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La Tachygraphie de Coulon de Thévenot(1754-1813)

 
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mttiro



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Messages: 362

MessagePosté le: Mar 18 Oct 2011 2:24 pm    Sujet du message: La Tachygraphie de Coulon de Thévenot(1754-1813) Répondre en citant

Jean Félicité Coulon de Thévenot (1754-1813), appelé aussi Coulon-Thévenot,
bien connu des historiens de la tachygraphie, est l'auteur d'un curieux et très atypique
système sténographique pratiquement syllabique. L'Encyclopaedia Britannica, édition de 1911, le présente comme
"the earliest French system worthy of notice".


A - Introduction : Coulon de Thévenot vu par Scott de Martinville

Avant de présenter cet auteur et son œuvre, je crois bon de rapporter comment Scott de Martinville,
auteur original dont j'ai traité ailleurs, voit l'état de la sténographie au milieu du XIXe siècle,
dans son Histoire de la sténographie, 1849.

Pages 8-9 :

"Le rétablissement en France, en 1814 d'un gouvernement parlementaire dont les discussions
orales furent avidement recueillies par quelques journaux; bientôt après l'impulsion donnée à
l'étude des sciences et des lettres par l'espoir d'une longue paix et sous l'action de .nombreux
cours publics ou particuliers, firent sentir le besoin de retrouver ou de créer une écriture
propre à suivre la parole. Des hommes fort capables se mirent à l'œuvre ; et de 1816 à i832,
l'art sténographique eut assez de retentissement pour appeler l'attention des personnes qui,
écrivant beaucoup ont besoin d'écrire rapidement. Séduit, comme plusieurs d'elles,
par ses brillantes promesses, j'étudiai, sous la direction de l'auteur, une des méthodes alors en réputation,
et je parvins avec facilité, par les moyens qu'elle emploie, à écrire deux ou trois fois plus vite
qu'avec l'écriture usuelle ; mais lorsque je voulus suivre l'orateur le moins volubile ou même
la déclamation théâtrale, j'échouai complètement.

Ayant eu par la suite occasion de faire cette pénible confidence à des personnes qui avaient
étudié l'art abréviatif dans d'autres méthodes que celle que j'avais suivie, elles m'avouèrent
que mon résultat était à peu près le leur. Toutefois la capacité supérieure et bien constatée
de ces personnes ne me permettant guère d'attribuer leur peu de succès aux causes qui m'avaient fait échouer,
je fus naturellement conduit à rechercher si l'insuccès ne proviendrait pas plutôt de l'insuffisance
des moyens que de l'inaptitude des personnes. "

Et voici, aux pages 47-48, voici ensuite ce que Scott dit du système de Jean Coulon de Thévenot :

"Ce système, un des plus défectueux qui existent, au point de vue de la rapidité, eut d'abord
beaucoup de partisans et en conserve encore, peut-être parce qu'il est le premier
ouvrage de ce genre qui parut en France après ceux de Cossard et de Ramsay, entièrement
oubliés aujourd'hui. Il reçut, il y a un certain nombre d'années, l'approbation de
la Société d'encouragement, et l'on assure que le Conseil de l'instruction publique a cru
devoir l'adopter (en 1844) pour être enseigné dans les écoles primaires et dans les collèges.
[...]
Cette écriture se traçant par syllabes isolées, exclut presque toujours le bénéfice si précieux
des monogrammes, et de plus entrave la traduction, en ce sens qu'on ne peut discerner
au premier coup-d'œil si trois signes isolés forment trois mots ou un seul. Ensuite, le monde tachygraphique
sait maintenant que trois syllabes écrites isolément coûtent presque autant que trois mots :
ce serait déjà un inconvénient qui suffirait seul pour faire rejeter le système, lequel d'ailleurs n'a produit
et ne pouvait produire aucun praticien remarquable.

Mlle Coulon de Thévenot [la fille de Coulon : voir plus bas] recueille (dit-elle dans la 4e édition de son abrégé de Tachygraphie)
avec la plus grande facilité les plaidoiries et toutes les pièces oratoires. Mais un témoin
bien digne de foi (M. Francœur, de l'Académie des Sciences) m'a dit avoir vu plusieurs fois
M. Coulon tenter de recueillir les paroles d'un professeur faisant un cours de botanique ou un cours de chimie,
et échouer complètement. On n'a certainement pas eu besoin de serment pour me le faire croire. "


B - Le système sténographique de Coulon de Thévenot

Dans ce qui suit, je m'autoriserai parfois un ton un peu badin, non pas vraiment aux dépens
de Coulon de Thévenot, en fait, qui semble avoir été un auteur sérieux et plein de zèle,
et une espèce de philanthrope sans espoir, comme la plupart des concepteurs de tachygraphie, à vrai dire,
mais pour distraire un peu le malheureux lecteur, perdu dans les méandres d'un fleuve aux eaux parfois austères et grises.

La brève Tachygraphie de Coulon de Thévenot (édition 1802) peut se lire sur le site de Gallica en moins de 70 pages.
Coulon de Thévenot dédie son ouvrage à Napoléon Bonaparte, "Général-consul", comparé à Auguste
dans le style flagorneur de l'époque (le nôtre diffère, miel de couleur différente mais d'une égale viscosité).

