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Callendar : Cursive Shorthand, Orthic

 
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mttiro



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MessagePosté le: Lun 03 Oct 2011 2:53 pm    Sujet du message: Callendar : Cursive Shorthand, Orthic Répondre en citant

Callendar (1863-1930) était un physicien britannique de valeur, qui s'intéressait à tellement de domaines que son entrée dans Wikipedia ne mentionne même pas son (double) investissement dans la tachygraphie.
http://en.wikipedia.org/wiki/Hugh_Longbourne_Callendar

Callendar a inventé deux systèmes, un à base phonique, puis un autre à base graphique :

1) Pour le premier, voir : Hugh Longbourne Callendar, Fellow of Trinity College, Cambridge
A Manual of Cursive Shorthand, Clay and Sons, London, 1889
Disponible en ligne sur Internet Archive, et téléchargeable.

Le système d'écriture rapide de Callendar permet, d'après lui, d'écrire environ trois fois plus vite que l'écriture normale, entre 80 et 100 mots à la minute. Visuellement, le Cursive Writing de Callendar semble un peu une combinaison des systèmes géométriques (Pitman, Prévost-Delaunay, Aimé Paris, Duployé, Gregg, etc.) et des systèmes cursifs (Gabelsberger, Davies).

2) L'infatigable Callendar s'étant aperçu que, pour beaucoup d'utilisateurs dans une société lettrée, un système à base phonique obligeait à une gymnastique mentale trop complexe, s'est ensuite attaqué à la conception d'une tachygraphie à base orthographique, le système Orthic. Son principe est donc le même que celui du récent système Teeline de James Hill (1968), actuellement à la mode en Grande-Bretagne pour les journalistes. En effet les journalistes britanniques doivent passer un examen de tachygraphie dans lequel ils doivent montrer leur capacité à prendre des notes à au moins 100 mots à la minute.

Sur un forum de discussion qui m'a fait découvrir Callendar, je lis cette observation, qui n'est pas sans intérêt :
"I understand that Teeline was originally designed, not as a new system of shorthand, but as a simplified method of fast writing.  James Hill, the inventor, was a writer and teacher of Pitman shorthand, but noticed that lesser able students could write faster using their own abbreviated longhand than they could using shorthand, even after a year of tuition.  He decided to experiment with simplifying longhand symbols and longhand spelling, in an effort to devise a method that would be simple enough for less able students to learn in a very short time, but fast enough to be of use."
http://greggshorthand.multiply.com/journal/item/218/Speed_Records_-_Pitman_vs._Gregg?&item_id=218&view:replies=reverse
Voir aussi sur Teeline et James Hill :
http://teelineshorthand.org/default.aspx
http://www.onlineshorthand.com/about-teeline/
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mttiro



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MessagePosté le: Mar 06 Déc 2011 5:37 pm    Sujet du message: Orthic de Callendar Répondre en citant

Une avenue peu explorée pour la tachygraphie est, à côté des sténographies, celle des écritures dont les lettres, inspirées de l'écriture courante, présentent un tracé simplifié.

On a un essai, apparemment, en Hongrie, au début du XIXe siècle, avec Gáthy (ou Gáti, Gáty) (1749-1843).

En bas, signes de l'écriture rapide hongroise due à Gáti István [prénom en deuxième position, à la hongroise], donnée comme la plus vieille tachygraphie ("gyorsírás") hongroise
http://keptar.oszk.hu/html/kepoldal/index.phtml?id=000531

Pour ce qu'on peut en juger, la solution de Gáti n'est pas très probante.

Plus intéressantes semblent être les tentatives suivantes.

A la fin du XIXe siècle, deux auteurs qui n'étaient pas dans le milieu de la sténographie professionnelle, et que j'ai déjà mentionnés, ont proposé chacun leur système. Il s'agit du physicien Hugh Longbourne Callendar (1863-1930) et du linguiste Henry Sweet (1845-1912). Tous deux avaient mis au point un système sténographique, évidemment phonographique, appelé Cursive Shorthand chez Callendar, et Current Shorthand chez Sweet.

