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Sténographie, sténotypie, reconnaissance vocale, vitesse

 
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mttiro



Inscrit le: 27 Sep 2011
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MessagePosté le: Sam 03 Déc 2011 11:36 am    Sujet du message: Sténographie, sténotypie, reconnaissance vocale, vitesse Répondre en citant

Est-ce que, à l'occasion, Fred pourrait nous donner des détails sur les mesures de vitesse des sténographes et sur les conditions des concours.
1) Comment est calculée la vitesse en mots / minute ? En comptant effectivement le nombre de mots dictés selon la définition usuelle, où les mots élidés du français comptent pour un mot ? En se basant sur une définition autre de "mot" ?
2) Les vitesses annoncées sont-elles des maxima, ou sont-elles des moyennes ?
3) Quelle était la durée des dictées ? Y avait-il une normalisation à cet égard ?

Par exemple, en anglais, on dit que, aux Etats-Unis, en 1922, Nathan Behrin atteignait 350 mots / minutes en Pitman sur une durée de 2 minutes. Les conditions actuelles des concours de la NCRA américaine (National Court Reporters Association) sont données ici :
http://www.ncra.org/About/content.cfm?ItemNumber=10752&navItemNumber=11230

Je l'ai déjà signalé, sur un site pitmanien, on voit que lorsque la American National Shorthand Reporters Association a lancé son concours annuel, les lectures, faites à partir de comptes rendus de tribunal, allaient de 200 à 280 mots à la minute. Les pitmaniens étaient les seuls candidats. En 1911 un utilisateur de la Gregg fit trembler la Pitman sur son piédestal. En 1914, un groupe de jeunes insolents participait au concours, sponsorisé par la Universal Stenotype Company, et arrivèrent à rivaliser avec les champions. Après une interruption, le concours reprit en 1919, mais le règlement interdisait la présence de sténotypistes. Or la sténotype était apparue dans un tribunal dès 1910. Premier concours national de vitesse américain sur sténotype en 1951, organisé par la NCRA (National Court Reporters Association). A titre d'exemple, actuellement, un sténographe judiciaire dans l'état de Louisiane doit passer un examen comportant trois tests, d'une durée de 5 minutes (chacun ? en tout ?), avec des vitesses allant de 180 à 225 mots / minute.

Les effets de hiérarchie de prestige, que j'ai mentionnés, renaissent sans cesse (les sociologues étudient ça à propos de n'importe quoi). A côté de la sténotypie, ne pas oublier l'existence d'une autre technique pour les sténographes judiciaires. La personne écoute les débats, et en même temps répète ce qu'elle entend dans un masque. Un système de reconnaissance vocale avancée, qui a été préalablement entraîné à s'habituer au professionnel, transcrit ce qu'elle dit. Or, aux Etats-Unis en tout cas, le prestige des sténotypistes, praticiens du "machine court reporting" (= "steno") est nettement supérieur à celui des praticiens du "voicewriting" (= "mask"). Indépendamment du fait que certains états américains interdisent le voicewriting, parce que le léger murmure du professionnel énerve certains juges ou avocats, le directeur d'une école de sténographie de Louisiane indique que, dans le choix entre les deux méthodes, le futur étudiant se décidera en fonction de ses capacités, mais aussi, corrélativement, du niveau de prestige auquel il peut prétendre aspirer. Les seigneurs sont évidemment les sténotypistes, qui en ont bavé (six mois de "théorie" et des années de pratique pour atteindre la vitesse exigée), veulent donc monnayer leurs souffrances, et considèrent les autres comme de pauvres amateurs, des incapables et des paresseux. Le constat est sans appel : "machine writing is still the gold standard in court reporting," si bien qu'un des facteurs dans le choix de la méthode est "the level of prestige they require from their profession". J'ai trouvé ça sur un lien dans le site de la NCRA

Malgré leurs postures avantageuses, on voit bien que les sténotypistes se font un peu de souci, comme on le constate dans la section "Technology News" du site de la NCRA.
Voir par exemple ce rapport :
http://www.verbatimreporters.com/tech/2011VisionaryLegaBlendedReportFINALl.PDF

Les tenants de la reconnaissance vocale annoncent la disparition des sténotypistes, qui sont en situation de monopole et dictent leurs conditions au marché, mais le moment s'approcherait, nous disent-ils, où les sténotypistes devront à leur tour faire face à la concurrence, comme les sténographes classiques papier / plume il y a cent ans.

