Forum du petit sténographe Index du Forum Forum du petit sténographe
Forum d'échange et d'entr'aide autour de la sténographie
 
 FAQFAQ   RechercherRechercher   Liste des MembresListe des Membres   Groupes d'utilisateursGroupes d'utilisateurs   S'enregistrerS'enregistrer 
 ProfilProfil   Se connecter pour vérifier ses messages privésSe connecter pour vérifier ses messages privés   ConnexionConnexion 

Duployé intégrale

 
Poster un nouveau sujet   Répondre au sujet    Forum du petit sténographe Index du Forum -> Divers
Voir le sujet précédent :: Voir le sujet suivant  
Auteur Message
mttiro



Inscrit le: 27 Sep 2011
Messages: 362

MessagePosté le: Lun 21 Nov 2011 10:27 am    Sujet du message: Duployé intégrale Répondre en citant

Malheureusement, je connais mal l'histoire détaillée de la sténographie Duployé : il me faudrait les lumières de Duployean, qui avait indiqué qu'il préparait une monographie sur la question. Je trouve une source peu développée mais instructive tout de même, qui n'est autre que le bon article sur la sténographie dans l'encyclopédie allemande Meyers Grosses Konversations-Lexicon, volume 18 (1909), disponible ici :
http://www.zeno.org/Meyers-1905/B/Stenographie

Voici un extrait du texte dans une traduction un peu libre :

"Le système de Duployé (1867) comprend d'une part une version développée (la sténographie intégrale, phonographie notant tous les sons) et d'autre part une version abrégée (sténographie abrégée, ou Métagraphie), celle-ci ayant été mise au point principalement par J. Depoin et Humbert. Les représentants des systèmes Paris et Duployé militent en faveur de l'écriture phonétique complète, appelée selon eux à remplacer complètement l'écriture ordinaire, et pour son introduction dans les écoles primaires."

Cet article est illustré de quatre tables très riches sous un espace réduit, que l'on peut consulter à part sous une version agrandie. Très naturellement, l'accent est mis sur les méthodes allemandes. Mais près de la moitié de la planche I est consacrée aux méthodes françaises Prévost-Delaunay, Duployé, Paris-Guénin, avec liste des signes, illustration des liaisons entre signes pour la Prévost-Delaunay, et les exemples d'une même phrase transcrite en Prévost-Delaunay, en Paris-Guénin, et, c'est là que je veux en venir particulièrement, dans les deux versions de la Duployé, l'intégrale et la métagraphie.

C'est cette sélection que je reproduis ici :




Uploaded with ImageShack.us


Si vous vous reportez à cette table, vous allez voir de façon très frappante la différence entre la Duployé intégrale et la Duployée abrégée (métagraphie). Dans l'intégrale, la phrase illustrative "Si nous avons le moyen, dans les questions judiciaires intéressantes, d'examiner les dépositions, nous le devons à la sténographie", présente des sténogrammes plus complexes et plus nombreux, d''où une certaine prolixité, qui se voit immédiatement à la longueur de la transcription. La comparaison avec la transcription Prévost-Delaunay est claire : on "voit" que la Duployé intégrale n'autorise pas la même vitesse que la Prévost-Delaunay (j'ignore quel est la vitesse plafond sur laquelle on bute en Duployé intégrale). En revanche, la ligne du dessous montre que, au moins sur cet exemple, la Duployé abrégée est de 20 % plus courte en extension que la version intégrale, et que le tracé des sténogrammes est à la fois plus court dans leur extension horizontale et plus simple dans leur structure interne. L'un dans l'autre, et à la seule inspection visuelle, le gain paraît substantiel.

Au passage, pour qui consulte cette planche innocemment et rapidement, les exemples en Duployé peuvent créer l'impression fausse que cette méthode pratique le renforcement. Il n'en est rien, et d'ailleurs une inspection précise des tracés montre qu'on se trouve en présence d'un effet artefactuel de pleins et déliés dus à l'utilisation d'une plume par un scripteur qui produit naturellement cet effet, de façon peut-être non délibérée, ou alors en visant un effet esthétique.

Pour ce qui est de la Duployé intégrale, le tableau répertorie les signes en vigueur à l'époque. Outre le pointage bien connu de certains signes (comparer aux petites barres de la Paris-Guénin, système dont, sauf erreur, Emile Duployé a tiré l'amorce de son inspiration), et le "o" bouclé pour /u/ ("ou"), encore en usage possible dans les présentations récentes (1991), on observera la présence d'autres signes. Les nasales ont de minuscules traits adjoints. Et, au lieu d'être confondu sous le même signe que /a/ d'avant ou d'arrière, la suite fréquente /w + a/ ("oi") dispose de son signe propre, assez logiquement construit à partir du signe de "ou" à l'intérieur duquel vient s'inscrire le signe de "a". Enfin on a une espèce de tilde pour la semi-consonne /j/ (transcrit "ll"), qui, lorsqu'elle est notée maintenant, prend la forme d'un fusili, ou tortillon, ou queue de cochon en tire-bouchon, ce remplacement étant probablement motivé par le désir d'éviter des ambiguïtés.