Mais, après essais, ils étaient arrivés à la conclusion que certains utilisateurs potentiels éprouvaient de sérieuses difficultés à noter des sons, restant très attachés à la graphie. Il est de fait que, dans une société alphabétisée, l'image graphique des mots est extrêmement saillante. Ces deux auteurs avaient donc repris, avec des modulations, les signes de leur sténographie, pour mettre au point une écriture rapide non plus à base phonique, mais greffée sur l'écriture courante, qu'ils mimaient de façon simplifiée.

Pour le moment je n'ai pu avoir accès à l'ouvrage de Sweet. Pour ce qui est de Callendar, en revanche, le livre est disponible en ligne.

Malgré sa mauvaise qualité, j'ai extrait cette table de caractères, qui permettra de voir en quoi consiste ce système de Callendar, qu'il appelait "Orthic" (A Manual of Orthic Shorthand, 1919). Pour certaines lettres, de petites flèches indiquent le sens du tracé. On observera aussi que, pour le "w", il y a deux variantes selon le contexte.



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Les exemples permettent de comprendre facilement le fonctionnement. On écrit l'anglais selon l'orthographe habituelle, sans avoir à passer par le son. L'anglais ou n'importe quelle langue utilisant l'alphabet latin, avec quelques adaptations. Callendar donne lui-même des exemples en français, allemand, italien, mais aussi grec et latin : il faut dire que, à dix ans, le jeune Callendar écrivait un peu de latin tous les matins avant son breakfast, excellente façon de commencer sa journée. Mais au lieu d'utiliser les lettres de l'écriture manuscrite habituelle, par exemple l'anglaise, on utilise l'alphabet ci-dessus.

On voit que les lettres cursives sont nettement plus simples que celles de l'alphabet latin. Les exemples donnent la mesure de l'économie ainsi réalisée. Le livre fournit des précisions sur les jonctions entre lettres. Quelques abréviations sont prévues, et en particulier une cinquantaine de formes rapides pour des mots très fréquents. Pour les mots longs, Callendar propose ceci : écrire la première syllabe, puis, si nécessaire, indiquer la terminaison en donnant la dernière lettre ou les deux dernières lettres, séparées du début par un petit espace, ou, dans bien des cas, en joignant les deux parties. Dans certains cas, il suggère d'effectuer des "blocages" de plusieurs mots, par exemple de "I am not", "with a view to".

Le système de Callendar a sombré dans l'oubli, mais ça ne prouve rien sur sa valeur. Il mériterait d'être essayé à loisir par des expérimentateurs prêts à mémoriser l'alphabet et à s'entraîner avec lui.

On peut conjecturer un degré intéressant d'économie avec ce système de l'Orthic, surtout s'il était combiné avec les autres procédés classiques de tachygraphie : style télégraphique, abréviations en nombre suffisant pour les mots et expressions courantes, compression des mots. Je renvoie à nouveau, sur ces questions, à l'Ecriture abréviative de Scott de Martinville, qui utilisait l'alphabet usuel. La combinaison des procédés du type Scott de Martinville avec les tracés rapides de lettres de Callendar permettrait probablement une notation assez rapide, sans naturellement viser les performances que seuls autorisent les systèmes sténographiques avancés.

Je rappelle aussi que Callendar, qui était minutieux, avait procédé à des observations sur les tracés sténographiques Pitman en examinant les résultats expérimentaux sur un chronographe électrique, comme je l'ai indiqué dans un autre billet.

PS - H. L. Callendar, qui était un physicien distingué, très bon expérimentateur, metteur au point de divers instruments, s'intéressait à énormément de choses différentes.
http://en.wikipedia.org/wiki/Hugh_Longbourne_Callendar
http://www.phys.ucl.ac.uk/department/history/BFox1.html#Fox130
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mttiro



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MessagePosté le: Jeu 08 Déc 2011 2:47 pm    Sujet du message: Détails sur l'Orthic de Callendar Répondre en citant

Quelques observations supplémentaires sur l'Orthic de Callendar. Je rappelle que le tracé ne connaît pas le renforcement, et que l'allure générale est cursive et non géométrique, et ainsi présente un penché général comme une manuscrite anglaise.