Ce n'est pas impossible si j'en juge par les progrès très nets que j'ai pu constater en reconnaissance vocale sur des logiciels grand public, en assez peu de temps finalement. J'ai sur mon smartphone le petit logiciel Dragon, qui donne des résultats inimaginables il y a quelques années. Je viens de lui dicter, à vitesse modérée, les deux phrases qui précèdent, et il me retourne ceci, assez vite : "Ce n'est pas impossible si j'en juge par les progrès très nets que j'ai pu constater en reconnaissance vocale sur des logiciels grands publics j'ai sur mon Smartphone le petit logiciel dragon qui donne des résultats inimaginables il y a quelques années".

Paradoxalement, il semble qu'une vitesse trop lente trouble Dragon Dictation. Et des dictées de mots tels que "balivernes", "billevesées", "donzelle", "péronnelle", dans des ordres différents, ne donnent pas des résultats brillants. C'est peut-être un peu meilleur en contexte : "Cette jeune fille est une sacrée péronnelle cette donzelle n'arrête pas de proférer des balivernes et des billevesées". Malgré tout, des essais répétés ne sont pas toujours aussi beaux, car parfois "cette jeune fille" devient "c'est une fille", "péronnelle" devient "père Noël", "et des billevesées" devient "est débile". On va mettre ça sur le compte de ma voix, dont la structure acoustique est pauvre. De toute façon, je reste admiratif, d'autant que c'est une version pauvre de Dragon, qui est gratuite.
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mttiro



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MessagePosté le: Sam 03 Déc 2011 11:37 am    Sujet du message: Vitesse et usages diversifiés de la sténographie Répondre en citant

La sténographie a été pensée autrefois, au XIXe siècle, comme pouvant répondre à des besoins assez diversifiés. Petit à petit, tout ça s'est contracté.

Les sténographes parlementaires, et, aux Etats-Unis, les sténographes judiciaires, ont occupé le haut du pavé. C'étaient les seigneurs de la profession. Ils étaient capables de hautes vitesses, frayaient avec le monde politique, ils étaient les truchements de la parole démocratique. Ils ont donné le ton. Apprendre la sténographie "sérieusement", ça supposait d'essayer de les imiter, même de loin. Les recueils d'abréviations étaient truffés de termes utiles à de tels praticiens, moins à d'autres. En-dessous, les utilisateurs de la sténo commerciale, seigneurs de moins haut lignage. Le reste ne comptait plus, c'était la roture.

Résultat : éloignement des gens qui visaient les notes personnelles, les mémos, les notes de cours sélectives et non verbatim, etc., avec impératif de relecture lointaine. George Bernard Shaw, qui pratiquait lui-même le système Pitman (utilisé par son secrétaire), pensait que cette obsession généralisée de la vitesse avait coulé la sténographie. D'ailleurs quand on lit des vieux textes du XIXe siècle, on voit la condescendance des auteurs à l'égard de la méthode Duployé sous sa forme initiale, cantonnée aux pauvres pratiques des amateurs.

On se trouve alors dans une situation bien connue dans l'enseignement. Le refus d'accepter l'idée qu'il peut exister plusieurs objectifs, avec des niveaux de maîtrise différents mais honorables chacun dans son genre, et donc plusieurs méthodes ou pédagogies, finit par plomber la discipline, quelle qu'elle soit : mathématiques, physique, langues étrangères, droit... Des innovations comme les doubles systèmes (phonique et graphique) de Callendar et de Sweet pour l'anglais, n'ont connu qu'une diffusion confidentielle. On n'est pas certain que ce soit dû uniquement à leurs déficiences radicales, ou au manque de combativité publicitaire de leurs concepteurs. Il se peut que, sortis au moment de la tachymanie généralisée, ils se soient heurtés au fait qu'on était en train de perdre de vue la possibilité de diffuser les tachygraphies sous une forme moins ambitieuse.

D'ailleurs une observation élémentaire montre que la nécessité des tachygraphies n'a pas cessé depuis que l'écriture a été inventée, d'où 1) les variantes cursives des écritures (démotique de l'égyptien, etc.) ; 2) les systèmes tachygraphiques basés sur l'écriture courante, du genre de la littera illegibilis de Thomas d'Aquin (voir posts là-dessus), de la Orthic de Callendar (1919). Il y a des gens lucides qui comprennent ça très bien, d'où Speedwriting (1924), Système français d'écriture abrégée (1974), voire le système anglais Teeline (1968), qui a provisoirement prolongé l'existence de la "sténo" pour les journalistes britanniques, etc. Et voir ce que j'ai posté sur la prise de notes en situation scolaire et universitaire, domaine laissé à l'abandon, où on réinvente la roue, mais où elle ne roule pas très bien.

