondre en citant

Je n'ai pas souvenir que la métagraphie Duployé officielle ait prévu des omissions. Vous parlez peut-être de ce qui se pratiquait avant la codification ?
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