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Etat de la sténographie au Brésil 2000, 2003

 
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mttiro



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MessagePosté le: Mar 25 Oct 2011 4:47 pm    Sujet du message: Etat de la sténographie au Brésil 2000, 2003 Répondre en citant

Comme il a été signalé sur ce forum par Duployean en 2007, le Brésil reste le paradis des sténographes.

On peut avoir une idée précise de la situation de la sténographie au Brésil grâce à deux
enquêtes récentes (2000, 2003), dont on n'a probablement pas l'équivalent ailleurs (à la même époque).

La première de ces remarquables enquêtes sténographiques (Waldir Cury : Censo taquigrafico brasileiro,
ou Taquigrafia no Brasil, ano 2000), est ici :

http://www.taquigrafia.emfoco.nom.br/censo_taquigrafico/taquigrafia_no_brasil_ano2000.pdf

J'y suis arrivé à partir de :
http://www.taquigrafia.emfoco.nom.br/censos.htm

Pour des données sur les méthodes sténographiques utilisées, voir la question n° 11, page 67 / 129

Au Brésil la méthode inventée en 1929 par Oscar Leite Alves (1902-1974) prédomine nettement
(voir page 70 / 129). Voir :
http://taquigrafialeitealves.com.br/

Ce qui me fait carrément tomber de ma chaise, c'est de voir dans l'enquête Waldir Cury le nombre considérable
de sténographes brésiliens qui utilisent la "Taylor", "Taylor atualizado" ( et même quelque chose
qui est appelé "Taylor antigo") : voir le bilan page 70.

On trouve même des sondés qui ne savent pas bien quelle méthode ils utilisent...

Il a existé autrefois des petites enquêtes sur les méthodes, et j'ai eu l'occasion de citer (dans un ajout à mon post
sur la Tachygraphie de Coulon de Thévenot) les données reprises par Karl Faulmann d'après Depoin 1887
dans son histoire de la sténographie sur la situation des assemblées en France à la fin du XIXe siècle.
Mais l'enquête brésilienne est vraiment étonnante. La dispersion est aussi grande qu'en France il y a cent ans et plus.

Il y a ensuite une enquête de 2003. Pour les méthodes utilisées, voir les questions 39 et 40, page 61 / 113. :
http://www.taquigrafia.emfoco.nom.br/censo_taquigrafico/censo2003.pdf
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mttiro



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MessagePosté le: Mar 25 Oct 2011 9:59 pm    Sujet du message: Destinée de la sténographie Aimé Paris au Brésil Répondre en citant

Un peu inattendue est la destinée brésilienne de cet esprit original que fut Aimé Paris.

Sur cette page :
http://www.balcaodeconcursos.com.br/livros/Novissimo-Metodo-de-Taquigrafia-Escrita-Rapida/1185/
à propos d'un manuel de sténographie brésilien (Rogério Mascarenhas, Novissimo Método
de Taquigrafia, Brasilia, 2002), inspiré d'Aimé Paris, j'apprends ceci.

Conen de Prépéan a subi, dit-il, une adaptation d'Aimé Paris (mttiro : il est de fait que
Conen en était furieux, il s'est fendu de 4 pages là-dessus en 1822) et de Jules Meysmans.
Et ce système, à son tour, est à la base de diverses méthodes brésiliennes :
Oscar Leite Alves (1926), Paulo Gonçalves (1958), Moacyr Scolastico (1976), "etc."

Donc Aimé Paris a pas mal essaimé. L'adaptation Leite Alves, on l'a vu, est nettement prédominante.

Quant à Jules Meysmans, c'est un sténographe belge, créateur en 1897 de l'Institut national
de sténographie, à Bruxelles, qui a dû servir de centre de diffusion pour la méthode Aimé Paris.
Est-ce qu'il a modifié la méthode Aimé Paris à part de Louis Prosper Guénin (1871),
ou en continuant ce dernier, comme c'est vraisemblable ? Je n'en sais rien.
Bon, on semble être sur une branche différente de celle d'Odilon Calay, sauf erreur.
Meysmans est aussi un interlinguiste : voir la note plus bas.