Le Suisse Charles Kreis, auteur d'une adaptation de la sténographie allemande Stolze-Schrey-Velten au français, avance ceci en 1900 :
"En France, on définit communément la sténographie "l'art d'écrire aussi vite que l'on parle". C'est une définition inexacte, car elle ne s'applique qu'à une sténographie spéciale : la sténographie que l'on désigne aujourd'hui sous le nom de sténographie parlementaire.

La sténographie parlementaire correspond bien au but qu'elle se propose, en permettant de suivre la parole des orateurs, mais elle ne répond qu'à ce but; car on ne peut arriver à écrire avec la rapidité exigée dans ce cas particulier qu'à la condition d'employer des moyens d'abréviation qui détruisent la précision ou la netteté de l'écriture, tout en rendant la pratique de cette écriture très difficile dans la plupart des cas.

La généralité des traités de sténographie française qui ont été publiés jusqu'à ce jour étant des traités de sténographie parlementaire, visant avant tout la vitesse qui permet de suivre la parole, nous nous sommes proposé de créer, à côté de cette sténographie, une sténographie populaire, facile, accessible à tous et pouvant réellement rendre des services à tous ceux qui écrivent beaucoup, en conciliant la rapidité de l'écriture sténographique avec la précision et la netteté qu'elle doit conserver pour pouvoir être utilement
substituée à l'écriture ordinaire.
[...]
L'expérience nous a démontré que notre sténographie répondait parfaitement aux besoins de la correspondance et à toutes les exigences de la dictée rapide. Une des qualités de notre écriture étant d'être très lisible, elle peut être utilisée avec avantage pour la rédaction de notes rapides, de brouillons, d'extraits de documents, etc. "
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mttiro



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MessagePosté le: Sam 03 Déc 2011 11:59 am    Sujet du message: Hippolyte Prévost et les emplois de la sténographie Répondre en citant

Sur les divers usages de la sténographie, tels qu'envisagés libéralement
par Hippolyte Prévost en 1828, je rappelle mon post du 3 novembre 2011
dans le fil Prise de notes : une demande mal satisfaite.
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fred



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MessagePosté le: Sam 03 Déc 2011 5:38 pm    Sujet du message: Répondre en citant

Je réponds en partie à votre première question ailleurs sur le forum, à propos des logiciels d'enregistrement et de variation de vitesse : http://forumsteno.vosforums.com/post4602.html#4602

Autrefois, au tournant du 20e siècle, les concours se faisaient sur une durée de cinq minutes, avec des maxima autour de 200 m/m. Aujourd'hui, la durée est variable en fonction du concours souhaité, car les pratiques se sont diversifiées. Voir par exemple les règles des concours suivants, à huit années d'intervalle :
http://org.intersteno.it/page.php/id_primario-38/language-francese
http://roma2003.intersteno.it/materiale/RegolGareRoma/Steno/RegolamentoStenoRomaFranc.PDF

Le problème, en sténo, c'est bien entendu la fatigue. Au bout de cinq à dix minutes de prise à vitesse maximale, la main se crispe et la concentration s'en ressent.
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mttiro



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MessagePosté le: Dim 04 Déc 2011 12:21 pm    Sujet du message: Répondre en citant

Merci à Fred pour les informations et les liens. J'ai survolé le second document, très fourni, que je lirai à loisir. Je me suis aperçu aussi que, sur ce forum, il y avait déjà diverses données dûment archivées. Et même, Duployean avait signalé que, dans certaines méthodes, on comptait vraiment les mots au sens courant, sans employer le "mot théorique" au sens des sténographes.

En inspectant Hautefeuille & Ramade (1976), j'ai trouvé une petite note sur les gammes sténographiques : 10 mots théoriques = 18 syllabes. Bien sût, les gammes présentent des fluctuations inévitables selon le lexique utilisé : mots brefs ou mots longs. Dans une gamme 30 mots théoriques correspondent à 35 mots au sens habituel. Dans une autre gamme 70 mots théoriques correspondent à 65 mots au sens habituel.