1) Callendar était devenu sceptique sur l'avantage d'une sténographie phonographique, au moins à un certain stade. D'où la mise au point de son Orthic.
"Two and a half years' experience in teaching Cursive has convinced me that the difficulties which beginners find in learning to spell correctly by sound are much greater than I had previously imagined ; and that it is unadvisable to attempt to indtroduce a phonetic system of shorthand at an early stage in education".

Duployé, quant à lui, était un grand partisan d'enseigner la sténographie dès le début de l'école, mais il avait en vue des enfants qui n'avaient pas encore acquis une image graphique des mots profondément ancrée.

2) Pour son Orthic, Callendar avait naturellement recherché la plus grande facilité possible de tracé.
"The general style of writing has been made even more flowing and lineal than before. The awkward \ has been eliminated from the alphabet, and restricted to use in terminations,where it is comparatively harmless.
[...]
Only two sizes of character are employed, instead of three or four. The vowel characters are connecting strokes joined in their natural order together with the consonants.
[...]
When two vowels come together forming a 'diphthong', the angle between them is slurred or rounded off into a continuous curve [exemples pour ai, oy, ou, eau]. When, however, the vowels are separately sounded, either the characters are separated, or the angle between them is marked, as in the words [x] re-enter, [x] oölite, [x] Deä, [x] create, [x] Leo, [x] fiasco, [x] serious, [x] fuel, [x] poem."

Cette facilité de tracé peut se jauger en considérant les fréquences des signes.
Pour les textes anglais, la fréquence d'occurrence des lettres, toutes positions confondues dans le mot, est, par ordre décroissant :
e, t, a, o, i, n, s, h, r, d, l, c, u, m, w, f, g, y, p, b, v, k, j, x, q, z.

Callendar semble, de fait, avoir tenu compte de la longueur des signes, qui est corrélée à leur rapidité de tracé. Il a réservé les signes les plus longs, ceux à grandes boucles ou à longue trajectoire non bouclée (b, j, qu, v) à des lettres qui se situent vers le bas de la liste. La fréquence cumulée de ces quatre signes est seulement de 1,8 %. Les signes de longueur intermédiaire (d, g, h, k, m, o, p, u) sont, sauf celui du "o" et peut-être le "h", sont attribués à des lettres de fréquence intermédiaire ou basse. Et enfin les signes les plus courts correspondent aux lettres les plus fréquentes.

Si on exporte l'alphabet Orthic vers le français, on constate que les lettres les plus fréquentes du français (e, s, a, i, t, n r, u : 65 % des occurrences pour ces 8 lettres) correspondent aussi presque toujours à des signes courts.

Si on veut étudier dans la même perspective, non plus la facilité de tracé des signes individuels, mais la facilité des jonctions entre signes, il faut regarder quelle allure présente la ligature et le mouvement de détail pour les digraphes. Le problème est que, si on n'a que 26 lettres, le nombre des digraphes en anglais est énorme, plus de 400. Donc l'occurrence relative de chaque digraphe individuel ne représente qu'un pourcentage faible de l'ensemble. Ceci rend bien moins facile des considérations du type de celles ci-dessus. En tout cas je n'ai pas détecté de difficulté particulière de liaison en examinant les 26 digraphes les plus fréquents (mais leur fréquence cumulée n'atteint que 15,7 %), même si certains sont, inévitablement, plus coulants que d'autres. Données sur les digraphes :
http://www.cse.unt.edu/~mgomathi/teaching/2009/csce5550/Lectures/Cipher-Example%202.pdf

Callendar fournit d'ailleurs dans ses 9 pages de considérations sur les jonctions de lettres, une série d'exemples de digraphes et de trigraphes pour montrer ce que donne l'association de deux lettres, comme dans bl, br, ch, cl, cr, dge, ea, gl, gr, gn, mb, nd, sp, pr, sh, sm, th, wh, et bien d'autres.