Sur Moacyr Scolastico :
http://www2.uol.com.br/debate/1275/cadd/cadd.htm

Aux fins de comparaison rapide, vous trouverez ici des petites photos de la première strophe
de l'hymne national brésilien sténographiée dans douze systèmes. Remarquez la Taylor en haut à gauche.
http://www.taquigrafia.emfoco.nom.br/variedadesquatro.htm#farpasescolhidas

Le troisième mot, "Ipiranga" se détecte bien, étant un nom propre (de cours d'eau à Sao Paulo),
donc souligné dans le tiers des systèmes. L'Ipiranga actuel, eh bien, ça ressemble à ça :
http://fr.wikipedia.org/wiki/Ipiranga_(rivière_de_São_Paulo)


-----

Note sur Meysmans et l'interlinguistique

Selon un déploiement d'intérêts peu évident aujourd'hui mais qui n'était pas du tout rare autrefois,
Meysmans, non content d'être sténographe, fut aussi le créateur d'une variante de langue artificielle,
l'Idiom Neutral Modifiket, en 1909, qui est une modification de l'Idiom Neutral, lequel est à son tour
une modification du volapük de Schleyer, qui sombra devant l'espéranto de Zamenhof :
http://fr.wikipedia.org/wiki/Idiom_Neutral

Les langues artificielles, l'"interlinguistique" (mot créé par Meysmans et le linguiste danois
Otto Jespersen, que j'ai mentionné à propos de la Current Shorthand de Henry Sweet : le monde est si petit),
c'est comme les sténographies, on remplirait une bibliothèque entière rien qu'avec ça.
Voir le diagramme affolant :
http://esperanto.bretonio.free.fr/dokumentoj/prelego_lang_int_publ.htm

On a le plaisir de dénicher sur Internet, mis en ligne par les Italiens, un bref mot (en je ne sais quoi
qui se comprend illico) envoyé en 1909 par Meysmans à Giuseppe Peano (1858-1932), le grand mathématicien
et logicien italien, lui-même créateur d'une langue artificielle (décidément !), le latino sine flexione
(un latin simplifié, sur une suggestion ancienne de Leibniz, mais sans doute pas suffisamment simple) :
http://en.wikipedia.org/wiki/Latino_sine_Flexione

Voir le logo de l'Institut Meysmans en haut à gauche, très impressionnant : une plume d'oie (sic !)
dont la pointe fulgure des éclairs zigzagant vigoureusement en toutes directions (la signification sera
ce que vous voudrez) :
http://www.comune.cuneo.gov.it/fileadmin/comune_cuneo/content/amm_organiz/cultura/centro_doc_territoriale/fondo_peano/cd/meysmans/00307_01.pdf

Peano, pour sa part, était un original de la plus belle eau, qui refusait par exemple de faire passer
des examens à ses étudiants.
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mttiro



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MessagePosté le: Lun 31 Oct 2011 8:02 pm    Sujet du message: Méthode Maron (portugais, Brésil, 1932) Répondre en citant

Comme il semble que le Brésil est actuellement le pays où la sténographie résiste le mieux,
il est juste de faire un sort à la méthode créée par le Brésilien Afonso Maron (1912-1979).

On trouve en ligne un document dactylographié (téléchargeable) de Maron, un peu pâli, mais qui permet
de se faire une idée précise du système. C'est le Tratado de taquygraphia [sic], 145 pages :
http://www.taquigrafia.emfoco.nom.br/metodo_maron_de_taquigrafia/originais_do_metodo_maron.pdf
Etre patient, c'est long à charger (quand je l'ai fait, ça pouvait descendre dans les 10 Ko par seconde pour plus de 23 Mo).