J'en ai profité pour rejeter un coup d'œil au (très bon) traité de dactylographie de Ramade (1972), qui donne l'équivalence 6 frappes (= "caractère" des informaticiens) pour un mot théorique au sens de la dactylographie = 5 lettres plus un espace.
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mttiro



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MessagePosté le: Sam 10 Déc 2011 9:42 am    Sujet du message: Reconnaissance vocale Répondre en citant

Avec le progrès des techniques, deux situations se produisent, en simplifiant. Soit une technique B remplace complètement une technique A, sauf cas extraordinaire : l'éclairage électrique remplace complètement la torche, la lampe à huile, la chandelle, la bougie, la lampe à pétrole. Soit une technique B s'ajoute à la technique A, mais les deux techniques co-existantes se partagent les utilisations, avec, ici et là, une situation de compétition : l'écriture manuscrite continue à exister, à côté de l'écriture au clavier sur des machines diverses.

Dans la transcription tachygraphique de la parole, la sténotypie a évincé la sténographie manuelle dès le début du XXe siècle aux Etats-Unis. Actuellement, près d'un siècle plus tard, et malgré le greffage de la conversion de la transcription sténotypique en tapuscrit via une assistance par logiciel, les sténotypistes américains commencent à se faire du souci pour leur activité.

Au Parlement norvégien, il y a encore des sténographes à l'ancienne, qui utilisent la méthode Wang-Krogdahl, adaptation de la Gabelsberger au suédois. On a publié encore en 2010 un manuel de Wang-Krogdahl en anglais. La disparition de cette profession est programmée depuis 2009, mais je ne sais pas si c'est pour un passage vers la sténotypie assistée par ordinateur, variante ultime dans la famille des techniques tachygraphiques, ou bien directement vers une technique qui n'appartient plus du tout à la famille technique des transcriptions tachygraphiques de la parole, mais qui signale l'entrée dans une famille technique complètement différente : l'enregistrement numérisé et la transcription assistée par ordinateur via un logiciel de reconnaissance automatique, avec intervention de réviseurs faisant du "post-editing".

Ce qui suit est connu de tous, mais doit être bien médité.

Actuellement, lorsqu'un individu souhaite effectuer des notes personnelles, il doit se demander, en envisageant les diverses situations possibles, s'il est rentable pour lui d'investir dans un système tachygraphique (soit une sténographie, avec un coût énorme, soit un des systèmes d'écriture rapide, de types et de nombre plus riches que ce qu'on pense habituellement), ou alors dans des petits scripts d'expansion d'abréviations sur une machine à clavier, ou alors dans un système de reconnaissance de la parole, pour lequel le coût d'apprentissage est tellement bas que, comparativement, on peut le considérer comme quasi-nul.

Tant que la reconnaissance de la parole était à l'état de prototype de laboratoire, ou de technique grossière quoique délectable pour les geeks, on pouvait penser que l'option, en fait, n'existait pas sur le marché. Il n'en est plus de même aujourd'hui. Les progrès de la conception, joints à la chute spectaculaire du coût (en espace et en argent) de la mémoire numérique (de sorte que, en particulier, contrairement à il n'y a pas si longtemps, ça ne coûte pas grand chose de stocker 1200 diphones pour le français), tout ça fait qu'avec une application simple et gratuite pour smartphone comme Dragon Dictation on obtient des résultats qui ne peuvent plus susciter la condescendance.

Exemple :

J'improvise une note en parlant devant le micro du smartphone. Pour mettre le maximum de chances de mon côté, je prononce "virgule" et "point" à certains endroits voulus, comme si je faisais une dictée à un écolier, mais en beaucoup plus vite. Et je parle à vitesse modérée (mais pas ultra-lente), en articulant convenablement, mais en me gardant du moindre excès de sur-articulation. Le logiciel travaille en très peu de secondes et me donne ceci :

"J'avais oublié de te dire que y a ta soeur qui va passer à la maison cet après-midi. Il faut lui rendre sa clé USB. J'ai mis dessus cinq ou six fichiers qui peuvent l'intéressé. Il y a en particulier un article sur les champignons, qui est un peu long, mais pas trop technique. Je pense qu'elle devrait le lire. Pendant que j'y pense rappelle lui que je vais passer la voir ce week-end, probablement samedi après-midi."

Vous observerez au passage que le résultat comporte moins de fautes de français qu'un texte équivalent en nature, style et longueur, du type de ce qu'on lit journellement sur Internet.

Je lis rapidement, ça me convient, et je touche une icône qui me fait apparaître un message électronique prêt à compléter, dans lequel le texte ci-dessus a été inséré. Dans la fenêtre voulue je fais apparaître l'adresse de mon correspondant, enregistrée dans un agenda. Je touche le bouton voulu, et dans la seconde le message est expédié. Je peux ainsi m'expédier à moi-même un mémorandum à ne pas négliger.