Qui bene amat bene catsigat : Coulon est sévère pour ses prédécesseurs anglais, et,
comme dit par Scott, vante les avantages des signes syllabiques non liés entre eux,
ce qui semble le trait le plus paradoxal et le plus rétrograde de sa méthode :
"La tachygraphie des Anglais vient encore confirmer combien l'inconvénient des ligatures l'emporte
sur les avantages qu'elles procurent : depuis plus de deux siècles qu'ils en font usage, on auroit lieu
de présumer qu'ils ont porté cet art à sa dernière perfection ; mais les changemens qu'ils n'ont cessé
et ne cessent encore d'y faire, prouvent assez qu'ils sont peu satisfaits de leurs méthodes ;
chaque année, pour ainsi dire, il en paraît une nouvelle, sans qu'ils soient encore parvenus
à en rendre l'apprentissage plus facile et la lecture moins pénible."

Le système de Coulon a fait l'objet de deux rapports successifs devant l'Académie des Sciences,
l'un en 1776 et l'autre en 1787.
Le premier était rédigé par de non moins considérables personnages que d'Alembert,
Condorcet et le mathématicien Alexandre-Théophile Vandermonde,
et il encourageait Coulon dans ses travaux, et le second était dû à Vandermonde de nouveau,
et au mathématicien et physicien Jacques Antoine Joseph Cousin ainsi qu'au physicien Jean-Baptiste Le Roy.

Le second rapport des commissaires, en date du 27 janvier 1787, est repris opportunément
dans la Tachygraphie de Coulon, pp. 14 à 27.
A en croire les savants inspecteurs, le système de Coulon se comparerait aux meilleures tachygraphies anglaises,
celles de Macaulay, Byrom (appelé par erreur Biron dans la note initiale ; d'ailleurs, comme
Byrom était aussi poète, certains auteurs ultérieurs confondent carrément Byrom avec Lord Byron), Mitchell, etc.
Les auteurs recensent divers principes, dont celui-ci : "Il faut établir entre les signes des analogies,
quand il s'en trouve entre les sons". Et "Il faut que chaque lettre puise se lier à toutes avec le moins de mouvement possible".
Dans les travaux préparatoires, il faut "déterminer l'ordre de fréquence des différents sons".
Il convient d'analyser correctement la langue.

C'est ainsi que, selon les académiciens commissaires, mathématiciens et physiciens, on le rappelle,
"le véritable alphabet de la langue française est composé au moins de vingt voyelles
et de dix-neuf consonnes" (le français qu'ils ont en vue est effectivement un système nettement
plus riche que le français standard actuel, comme je l'ai signalé dans une analyse des présupposés
phonétiques de Duployé). Les exemples de paires minimales sont :
la, las, lent ; mai, mais, main ; sot, seau, son ; de, deux, d'un ; tout, doux ; né, née ; fil, file ;
bulle, brûle. On y voit donc des oppositions de longueur. Mais les rapporteurs observent que,
dans une perspective de notation, on peut se contenter de huit signes pour ces vingt voyelles.
Dit rapidement en termes modernes, on négligera l'opposition de longueur (qu'ils appellent aigu / grave),
et celle entre orales et nasales.

Après ce tour d'horizon phonétique, les savants examinateurs tracent rapidement un programme graphique.
Quoique l'avantage de la méthode de Coulon soit "très-grand", "il est fâcheux que M. Coulon
ne puisse pas lever tous les doutes, en écrivant lu-même aussi vite qu'on parle ;
cependant il est équitable d'observer que ses recherches et ses tâtonnements continuels
ont dû lui en ôter la facilité. Ce n'est que depuis quelques semaines qu'il s'est fixé sur la méthode
que renferme la table dont nous venons de parler, et il est impossible qu'il ait oublié ses anciennes habitudes
pour en prendre une aussi nouvelle. Il sera peut-être toujours nécessaire de juger sa méthode, plutôt
par l'exécution de ses élèves que par la sienne, et on pourra le conseiller pour maître,
sans le proposer pour modèle". On conclut que la méthode de M. Coulon "nous paraît préférable
aux méthodes anglaises qui nous ont été communiquées". Elle est décrétée facile à apprendre
(c'est ce qu'in dit toujours en pareil cas, sans jamais demander l'avis des élèves).
En sorte que "la constance et l'utilité des travaux de M. Coulon nous paraissent devoir lui mériter la protection
du Gouvernement". Quand la majesté du pouvoir étatique enveloppe un système de son aile affectueuse,
surtout dans un pays comme la France, tous les espoirs sont permis. Enfin, en principe.

On saisit mieux la portée de l'insolent apophtegme dégagé par Scott de Martinville, dont je me suis régalé ailleurs :
"Un fait digne de remarque, c'est que les systèmes sténographiques qui ont reçu des encouragements
de la part des corps savants, sont en général, ceux qui sont les moins propres à remplir leur destination ;
comme je crois l'avoir prouvé à leurs articles particuliers."

La Tachygraphie de Coulon reproduit ensuite un "second rapport" (qui serait en fait le troisième),
daté de 1788, très bref, et sans intérêt particulier, dû à d'autres signataires.

Dans la première leçon du traité, Coulon donne la liste de ses signes, selon les phonèmes du français
pour lequel sa description n'a vraiment rien de très criticable. Il distingue effectivement
huit voyelles orales et quatre nasales. Dans son système, toutes les voyelles sont notées.
Anecdotiquement, Coulon s'interroge sur la représentation du "oi", sur lequel
les grammairiens sont encore en désaccord, les uns voulant qu'on le prononce /wE/ rimant avec notre "ouais",
et d'autres /wa/ comme c'est le cas maintenant.