Sans revenir sur des points que j'ai examinés dans mon billet "Eloge technique de la sténographie Duployé", en particulier pour les voyelles, je me bornerai à relever que, sous la forme intégrale, la Duployé fournit une transcription des phonèmes du français standard de France avec un degré de fidélité élevé. Chez les consonnes, les seuls signes manquants sont ceux qui correspondraient à deux semi-consonnes, le "oué" (/w/) de "oui","Louis", "souhait", "western", "moins", et au "ué" (/ɥ/) de "huis", "cuit", "nuit", et, pour beaucoup de locuteurs français, "huer", "buée", "ruelle", "suave" (d'une manière générale, cette consonne /ɥ/ est en principe inconnue dans le système phonologique des Belges).

Bien entendu, ce qui serait une carence dans un système de transcription phonologique rigoureux n'en est pas une dans un système à visée sténographique. La Duployé intégrale constitue un compromis élégant compte tenu des deux objectifs visés : proposer une écriture alternative pour le français (ambition du XIXe siècle) et proposer une tachygraphie.

Fred pourrait éventuellement nous en dire plus.
Revenir en haut
Voir le profil de l'utilisateur Envoyer un message privé
fred



Inscrit le: 23 Jan 2007
Messages: 530
Localisation: Région parisienne

MessagePosté le: Mar 22 Nov 2011 4:56 pm    Sujet du message: Répondre en citant

Ces planches datent de 1909 ; la métagraphie présentée n’est pas celle utilisée aujourd’hui. Cette précision donnée, je dirais même que l’intégrale n’aurait pas forcément été écrite comme cela en France par tous les sténographes, surtout dans les terminaisons des mots «ion», «ien». Et le signe en tilde géant, censé représenter /j/, je ne l'ai jamais vu nulle part !
On remarque aussi en passant l’écriture du son «X» (dans «examiner») en deux signes ( GZ), qui s’est assez vite réduite à un seul Z par la suite.
Cet exemple montre qu’il y avait encore quelques imprécisions de tracé dans l’intégrale alors que les manuels édités en France à cette époque montraient un peu plus de rigueur (oh ! à peine, mais quand même…) dans les exemples donnés.
Revenir en haut
Voir le profil de l'utilisateur Envoyer un message privé
mttiro



Inscrit le: 27 Sep 2011
Messages: 362

MessagePosté le: Mar 22 Nov 2011 5:20 pm    Sujet du message: Tilde /j/ Répondre en citant

L'affaire du signe tilde pour /j/ est curieuse. Est-ce qu'il y aurait des branches
un petit peu différentes de la Duployé à cette époque ? Par exemple, mettons,
certains professeurs en Belgique auraient eu ce /j/ ? Le tortillon, quand on a à l'utiliser,
est peut-être meilleur.
Revenir en haut
Voir le profil de l'utilisateur Envoyer un message privé
fred



Inscrit le: 23 Jan 2007
Messages: 530
Localisation: Région parisienne

MessagePosté le: Mer 23 Nov 2011 12:25 am    Sujet du message: Répondre en citant

Je crois que Duployé ne pouvait réellement contrôler que ce qui se passait en France ; à l'étranger, on pouvait faire différemment. Aujourd'hui encore, on peut constater que les Suisses ne suivent pas notre codification et adoptent un système légèrement différent. Il est donc possible qu'au début du XXe siècle, ce tilde géant ait été utilisé à l'étranger, mais je ne sais pas où, car je ne l'ai jamais vu. Il devait d'ailleurs être assez malaisé à utiliser, et en métagraphie il aurait donné lieu à confusion (avec CH-S). Il a certainement dû être abandonné assez vite dans cet emploi (s'il a jamais été utilisé), au profit du tortillon déjà utilisé en France.
Revenir en haut
Voir le profil de l'utilisateur Envoyer un message privé
mttiro



Inscrit le: 27 Sep 2011
Messages: 362

MessagePosté le: Mer 30 Nov 2011 2:30 pm    Sujet du message: Tilde géant pour /j/ Répondre en citant

Je m'aperçois que le tilde pour /j/ figure dans l'alphabet de Duployé intégrale en bas à droite de la couverture de l'Almanach sténographique d'Albert Navarre(1938), publié sur ce forum :

http://imageshack.us/f/137/1erepagesj5.jpg/

C'est un tortillon qui ne va pas jusqu'au bout de ses méandres.
Revenir en haut
Voir le profil de l'utilisateur Envoyer un message privé
Montrer les messages depuis:   
Poster un nouveau sujet   Répondre au sujet    Forum du petit sténographe Index du Forum -> Divers Toutes les heures sont au format GMT + 1 Heure
Page 1 sur 1

 
Sauter vers:  
Vous ne pouvez pas poster de nouveaux sujets dans ce forum
Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum
Vous ne pouvez pas éditer vos messages dans ce forum
Vous ne pouvez pas supprimer vos messages dans ce forum
Vous ne pouvez pas voter dans les sondages de ce forum


Service fourni par VosForums.com © 2004 - 2017 | Signaler un contenu illicite | Forum gratuit | Créer un blog | Powered by phpBB © 2001, 2002 phpBB Group
phpBB SEO | Traduction par : phpBB-fr.com