Callendar n'entre pas dans des détails très précis, mais on peut faire deux ou trois observations. Le "r" et le "l" sont, comme on le voit sur le tableau de mon post précédent, deux petits cercles dont le sens de tracé est inverse. Quand le "l" et le "r" sont à l'initiale, le "l" s'amorce avec un petit segment à gauche permettant de signaler le sens horaire du tracé, pour le distinguer du "r". Les sens différents de tracé ont les conséquences suivantes. Pour un mot français comme "glu" en Orthic, l'allure du mot est la même que celui de "mal" / "malle" / "mâle" en Duployé, car le petit rond du "l", à tracé horaire, se retrouve extérieur au grand C (qui vaut ""g"). Pour un mot comme "agree", en revanche, dans le digraphe "gr", le petit rond du "r", à tracé anti-horaire, se retrouve intérieur au grand C, de sorte le digraphe "gr" d'Orthic a l'allure des mots "ma" / "mât" en Duployé. Un mot français / anglais comme "grade" en Orthic a exactement l'allure du sténogramme du prénom suédois "Mats" en Duployé. Ainsi également le mot anglais "crow" ressemble au sténogramme Duployé de "Mahdi", à part la dimension du signe initial.

3) Callendar donne enfin des méthodes d'abréviation si on ne souhaite pas mimer fidèlement l'orthographe courante.
- Omettre les voyelles "a" et "o" devant "m" et "n", sauf à l'initiale et dans les mots rares. Donc "can" = "cn", "alone" = "alne", "woman" = "wmn"
omettre le point sur le "i" dans des mots courants tels que "it", "in", "is", "if", "him", "his", "will".
- Omettre le "th" initial dans tous les mots courants ("the", "th"y", "this", "them", "that"...), et indiquer la suppression en écrivant le mot au-dessus de la ligne d'écriture. Exception : le "a" élevé = "and".
- Les mots en -y" qui voient normalement le "y" transformé en "i" ou "ie" dans la flexion gardent leur "y". Par exemple "applied" est écrit "applyd", "eaisiest" est écrit "easyst".
- Des abréviations sont données pour des terminaisons fréquentes comme "-ed", "-ful", "-ing".

4) Comparaisons

Le Système français d'écriture abrégé (SFEA) a également recours à quelques signes simplifiés (les "m" et "n" sont analogues en Orthic, par exemple), mais il reste très nettement plus proche de l'alphabet usuel : l'aspect visuel général de textes en SFEA et en Orthic est ainsi très différent.

Par ailleurs le SFEA a été construit dans une perspective différente de celle de Callendar pour l'Orthic. L'Orthic fournit une manière plus ergonomique d'écrire en manuscrite usuelle, en respectant l'orthographe. On peut, si on le souhaite, greffer par dessus un ensemble de techniques abréviatives exactement comme on pourrait les greffer sur l'écriture en lettres latines courantes. Le SFEA a été conçu d'emblée comme combinant quelques signes spéciaux inspirés des lettres latines, et des procédés abréviatifs.

Les conceptions divergent parce qu'on a plusieurs types de tachygraphie, correspondant aux grands principes tachygraphiques :
a) simplifier les tracés des signes individuels qui vont composer les notations des mots ;
b.1) simplifier la structure des mots ou groupes de mots (envisagés soit phonologiquement soit graphiquement) par des procédés de compression comme l'abréviation à travers tout le lexique par des règles d'application systématique (y compris via une analyse morphologique) ;
b.2) compiler une liste d'abréviations conventionnelles pour des mots courants ;
b.3) omettre des mots-outils dont l'absence ne nuit pas à la relecture (style télégraphique).

Les prises de notes spontanées de la plupart des gens pratiquent un peu (b.3) et (b.2), mais de façon non organisée. Dans le "langage SMS" on a surtout recours à (b.3), à (b.2), et informellement, un peu à (b.1). L'Ecriture abréviative de Scott de Martinville a surtout recours à (b.1). Dans l'Orthic on a essentiellement recours à (a). Les écritures médiévales ont recours à (b.1) et (b.2). Les sténographies ont recours à (a), (b.1), (b.2), éventuellement (b.3).
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