Pour les consonnes, l'étiquetage de Coulon est très étrange concernant /s/ et /z/, qualifiées de "nasales",
mais peu importe. Toutes les consonnes d'une même catégorie phonologique sont représentés par
des signes analogues, selon le principe de motivation mis exergue par les académiciens
dans la citation que j'ai faite plus haut, et pratiqués par d'autres concepteurs, Pitman, Duployé,
par exemple. Malgré un petit flageolement, Coulon comprend bien que le /j/
est une consonne, que le "x" n'en est pas une, mais un séquence. Bref, Coulon n'est pas si mauvais
phonéticien que ça. Mais il est vrai que la bonne phonétique ne conduit pas nécessairement
à la bonne tachygraphie.

Suit la liste des signes pour les "doubles consonnes" (les groupes consonnantiques comme pr, pl, br, bl, etc.).
Les voyelles sont réunies aux consonnes dans un signe à tracé unique. On obtient donc en fait
un syllabaire. Puis sont traitées "les consonnes qui suivent les voyelles".

Ayant cherché son inspiration dans toutes une kyrielle de systèmes d'écriture en écumant force bibliothèques,
Coulon, épuisé mais triomphant, arrive à la conclusion (périlleuse) que, à moins de courir le risque des "équivoques
qui pouvaient naître de la [...] suppression des voyelles" préconisée par certains tachygraphes anglais, "l'écriture détachée
m'a paru le mieux répondre à ces vues, comme étant moins sujette à la déformation". Toutefois les ligatures ne sont pas
intégralement rejetées, lorsqu'elles se tracent aisément. Mais, "Je le répète encore, je conseille d'adopter
l'écriture détachée de préférence, comme plus lisible ; je parle d'après l'expérience ;
plusieurs de mes élèves, sans lier leurs lettres, écrivent la rapidité de la parole ;
d'autres qui les joignent écrivent également vite, mais l'écriture des premiers est beaucoup plus
agréable à la vue, et plus facile à lire que celle des seconds".


C - Qui était Coulon de Thévenot ?

Le Journal encyclopédique ou universel pour avril 1787 (en ligne) rapporte les admirables nouvelles diffusées
via un prospectus imprimé le 2 mars 1787, quand notre héros a 33 ans : "M. Coulon de Thévenot,
correspondant du Musée de Bordeaux, ayant passé près de 18 ans à la recherche d'une écriture capable de suivre
la vélocité de la parole, a vu enfin ses efforts couronnés par l'approbation de l'académie royale des sciences de Paris, le 27 janvier dernier".
Coulon avait fait des démonstrations dans diverses villes de France, et en 1783 l'Académie des sciences
de Toulouse avait jugé favorablement le système de cet "homme intelligent, conduit par les lumières supérieures des sçavants".
Instruit par M. Coulon, un enfant de douze ans fit merveille. "M. Coulon donne chez lui des leçons de cette écriture,
le matin jusqu'à dix heures, & l'après-midi depuis trois jusqu'à six heures, le reste du tems étant consacré
aux leçons particulières & de ville".

En mai 1789, Coulon ouvrit un cours de sténographie, émulé de près par ses rivaux Bertin et Jérôme Roussel
(le fondateur de la Société logographique en 1790, pour noter les séances de l'Assemblée nationale).
Il était fin prêt pour les flots de paroles qui allaient fracasser toutes les digues de la componction.

Mais un petit flash-back nous raffraîchira. La Biographie universelle, ancienne et moderne, supplément,
tome 84, pp. 51-52, dit sur Coulon des choses d'un pittoresque indiscutable. De même la Biographie nouvelle
des contemporains, d'Antoine-Vincent Arnault, Jay, Jouy, Norvins, etc., 1822, volume 5, pp. 94-97.

Sa vocation tachygraphique, d'une précocité qui le prédisposait à la plus haute gloire,
s'éveilla dès ses jeunes années, si bien qu'à onze ans notre jouvenceau pensait pouvoir retrouver
l'art perdu des anciens. Sa mère étant devenue aveugle, Jean lui lisait l'Histoire ecclésiastique de l'abbé Fleury (1640-1723),
comme il le dit dans la préface d'un livre sur la "tachygraphie italienne", imprimé à seulement deux
exemplaires, l'un dédié au pape, l'autre au prince Louis Bonaparte, un de ses élèves (d'après la Biographie
nouvelle des contemporains, d'Arnault & alii). Coulon a dû trouver dans Fleury, ou plutôt, j'incline à penser,
dans l'abrégé que fit l'abbé de Prades de l'œuvre énorme de Fleury (1750), moult choses passionnantes
sur les notes tironiennes, ou des anecdotes grisantes sur Origène, qui fatiguait "plus de sept notaires"
suspendus à ses lèvres.

Plus tard, saisie d'une frénésie géométrisante qui semble avoir atteint une intensité
dont on a peu d'exemples, voilà qu'il publie "L'Art d'écrire, réduit à parallélogrammes, rectangles
et non rectangles", 1768, (ça pique la curiosité, non ?), etc.
"Ces essais lui firent une sorte de réputation ; le lycée de Bordeaux [le Musée de Bordeaux dit une autre source],
où il était plus particulièrement connu, lui fit faire son buste où l'on plaça ces deux vers :
C'est lui qui de nos jours a trouvé l'art sublime /
De peindre la parole aussitôt qu'on l'exprime".

Après des démonstrations dans diverses villes de France, sous les approbations unanimes,
Coulon présenta un sien ouvrage dédicacé à Louis XVI, en 1787, et sa Majesté
lui alloua "une gratification provisoire et le brevet de tachygraphe de S. M."