Est-ce que ce modus operandi exige un apprentissage ? Un tout petit apprentissage. Il faut éviter des compressions trop grandes du genre de celles qu'on peut trouver en discours spontané rapide. Pour faire comprendre ce que je veux dire sans longs commentaires, voici 4 versions de "Je ne sais pas si c'est possible". Dans chaque version je donne la phrase deux fois, à peu près de la même manière autant que c'est possible. Dans (1) je parle à toute vitesse et je dis "Chpasiséposib". Dans (2), je remplace "chpa" par "chépa". Dans (3) je dis "chchépa". Dans (4) je dis "chsépa". Voici les résultats, qui semblent faire apparaître un seuil pour la reconnaissance vocale, seuil actuellement situé très bas :

1.a : Je précise possible

1.b : Je précise que ce

2.a : Je peux si c'est possible

2.b : Chais pas si c'est possible

3.a : Chais pas si c'est possible

3.b : Chais pas si c'est possible

4.a : Je sais pas si c'est possible

4.b : Je sais pas si c'est possible

Autre exemple. Je prononce la paire suivante "la femme de La Fontaine" / "la fable de La Fontaine" (j'avais à l'esprit effectivement "la femme de La Fontaine" et pas "la femme de la fontaine") trois fois : (1) une fois en articulant bien et en allant assez vite, mais pas trop, (2) une fois en allant vite, (3) une fois en allant très vite. Résultats (j'ai respecté les différences de capitalisation) :

1 : la femme de la fontaine / la fable de La Fontaine
2 : la femme de la fontaine / la fable de La Fontaine
3 : la femme de la fontaine / la fable de La Fontaine

Je précise que, dans les trois cas, j'ai élidé le /l/ final de "fable", et prononcé /lafabdœ/.
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mttiro



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MessagePosté le: Mer 14 Déc 2011 5:37 pm    Sujet du message: Sous-titrage en direct Répondre en citant

Le sous-titrage en direct (sous-titrage en temps réel, sous-titrage live) montre bien l'évolution de la technique. Il commence à affecter même les sténotypistes émérites.

http://fr.wikipedia.org/wiki/Sous-titrage_en_direct

Deux possibilités :

1) Sous-titrage par sténotypie assistée par ordinateur

Ce sous-titrage est réalisé par des sténotypistes (qui peuvent travailler à domicile), qui envoient en direct leur transcription convertie via ordinateur en écriture normale et formatée selon les règles du sous-titrage. Le résultat est alors projeté sous l'image, avec un très léger délai, de deux à trois secondes.

Pour l'anglais, les sténotypistes doivent pouvoir atteindre, et occasionnellement dépasser, 225 mots / minute.

http://www.ncicap.org/livecapproc.asp
http://www.washington.edu/doit/Faculty/articles?386
http://www.dcmp.org/caai/nadh28.pdf

Petite démo en français sur le site de :
http://www.digiwriters-live.com/broadcasting.html

2) Sous-titrage par reconnaissance vocale

Le processus est décrit dans l'article de Wikipedia :
http://fr.wikipedia.org/wiki/Sous-titrage_en_direct#La_reconnaissance_vocale

Le processus (perroquet + reconnaissance vocale + correcteur + contrôle) est bien montré par cette petite vidéo de 3'40 sur le sous-titrage en direct du journal télévisé :
http://www.dailymotion.com/video/xazms7_le-sous-titrage-des-jt-de-france-3_news

Le décalage est plus long, 4 secondes.

Voir aussi la vidéo en anglais de Google (2'35) concernant les "automatic captions" sur YouTube, activable par la fonction Activer les sous-titres :
http://www.youtube.com/watch?v=kTvHIDKLFqc

Si vous essayez, vous verrez que la reconnaissance vocale est imparfaite (ça fournit même désormais des exemples nombreux de comique involontaire à génération automatique), mais c'est mieux que rien du tout.

On peut aussi activer la traduction automatique, ce qui multiplie évidemment les occasions de rire, puisque les ratés de la traduction s'ajoutent aux ratés de la reconnaissance vocale.

Mais rira bien qui rira le dernier.
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nounours



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MessagePosté le: Mer 08 Fév 2012 12:33 am    Sujet du message: langage écrit / langage oral Répondre en citant

Tout ceci est bien beau, mais on ne pense pas de la même façon lorsqu'on écrit que lorsqu'on parle. La pensée écrite est en général plus complexe… Je ne crois pas à la disparition de l'écrit, ou du moins de l'écrit qui ne soit pas qu'une simple dictée de l'oral.

