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Écriture syllabique de Gerbert (Sylvestre II), ca 1000

 
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mttiro



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MessagePosté le: Sam 13 Avr 2019 10:03 am    Sujet du message: Écriture syllabique de Gerbert (Sylvestre II), ca 1000 Répondre en citant

Gerbert d’Aurillac (Sylvestre II) 945/950-1003, Écriture dite secrète

Gerbert est un des papes les plus célèbres du Moyen Âge, et à juste titre vu son éminence intellectuelle et son parcours biographique peu courant. Voir son entrée développée sur Wikipedia :
https://fr.m.wikipedia.org/wiki/Sylvestre_II

On sait peu qu’il utilisait (très modérément) un système d’écriture qui a été étudié par le grand chartiste et historien Julien Havet à la fin du XIXe siècle. On peut lire en ligne ses deux mémoires L'écriture secrète de Gerbert et La Tachygraphie italienne du Xe siècle. Voir aussi Maurice Jusselin, Notes tironiennes dans les diplômes mérovingiens.

On a deux types de documents de Gerbert. Un petit nombre de bulles remontant à l’époque de son bref pontificat de quatre ans, et une quinzaine de passages brefs dans des lettres.

Le savant allemand Wilhelm Schmitz était parvenu à déchiffrer les notes des bulles. Quant aux notes des lettres, sur la suggestion de Paul Viollet, Julien Havet est parti de l’hypothèse qu’elles n’étaient pas rédigées sur le principe des notes tironiennes médiévales (telles du moins qu’on les envisageait à la fin du XIXe siècle), mais selon une tradition distincte, qui devait exister. En consultant les travaux de Schmitz, Havet a pu déterminer que les notes des lettres étaient écrites dans la même série de conventions, et qu’il s’agissait d’un système « tachygraphique » syllabique.

En effet, le savant italien C. Cipolla avait publié des documents du Xe siècle (notamment dans des actes notariés d’Asti, dans le Piémont), qui se trouvaient utiliser des symboles qui justement ne sont autres que ceux de Gerbert. C’est donc en Italie du nord que Gerbert a appris ce système. Havet pensait que cette écriture était confinée à l’Italie, sauf pour les lettres de Gerbert. Il estimait qu’elle était apparue au Xe siècle et qu’elle avait disparu au XIe siècle.

Dans ce domaines, les points importants à observer sont les suivants, surtout compte tenu de l’ambiguïté de l’expression « notes tironiennes », en particulier dans les présentations rapides de l’histoire des systèmes tachygraphiques, souvent répétitives et vieillies.

(1) Sur la tachygraphie de Tiron lui-même et des Romains, antérieurement sans doute à Tiron, pour transcrire les discours au Sénat, devant les tribunaux, on ne sait pratiquement rien.
(2) Les notes dites tironiennes du Moyen Âge ont dû reprendre des éléments antiques, mais ont donné lieu à une prolifération plus ou moins anarchique propre. Et il n’est pas certain qu’elles aient eu un intérêt proprement tachygraphique. Les gloses tironiennes dans les manuscrits visaient un autre objectif, celui de bien distinguer le texte lui-même et les ajouts interlinéaires de divers types.

Il faut consulter là-dessus la remarquable et claire synthèse innovatrice de Denis Muzerelle, Les notes tironiennes, 2006, révisé 2015, qui avait été mentionnée dans la rubrique sur les notes tironiennes ici, par lepetitstenographe en 2007 (Les sites amis > De quoi en perdre son latin).
https://irht.hypotheses.org/199

Les notes tironiennes romaines devaient être fondamentalement logographiques : tel signe correspond à tel mot. C’est ce principe qui a dû être aussi utilisé pour les « tironiennes » médiévales (d’où le nombre considérable), mais ensuite ça a évolué vers un traitement sylllabique.

Muzerelle : « Les mentions de cette époque se rencontrent dans tout le domaine de la Romania occidentale : Gaule franque, Italie gothique, Espagne wisigothique ; on n’en a pas signalé d’exemple avéré dans les îles Britanniques. Les prétendues « notes tironiennes » introduites par les copistes irlandais dans leurs manuscrits montrent en réalité que ceux-ci n’ont jamais vraiment eu connaissance du système : il ne s’agit que de cinq ou six mots qui apparaissent sous une forme très déformée. En Italie, en revanche, ces systèmes ont partiellement survécu au raz-de-marée du système carolingien, en évoluant vers un fonctionnement entièrement syllabique ».

Et encore : « Il se produit alors une sorte de « révolution », qui n’a guère été mise en lumière jusqu’à présent, et qui fait entièrement basculer le monde des notes. Leur utilisation passe des mains du personnel administratif entre celles des érudits lettrés. Ceux-ci découvrent vite les avantages qu’elles présentent pour l’annotation des textes – qui est le fondement de tout travail intellectuel. Le gain d’espace permet de loger facilement les remarques et commentaires entre les lignes ou dans les marges ; l’aspect spécifique des notes élimine le risque (très réel, comme le montre la tradition de bien des textes) de voir une annotation interprétée comme une correction ou un ajout, et de la retrouver interpolée dans une copie ultérieure. Deux niveaux de lecture se distinguent ainsi facilement : tout ce qui est en notes (ou en comporte) est étranger au texte et ne doit pas être retranscrit avec lui ».

Sur le principe d’élaboration des notae à partir d’éléments sélectionnés dans le tracé complexe (ductus) des lettres latines (en associant deux tracés continus, avec un lever de plume, on obtient une lettre latine manuscrite, bien différente évidemment des « majuscules » monumentales gravées que nous avons à l’esprit), on lira la superbe démonstration de Muzerelle. Muzerelle appelle ce tracé retenu un « glyphon ».


Dernière édition par mttiro le Dim 14 Avr 2019 8:12 am; édité 1 fois
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mttiro



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MessagePosté le: Dim 14 Avr 2019 8:11 am    Sujet du message: Écriture syllabique de Gerbert Répondre en citant

Je m’aperçois trop tard que j’ai donné un titre idiot à cette rubrique. L’écriture de Gerbert n’est pas alphabétique, mais, comme je le dis dans mon post, syllabique !
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mttiro



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MessagePosté le: Dim 14 Avr 2019 8:12 am    Sujet du message: Écriture Gerbert Répondre en citant

Je viens de corriger le nom de la rubrique.
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