Persuadé d'acquérir l'opulence par la sténographie, Coulon s'activa à l'époque révolutionnaire,
propice aux déluges logorrhéiques, "et on le vit dans toutes les assemblées, principalement dans celle des Jacobins
dont il recueillait les séances qu'il vendait à plusieurs journaux. Ne se bornant point à cette industrie,
il parcourait les lieux publics, s'arrêtant derrière chaque groupe, un crayon à la main." Il n'est pas sûr
que cet activisme auditif ait été bien avisé à une époque où un mot de travers pouvait vous valoir
des regards soupçonneux, puis, un beau jour, un raccourcissement expéditif. Mais, qui l'ignore ?,
la passion sténographique vous aveugle votre homme, et rien n'y fait.
"Il finit même par se mettre aux gages de plusieurs partis et notamment du général
de la garde nationale, Lafayette, à qui il faisait des rapports quotidiens sur tout ce qu'on entendait".
On se demande pourquoi les policiers des Renseignements généraux (comme on disait) ne sont
pas astreints à des stages de sténographie. Sans compter les indicateurs. Il y a là des débouchés
à ne pas négliger.

Là-dessus, par un coup du sort spectaculaire, et proprement beethovénien, voilà-t-il pas
que Coulon devient presque complètement sourd, et cela au moment même où les niagaras rhétoriques
des citoyens requièrent toute son attention. Réduit à changer son fusil d'épaule, il forma des élèves,
avec l'aide de sa fille, disciple talentueuse de son père dans l'art tachygraphique.

Coulon peut néanmoins accompagner Lafayette en campagne en 1792 (sourd, le son du canon ne l'indispose pas).
La Biographie universelle nous conte ses mésaventures : "Revenu à Paris, après la révolution du 10 août,
lorsque le héros des deux mondes eut pris la fuite, Coulon de Thévenot fut vu d'un mauvais œil
par le parti dominant, et il n'échappa qu'avec beaucoup de peine au système de terreur alors si redoutable".
Sur Wikipedia, dans un article sur Coulon qui semble en partie obtenu par collage
à la va-comme-je-te-pousse, à partir d'une traduction automatique non révisée
depuis un site espagnol sur l'histoire de la sténographie, on avance même que, épisode mémorable
des guerres picrocholines entre zélateurs rivaux des grands Tirons des temps modernes,
"pendant l'époque de la Terreur, [Coulon] a été dénoncé par un disciple de Bertin et a dû s'enfuir".
Cette sinistre affaire est invérifiable. On sait en tout cas que la rivalité entre Coulonistes et Bertinistes
fut vive (Scott de Martinville, page 50). Qui s'en étonnerait ?

Réduit à des activités diverses pour vivre dans une époque difficile, Coulon se retrouve à nouveau
dans l'armée. Il mourut en 1813 dans une auberge de la lointaine Bohême,
où il repose, à Umyslovicich.

Croyez-vous que les Tchèques l'ignorent ? Que non pas :
http://www.pozitivni-noviny.cz/cz/clanek-2009090063
Vous verrez la plaque qui est apposée sur l'église où il repose.

D'après ce document, le magazine L'Illustration rapporte que la plaque
a été dévoilée par le Consul général de France, en présence d'une brochette de sommités,
célébrant celui qui est présenté comme le premier inventeur d'une sténographie en France.
D'après l'éclairage un peu blafard de la traduction automatique par Google Traduction,
je crois saisir que, blessé et fait prisonnier, il serait mort, le 30 décembre 1813, et il fut enterré
le 2 janvier 1814 (c'est ce qui explique que certains textes donnent 1814 comme date de sa mort).
des suites de la bataille de Leipzig, 1813 (la Bataille des Nations).
En fait, après vérification, le numéro de L'Illustration date du 13 novembre 1909, n° 3481
(couverture illustrée sur madame Steinheil et M. Couillard),
et l'article s'intitule : "Une cérémonie franco-tchèque : à Chabata (Bohême), inauguration d'une plaque
commémorative sur la maison de l'inventeur français de la sténographie Jean Félicité Coulon de Thévenot".

Autre version de ses derniers mois, probablement inexacte vers la fin :
"M. Coulon de Thévenot était employé dans l'administration des hôpitaux des armées.
Il fut blessé et fait prisonnier auprès de Dresde, après la funeste bataille de Leipsick, qui eut lieu le 18 octobre 1813.
Par suite e la capitulation de cette ville, et quoique imparfaitement guéri, et ayant eu
les pieds récemment gelés, il la quitta avec les autres employés des hôpitaux, pour rentrer dans sa patrie.
La déroute avait été si grande, que ne trouvant aucun moyen de transport, il fut forcé de partir à pied.
Des Cosaques le rencontrèrent à la fin de janvier 1814, sur la route de Bohême, et le dépouillèrent.
On croit qu'il a péri de misère ; il avait environ 60 ans" (Arnault).


D - Quelle fut la postérité de Coulon de Thévenot ?

La fille de Coulon, Mademoiselle Félicité, plus précoce encore que son papa,
car elle donnait des cours de tachygraphie dès 7 ans,
publia sa Tachygraphie et dispensa à la duchesse d'Orléans et à sa progéniture
"des leçons de cet art qui probablement lui furent bien payées", et par suite "elle a obtenu
des brevets de professeur tachygraphe de LL. AA.". Elle est l'auteur d'ouvrages de son cru
sur l'art sténographique (dont Les Etrennes du tachygraphe), ainsi que de "La Nouvelle Muse, ou Recueil
inédit de poésies et romances notées, dédié par l'auteur à Mme la comtesse de Genlis,
paroles et musique de Mlle Félicité Coulon de Thévenot", Garnier, 1825, 16 pages.