Je rappelle ce que j'ai indiqué dans un autre post : au Brésil, la méthode largement dominante
est celle de Leite Alves (1929), qui dérive d'Aimé Paris via le sténographe et interlinguiste belge
Jules Meysmans.

La méthode Maron a été adaptée à l'anglais, grâce à un travail de collaboration à distance (par courrier électronique)
entre Waldir Cury au Brésil et Norman Hudkins (praticien ce la méthode Gregg) en Caroline du nord :
http://www.taquibras.com.br/index.php?option=com_content&view=article&id=921:adaptacao-do-metodo-maron-para-o-ingles&catid=4:categoria-informacoes&Itemid=1

Mais la femme de Maron aurait déjà, semble-t-il, procédé à des adaptations pour l'anglais, le français,
l'espagnol, l'italien et l'allemand.


La très brève page Wikipedia sur Maron a été effacée, j'ignore pourquoi ("unclear notability" ?).
On la trouve tout de même ici :
http://wapedia.mobi/en/Maron_Shorthand

Maron est né au Brésil d'un père libanais, Elias Maron et Maria Soussa Maron, d'Egypte. Son père était donc,
sauf erreur, un Maronite, donc un catholique du Liban. Cela m'intéresserait de savoir si Maron connaissait l'arabe,
où bien s'il s'était empressé de ne pas apprendre la langue de ses parents.
Il faut savoir qu'il y avait eu une grosse immigration en provenance du Levant :
http://fr.wikipedia.org/wiki/Immigration_arabe_au_Brésil
(dans cet article de Wikipedia, le titre "arabe" veut dire "arabophone").
Actuellement on estme à 15 millions le nombre de Brésiliens qui ont une ascendance "arabe" :
http://pt.wikipedia.org/wiki/Imigração_árabe_no_Brasil

Maron commença à s'intéresser à la sténographie à l'âge de 17 ou 18 ans.
A Bahia, il avait suivi les cours de Nelson de Sousa Oliveira, qui enseignait, dit la fille de Maron, sa propre méthode.
En fait, d'après ce que Maron dit dans son Tratado (chapitre V), il s'agissait essentiellement de la Prévost-Delaunay.
Maron ne ménage pas celui qu'il appelle avec ironie "l'illustre maître", "l'éminent maître", "l'illustre professeur",
qui s'approprie la Prévost-Delaunay sans autre forme de procès,
en lui faisant subir des modifications pas très heureuses, tout en vantant ses immenses mérites à lui.
On a l'impression que, chez Afonso Maron, le déclic de la recherche de méthode
aura été l'instatisfaction devant ce qu'il était amené à apprendre dans l'école du vaniteux et ingrat Nelson de Sousa Oliveira.

Photo du jeune Maron à 18 ans ici :
http://www.taquigrafia.emfoco.nom.br/metodomaron.htm

Je ne sais plus où j'ai lu que les concepteurs de sténographies étaient souvent des gens jeunes. On verrait paraît-il rarement
des sexagénaires s'amuser à se lancer dans ce genre d'entreprise. Il publia d'ailleurs sa Método Maron de Taquigrafia
en 1932.

Bien entendu, Maron avait étudié différentes méthodes. Il estimait particulièrement la méthode espagnole de Mhartin y Guix,
d'ailleurs fréquemment cité dans son Tratado. Il considérait même cette méthode comme la meilleure de celles qu'il connaissait,
comme il le dit dans le Tratado, et cela "malgré le défaut de recourir aux renforcements".

Maron était un personnage aux multiples talents. Il devint médecin (il faisait sa médecine concurremment à ses activités sténographiques),
dirigea une clinique, et écrivit même un Traité de radiologie.
Il était musicien, jouait du piano et du violon.

Détails biographiques ici, dus à sa fille Tania :
http://www.taquibras.com.br/index.php?option=com_content&view=article&id=388:afonso-maron-meu-pai&catid=4:categoria-informacoes&Itemid=1
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