Je connais des logiciels de dictée, j'en ai utilisé, je suis incapable de leur dicter ce que j'écrirais…

Considérer la langue écrite comme une version lisible de ce qui est dit à l'oral est à mon avis très réducteur. Et souvent, cette retranscription de l'oral pourrait bien se trouver incompréhensible, ou bien étrange… car on ne peut pas comparer la langue de l'orateur de celle du simple locuteur. Ou alors, il faut niveler la langue orale dictée, dans une sorte d'intermédiaire ou de chimère oralo-écrite…

Mais bon, ce n'était peut-être pas le sujet du post…

D'autre part, noter avec un crayon sur du papier, ou taper sur un clavier, fut-ce celui d'un notebook, ou encore susurrer une dictée vocale à son iPhone, ça ne donne pas la même qualité de présence par rapport à autrui.

Tout n'est pas équivalent, et tout n'est pas soluble dans la technique.

Et si l'on considère la légèreté, le silence de la sténographie sur un petit carnet par rapport aux usages mécanico-informatiques, et l'absence de "pont-avec-l'ailleurs" toujours troublant pour les autres, j'estime que la sténo a de beaux jours devant elle, de même que les fabricants de stylos et de crayons…

Mais ce n'est que mon avis !

Bonne nuit !
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mttiro



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MessagePosté le: Mer 08 Fév 2012 8:24 am    Sujet du message: Usages de la technique Répondre en citant

Je ne suis pas du tout en désaccord avec ce que dit nounours. Je ne crois pas du tout non plus à la disparition de l'écrit. Il est parfaitement exact que la sténographie est légère. J'ai la possibilité de dicter une note à mon smartphone, et de lui faire convertir ma note en texte. Mais je ne me sers que très peu de cette fonction, car ça suppose de sortir le smartphone (avec certaines précautions, c'est tout de même un appareil fragile, cher et bourré de fichiers), de le mettre en opération, de sélectionner le logiciel, etc. Par ailleurs j'ai constamment dans ma poche au moins un petit bout de papier et un stylo, et j'ai très vite fait de griffonner une note. Même en écriture courante, ça va vite. (De même, mes enfants se fatiguent à chercher des informations simples sur Internet, alors que ça irait bien plus vite en prenant le Petit Larousse).

Simplement, il faut être tout de même très attentif à l'évolution de la technique, qui peut rendre des services énormes, surtout dans certaines situations. Exemple dans un domaine différent. Hier soir, je me passe une vidéo australienne trouvée sur Internet. A un endroit, la personne qui parle a un fort accent australien, parle très vite, et articule avec peu de précision. Il y a un mot que je n'arrive pas à reconnaître, même guidé par le contexte, et qui pourrait être important. Heureusement, cette vidéo est sous-titrée dans ce qui paraît être du suédois. Je copie un mot qui me semble être le correspondant du mot anglais que je ne saisis pas. Je le colle dans Google Traduction, et hop ça me donne la solution, rétrospectivement évidente. En un temps très court, grâce à diverses techniques, je résous un problème qui était absolument insoluble dans ma jeunesse.
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nounours



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MessagePosté le: Jeu 09 Fév 2012 1:06 am    Sujet du message: Répondre en citant

Pour donner une illustration du travail d'un sténotypiste, et la différence entre ce qui est dit et ce qui en est écrit, c'est intéressant de jeter un œil sur :

http://www.stenotypiste.com puis cliquer sur "notre métier", puis sur "3-Comptes rendus…", et aller en bas de l'écran.

On voit les deux versions, textuellement, et après correction. Je pense que ce n'est pas demain que les logiciels feront ce boulot-là…

Enfin, il me semble… ?
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mttiro



Inscrit le: 27 Sep 2011
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MessagePosté le: Jeu 09 Fév 2012 8:52 am    Sujet du message: Répondre en citant

C'est très instructif, et d'ailleurs ça correspond à une des choses qu'on apprend à l'école, à l'université, cette capacité à retravailler intelligemment un compte rendu brut. C'est aussi ce qu'on fait quand on est secrétaire de séance : parfois ça donne "après un large tour d'horizon..." = "les membres présents n'ont pas arrêté de dire des sottises pendant trois quarts d'heure, puis de s'invectiver sans retenue". Effectivement, il est difficile d'automatiser ce genre de tâches.
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