Je ne sais pas grand chose de la destinée ultérieure de Mlle Félicité, qui pourrait nous éclairer
sur la postérité du système de son père. Néanmoins, ce document en portugais
http://www.taquigrafiaemfoco.com/metodosesistemas/metodosesistemasde_taquigrafia.pdf
lui donne les prénoms Marie Félicie Victoire, la fait vivre de à 1796 à 1869, et lui fait épouser
un mystérieux "Marmier", sans autre précision.
S'agit-il de Xavier Marmier (1808-1892) ? C'est douteux. Et Félicité enseigna-t-elle la méthode paternelle
sous le Second Empire ? On ne le sait pas.
http://fr.wikipedia.org/wiki/Xavier_Marmier
http://www.frasne.net/histoire/biographie_xavier_marmier.htm

Quel fut le succès et quelle fut la postérité de Coulon de Thévenot ?

Il est à noter que l'ouvrage de Coulon, "fruit de trente ans de recherches" d'après l'édition de 1802,
connut pas moins de vingt éditions. Mais son titre changea. L'édition de 1794 (an IV) s'appelle
L'Art d'écrire aussi vite qu'on parle, ou la Tachygraphie française dégagée de toute équivoque.
L'ouvrage de 1802 (an X), ainsi que la vingtième édition, 1827, due aux bons soins de sa fille, s'appelle
Tachygraphie, Fondée sur les principes du Langage, de la Grammaire, et de la Géométrie.
Bien entendu il n'y a pas que le titre qui change (et peut-être son contenu, car Coulon, comme d'autres,
a remis son ouvrage sur le métier), mais aussi, suivant les palinodies d'une époque troublée,
le nom même de l'auteur. Sous Louis XVI, et pour l'Académie des Sciences, il s'étend en M. Coulon de Thévenot,
mais quand il présente sa Tachygraphie au Premier consul de la République française, il est devenu,
brachygraphiquement en quelque sorte, Coulon-Thévenot tout court, ou plutôt, en fin de dédicace,
"Coulon-Thévenot, ci-devant Secrétaire de l'armée, en 1792". On ne lui en voudra pas, car on n'aurait guère
apprécié de devoir passer par ces contorsions. J'en aurais fait autant.

L. P. L. Chauvin, dans son Nouveau système de sténographie, 1836 donne des indications
sur l'audience de Coulon, lorqu'il dit page 3 que, à cette époque, "parmi les nombreux systèmes publiés,
trois seulement ont surnagé". Le second système est celui de Taylor, emprunté par Bertin, modifié par Prévost (1827, 1834),
par Fossé (1829). Le troisième est celui de Conen de Prépéan (1813, 1833), modifié par Paris, Mermet, Lagache.
Et le premier, c'est celui de Coulon : "Le tachygraphe écrit par syllabes détachées,
et l'insuffisance de ce procédé, pour suivre la parole, a été promptement reconnue ;
mais comme il rend exactement les sons, il s'est maintenu comme écriture particulière".
Ecriture particulière utilisée par qui, et pour quel visée, cela n'est pas explicité.

On a vu que Scott de Martinville signale encore l'existence de partisans de Coulon de Thévenot,
une génération après la mort de ce dernier, au milieu du XIXe siècle.
Il est donc possible que la tachygraphie de Coulon ait survécu plus longtemps qu'on ne le pense
dans une niche écologique spéciale, ou par dé-momification idiosyncrasique. C'est ce qui pourrait ressortir
des hypothèses séduisantes faites sur ce forum en 2007 par Duployean :
http://forumsteno.vosforums.com/post1298.html
Sur le système syllabique anglais de Boyd, etc., voir mes notes ici :
http://forumsteno.vosforums.com/deux-methodes-anglaises-dites-syllabiques-boyd-t567.html

Le dictionnaire biographique d'Arnault & alii affirme carrément en 1822 que
"La méthode de M. Coulon de Thévenot est actuellement adoptée à la Nouvelle-Angleterre,
où l'on a fait imprimer le Dictionnaire de l'Académie avec des caractères tachygraphiques en regard.
Elle est généralement reconnue pour être la meilleure ;
elle est suivie en Espagne : à Cadix, elle fait partie de l'enseignement public [...].
L'académie de Calcutta encourage par des prix les élèves qui étudient cette méthode française ;
en Allemagne, en Suisse, etc., la tachygraphie est exclusivement cultivée. A Paris, le rédacteur
des séances des chambres et des audiences des tribunaux, pour le Moniteur, est tachygraphe" (page 96).

On a lieu de se demander si cet article biographique ne fait pas mousser Coulon au-delà de la réalité.
Sa fortune au Bengale laisse pantois. Se peut-il que l'Occident mystérieux ait à ce point fasciné
nos lointains amis des rives de l'Ougly ? Et pour ce qui est de sa gloire supposée en Nouvelle Angleterre,
en Allemagne, je n'en sais rien.

Bien plus tard, un certain Jean P. A. Martin, de Lyon, écrivit à John Robert Gregg (1867-1948),
l'inventeur irlandais du célèbre système sténographique qui a connu une telle fortune aux Etats-Unis
(Gregg commença par étudier la Duployé sous la version anglaise de Sloan), une lettre du 24 juin 1888,
où il explique le rôle que les Français ont joué dans des innovations sur l'allure des signes sténographiques.
Il attire l'attention sur Conen de Prépéan, "the originator of the connnective vowel systems as they now stand",
ainsi que sur Coulon de Thévenot.
Martin trace la généalogie Conen de Prépéan > Aimé Paris > Duployé > Sloan > Gregg.

Gregg cite de larges extraits de cette lettre, et, s'agissant de Coulon, Martin a ceci à dire :

"When Conen de Prépéan set to work he had before him two systems: Taylor’s,
which ignored vowels entirely, and Coulon de Thévenot’s. Coulon de Thévenot
wrote all the vowels; only the syllables were disconnected, each syllable, though
very fluent, very lineal, even compact was very complicated; no connection could
possibly occur among the various syllables; it was a clumsy-looking system. Every
modern shorthand writer swears that it is impracticable because it does look so.
Yet as it was in some respects founded on science (fluent, lineal, compact enough),
it is a well-known fact that very efficient verbatim stenographers used it with great
success in spite of its bad looks: Coulon de Thévenot looks a tremendously huge
thing. The point, then, was to make each syllable very short, and at the same time
find out a way to retain the vowels and connect each element of the word. Taylor’s
system was there; what signs on earth could be added to his alphabet? He had
given the problem up himself by dropping the vowels altogether. Other people
took to dots and accents; but that was cutting the Gordian knot instead of untying
it. The vowels were a perfect puzzle. Of course, in older systems they were used,
but the vowel was a complication."

Voir :
http://gregg.angelfishy.net/principles.pdf

Maintenant, s'agissant de l'Espagne, effectivement, Coulon y fit très partiellement souche.
Il est de fait que, quoique trompette l'article du Dictionnaire cité ci-dessus sur l'audience
de la méthode Coulon de stricte obédience, Francisco de Paula Marti (1761-1827),
le fondateur de la sténographie espagnole, s'est inspiré de l'inévitable Taylor, mais aussi de Coulon de Thévenot.
Le système Marti se pratique encore, en Espagne et au Brésil :
http://www.youtube.com/watch?v=oTmQU-6K3yU

Dans sa Taquigrafia castellana, Burgos, 1824, lisible en ligne, Marti déclare son hostilité à la suppression
des voyelles et rend hommage (page 7) à "el célebre Coulon de Thévenot", lequel a trouvé moyen de les indiquer.
"En esta parte he seguido el método de este gran taquigrafo ; y las circunstancias de nuestra lengua
me han proporcionado los medios de simplificarlo todavia mucho mas que él hizo en la suya,
a causa de que en su Taquigrafia hay precision de levantar la pluma tantas veces cuantas son las silabas
de que se compone cada palabra, lo cual le hace perder una parte considerable de tiempo".
L'inspiration que le raisonnable Marti trouve dans Coulon concerne donc la notation des voyelles,
mais non pas l'"écriture détachée", syllabique, dont la nature coûteuse ne faisait guère de doute à l'époque
pour un observateur attentif. Coulon, ce qui faisait l'originalité de son système, c'est justement ce qui
n'a pas fait d'émules. Il en eût été chagriné. Mais on n'est pas soi-même le meilleur juge
de ses propres qualités. En somme Coulon n'a pas complètement gaspillé ses labeurs et son temps.
Tout le monde ne peut pas en dire autant.

Qui plus est, d'après "Les siècles littéraires de la France", du bibliographe Nicolas Toussaint
Lemoyne Des Essarts, 1800-1803, page 205, corroboré par la non moins savante
"La Littérature contemporaine" de Joseph-Marie Quérard, 1828, pages 309-310,
à la plume jamais sèche de Coulon de Thévenot, nous sommes redevables,
outre ses publications sténographiques, des alléchants opuscules suivants : "Lunettes pour éclaircir la vue,
poëme burlesque", Amsterdam, 1769 ; "La Vérité sans art : discours sur les talents frivoles", 1769,
"L'Aurore, nouveau Jeu français, dédié à ceux qui jouent plus pour s'amuser
et gagner l'estime des honnêtes gens, que pour tout autre motif", Paris, 1773.
Et puis un article de H. Omont, dans la Bibliothèque de l'Ecole des Chartes, 1911, signale l'acquisition
en 1909-1910 de l'ouvrage "Le Mérite des femmes", de Gabriel Legouvé, "écrit en tachygraphie par Coulon
de Thévenot (1802)", III + 33 pages, reliure en basane.
http://fr.wikipedia.org/wiki/Gabriel-Marie_Legouvé
Ce Legouvé a laissé un nom, d'abord pour l'ennui remarquable qui s'exhale de ses poèmes,
et ensuite pour être le géniteur d'Ernest Legouvé, éducateur et ami du beau sexe, ou en tout cas
de l'instruction du beau sexe. Il faut croire que la Muse de Legouvé père exaltait Coulon.
A moins qu'il ne s'agisse que d'un exercice technique pour se faire la main. Qui mettra la main sur cet opuscule
saura en gros comment Coulon déclamait la poésie.

Coulon de Thévenot est souvent présenté comme membre de l'Institut, et même comme membre
de l'Académie des Sciences, mais il n'en fut rien.

[Note
François Fabius, l'antiquaire parisien, et frère de l'homme politique Laurent Fabius,
était passionné de Lafayette. Il avait constitué une collection de documents importante
qui fut achetée en 1963 par un mécène américain, et se trouve maintenant à l'université Cornell aux Etats-Unis :
http://rmc.library.cornell.edu/ead/htmldocs/RMM04611.html

On y trouve quelques lettres adressées par ALS (?) à Coulon de Thévenot et à une Madame Coulon de Thévenot,
sa veuve ou sa fille.]
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mttiro



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MessagePosté le: Mar 18 Oct 2011 3:31 pm    Sujet du message: Postérité de Coulon de Thévenot, suite Répondre en citant

Le typographe et sténographe allemand Karl (ou Carl) Faulmann (1835-1894),
dans sa Geschichte und Literatur der Stenographie, Wien, 1895, a des choses instructives
à dire sur la postérité de Coulon de Thévenot.
http://www.archive.org/stream/geschichteundli00faulgoog#page/n4/mode/2up
http://de.wikipedia.org/wiki/Carl_Faulmann

A la page 123, rapportant des données de J. Depoin pour l'année 1887 (sur Depoin voir plus bas),
Faulmann indique qu'à cette époque, au Sénat, le "chef" des sténographes utilisait Aimé Paris,
ses deux adjoints Taylor et Prévost, et, parmi les cinq réviseurs, un utilisait Aimé Paris, quatre Prévost,
tandis que parmi les 14 sténographes de la Haute assemblée, on en avait 2 pour Conen de Prépéan,
un pour Coulon de Thévenot, 6 pour Prévost, un pour Clément, un pour Bertin-Tondeur, un pour Sénocq,
un pour Duployé, un pour Paris-Guénin. A la Chambre des députés : le chef se servait d'un système personnel
inspiré de Conen de Prépéan, un autre de Taylor, deux autres de Conen de Prépéan et de Prévost-Delaunay,
et, sur les 11 sténographes, on avait un Conen de Prépéan, 2 Grosselin, un Lemarchand, 5 Prévost,
un Duployé, un Pitman. Parmi les aides, un Grosselin, 3 Prévost-Delaunay.

La dispersion est remarquable. Et en tout cas la preuve est faite que Coulon de Thévenot
était encore utilisé à la fin du XIXe siècle.

A la page suivante, Faulmann indique que M. Patey a continué le travail de Coulon par des publications
entre 1818 et 1862. On en trouve une liste à la page 131. Le système de C. A. Gaillard,
Paradigme stén.[ographique ?], Paris, sans date, n'est que la reprise de Coulon (131, 133-134).
Faulman indique dans sa bibliographie de la page 131 que Mlle Coulon de Thévenot a publié sous son nom de
Madame Marmier, Principes de Tachygraphie, sans date.

Faulman confirme page 136 que Coulon a adapté son système (ou une version ancienne de son système ?) à l'italien,
dans le fameux livre tiré à deux exemplaires.

[Joseph Depoin (1855-1924) qu'un document présente, dans le style du temps, comme "officier d'Académie,
ancien sténographe de la Chambre des députés, propriétaire à Pontoise,
membre de la Commission des Antiquités et des Arts" fut notamment l'auteur d'un Cours de métagraphie,
ou Sténographie Duployé supérieure, 1905. C'était aussi un érudit féru de paléographie et d'histoire locale :
http://elec.enc.sorbonne.fr/cartulaires/S-Germain-en-Laye/edition]
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mttiro



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MessagePosté le: Mar 18 Oct 2011 3:51 pm    Sujet du message: Coulo de Thévenot et le Calvados Répondre en citant

En octobre 2011, une librairie d'occasion de Liège propose à la vente :

HUE, P. L. Cours complet de Tachygraphie à l'Usage des Habitants du Département du Calvados
ou traité méthodique de l'art d'écrire aussi vite que l'on parle, inventé en 1788 par M. Coulon-Thévenot (...). 
A Caen, Dedouit, 1811. In-12 reliure plein velin époque ; XVI pages + 2 feuillets non paginés + 132 pages
+ 7 planches dépliantes. Méthode de sténographie. Exemplaire justifié et contresigné par l'auteur, 225 €

On se perd en supputations sur les raisons mystérieuses qui firent que les "habitants du département du Calvados",
brûlant de saisir au vol les propos ailés de leurs semblables, se virent gratifiés d'un "cours complet"
à leur seul usage, que bien d'autres autochtones leur envieraient.

J'apprends autre part que ce M. Hue est "premier commis de l'enregistrement et des domaines du Calvados".
Posthumément, son substantiel opuscule se vend fort cher. Il est vrai que l'auteur y a apposé sa griffe.
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fred



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MessagePosté le: Mar 18 Oct 2011 10:42 pm    Sujet du message: Répondre en citant

C'est sans doute sa "reliure plein vélin d'époque" qui lui vaut son prix auprès des bibliophiles, plus que son sujet ! Pour peu qu'il soit orné de jolies dorures, il doit faire de l'effet sur une étagère !
Je signale d'ailleurs en ce moment sur Ebay une édition rare de Conen de Prépéan : Sténographie ou l'Art d'écrire aussi vite que parle un orateur. Méthode qui n'omet aucun éléments de la parole, jugée, par les savans et les praticiens, le plus rapide des procédés connus, et plus facile à lire que l'écriture usuelle.
1 volume in-8, 205 pages, reliure d'époque demi-veau, dos lisse, 5 faux-nerfs dorés séparés par des motifs floraux dorés. Titre et nom d'auteur en lettres dorées. Reliure saine, solide et décorative, avec quelques frottement du temps.
Bien complet de la grande planche dépliante (25 x 38 cm) : "Tableau des abréviations générales, applicables à toutes les langues" et complet aussi des 10 planches dépliantes en fin d'ouvrage.
A Paris, Chez l'Auteur, Au Dépôt général de Lithographie, chez Jombert, Delaunai, Audin, Crévot, 1822
175,00 € Avis aux (riches) amateurs !
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mttiro



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MessagePosté le: Mer 19 Oct 2011 10:42 am    Sujet du message: Vieux livres Répondre en citant

J'aime bien la "reliure saine, solide et décorative". Je ne me suis pas amusé à chercher systématiquement
les prix d'ouvrages de sténographie anciens chez les libraires, mais finalement je me demande si,
mis à part la beauté, l'ancienneté, la rareté, etc. du livre, de sa reliure, l'originalité de sa provenance,
l'existence d'un ex-libris prestigieux, le sujet, en lui-même, ne pousse pas les prix vers le haut.
Après tout les planches de signes et textes offrent une allure cabalistique qui peut plaire
à certains amateurs. Et puis il y a peut-être une classe de collectionneurs qui, même peu nombreuse,
se passionne pour a sténo. Si sur ce forum il y a des amateurs fortunés, ils vont être prêt à payer
cher un vieux Taylor, un antique Coulon de Thévenot, ou je ne sais quelle merveille.
On est étonné du prix atteint par des ouvrages qu'on croirait destinés à de rares
spécialistes.
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fred



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MessagePosté le: Ven 21 Oct 2011 2:20 pm    Sujet du message: Répondre en citant

Les cotes des bibliophiles doivent plus tenir, à mon avis, de la rareté et de la qualité d'un livre en tant qu'objet d'art, que du sujet traité : qui, en effet, aurait aujourd'hui envie de lire un traité pratique totalement impraticable en réalité ? Non seulement la lecture en est assez indigeste, mais le système est résolument impossible à utiliser.
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MessagePosté le: Sam 22 Oct 2011 10:22 pm    Sujet du message: Le coût d'un Ramsay Répondre en citant

Comme je le signale dans un post que je viens d'envoyer sur l'abbé Cossard,
en octobre 2011 est proposé à la vente par un libraire parisien (Librairie Alain Brieux)
pour la somme de 1500 euros un exemplaire de la Tachéographie (1681) de Charles Alois
(ou Aloysius) Ramsay, Ecossais vivant en France, système pas terrible, mais a eu un petit succès. Contrairement à celui de Cossard, antérieur d'une génération, et supérieur.

Description :
‎Paris, chez l'auteur, 1681 in-12, 65, (1bl.), 82pp. (nombreuses erreurs de pagination) maroquin
lie de vin avec un encadrement doré à la Du Seuil sur les plats, dos à 4 nerfs orné, haut des tranches ciré,
gardes renouvelés‎
‎ Première édition française de ce rare traité de sténographie, le second paru en France,
après celui du prêtre Jacques Cossard, publié à Paris en 1651. La "Tacheographie"
qui signifie "écrire rapidement" et que l'on connait aujourd'hui sous le nom de sténographie (écrire serré)
connut un important développement en Angleterre au cours du XVIIe siècle. Charles-Aloysius Ramsay,
un écossais expatrié à la cour de France (l'ouvrage est dédié à Louis XIV et vendu chez l'auteur à Paris),
propose une synthèse et une simplification des méthodes anglo-saxonnes et des grands traités
de sténographie anglais : Bright, Shelton et Willis, par exemple. En effet, avec ce traité, l'auteur réussit
un tour de force de concision puisqu'en 40 pages et deux planches dépliantes, il enseigne "l'alphabet tacheographique",
ses particularités et ses difficultés d'emploi. 2 planches repliées hors-texte présentent, en 6 tableaux,
plus de 200 exemples de lettres simples, doubles ou triples, ainsi que des exemples de différents
sons complexes ou de mots entiers. Sur la première garde, l'ex-libris imprimé et daté de 1956
de la bibliothèque Ferreira Lima, localisée à Rio de Janeiro. Ouvrage assez grande de marges
pour un format in-12 et à l'intérieur propre Brunet, IV, 1097.‎

Je retourne sur Internet ce soir, et je trouve un autre exemplaire du livre, qui m'avait échappé à la première tournée,
mais cette fois à 1800 euros, à la Librairie Laurent Colet.

Description :
In-12 de 65, 81 pp., mal num. 85, veau havane, dos à nerfs orné de caissons et motifs floraux dorés,
pièce de titre et d'année d'édition de maroquin rouge et vert, coupes décorées (reliure de l'époque).
Edition originale en français d'un des premiers livres de sténographie. Le texte latin est placé en regard.
"L'originale est en latin, il parut en 1678, et fut réimprimé avec une version française à Paris en 1681.
Depuis cette dernière date, le Traité de Ramsay, a été souvent réimprimé en France et à l'étranger
dans la fin du XVIIe siècle" (Quérard, La France littéraire, VII, 448-449). Elle est illustrée de 2 tableaux dépliants
gravés sur cuivre. Homme de lettres anglais Charles-Aloysius Ramsay (1617-1669) est surtout connu
pour sa Tachéographie. L'ouvrage, inspiré des méthodes sténographiques de Crosset et de Shelton,
apporte plusieurs inovations allant toutes dans le sens de la simplification. L'ouvrage est particulièrement destiné
aux théologiens, aux gens de justice, aux hommes de lettres, médecins, étudiants et à toute personnes
qui ont à retranscrire rapidement la parole. Bon exemplaire. Reliure légèrement frottée. Brunet, Manuel du libraire, IV, 1097. - Havette, Bibliographie de la sténographie française, pp. 169-173. N° de réf. du libraire 8627

Les descriptions élogieuses des libraires sont à prendre avec un grain de sel pour quelqu'un qui connaît
même peu l'histoire de la sténographie. Mais imaginons un amateur fortuné, il pensera être tombé sur
un ouvrage historiquement à marquer d'une pierre blanche.
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