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Psychologie, neurologie et sténographie

 
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mttiro



Inscrit le: 27 Sep 2011
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MessagePosté le: Mer 30 Nov 2011 2:40 pm    Sujet du message: Psychologie, neurologie et sténographie Répondre en citant

Les études psychologiques sur la manière dont opère l'écriture et la lecture des documents sténographiées sont pratiquement impossibles à trouver. Un spécialiste de la lecture, que j'ai consulté, n'en connaissait aucune. Et, la sténographie étant moribonde, on voit mal comment on pourrait obtenir le financement d'un programme de recherches sur ces sujets, pourtant très intéressants en eux-mêmes.

Voici toutefois ce que j'ai pu trouver :

1)

Le hasard d'une observation neurologique a permis à des neurologues suisses, en particulier Marianne Regard et Theodor Landis, de décrire le cas d'un patient sténographe souffrant d'une alexie pure.

L'alexie pure est une forme d'aphasie (trouble de la parole ou de l'écriture) décrite ainsi dans un lexique de neuropsychologie :
Trouble spécifique de la discrimination et de la reconnaissance des stimuli visuels qui constituent la langue écrite. Le trouble de la lecture affecte la compréhension du langage écrit et la transposition visuo-phonatoire (lecture à haute voix). L'alexie peut être différentiellement manifeste pour la lettre, le mot et la phrase. Ce trouble a été décrit comme une aphasie ou encore une agnosie spécialisée, et s'accompagne d'un trouble de la copie et d'une acalculie, et parfois même d'une agnosie visuelle pour les objets et les couleurs. Il n'y a toutefois pas de déficit associé au niveau de l'expression orale, sauf peut-être un léger manque du mot. L'écriture spontanée et l'épellation sont préservées.

Voici les références de l'article et le résumé :

Regard, M., Landis, T., & Hess, K. (1985) Preserved stenography reading in a patient with pure alexia. A model for dissociated reading processes. Archives of Neurology, 42, 400-402.

Résumé / Abstract
Un sténographiste chevronné qui avait présenté des métastases cérébrales souffrait d'une alexie pure pour l'impression normale mais pouvait encore lire la sténographie avec facilité. Il est suggéré que spécialement les propriétés visuospatiales de la sténographie rendent possible la lecture «alternative» très probablement par l'hémisphère droit.


2)

Voir également l'article suivant. L'expérience a consisté à présenter au patient, pour l'œil droit et pour l'œil gauche des sténogrammes, avec un temps de présentation qui a été varié. Les auteurs ont constaté que, suite à la réduction du temps de présentation, le patient sténographe passait à l'hémisphère droit pour reconnaître les sténogrammes. (RVF = right visual field, LVF = left visual field).

Regard, M., Landis, T., Graves, R., Dissociated hemispheric superiorities for reading stenography vs print. Neuropsychologia 1985; 23(3):431-5.

Abstract
In two lateralized tachistoscopic lexical decision experiments at different exposure durations, we found for high-frequency function words written in stenography a shift from a RVF advantage at long exposures to a LVF advantage at short exposures, while for the same words written in print a strong RVF effect persisted. We suggest that a reduction of exposure duration, together with the strong visuo-spatial features in stenography, activate right-hemispheric word recognition. Stenography, a non-orthographic and syllabic-ideographic writing system, could be a model to investigate different hemispheric reading processes in Western subjects.


3)

Dans l'étude suivante (sur le même patient ?), il ne s'agit plus de perception, mais de production. Une étude sur tablette montre que le malade éprouve de gros problèmes quand il s'agit de tracer des lettres et de chiffres. En particulier il remplace une lettre par une autre pour les minuscules b, p, d, q. A côté de ça, il continue à tracer très bien le sténogrammes. Il semble donc qu'on doit distinguer deux stratégies, l'une pour tracer les lettres et les chiffres, et l'autre pour tracer les trajectoires en deux dimensions dans les dessins et pour les symboles autres que les lettres et chiffres.

Pascal Zesiger, Marie-Dominique Martory, Eugene Mayer, Writing without Graphic Motor Patterns: A Case of Dysgraphia for Letters and Digits Sparing Shorthand Writing. Cognitive Neuropsychology, 14, 5 (1997), 743-763.

Abstract
This paper reports the case of a patient HP who presents a dysgraphia affecting the production of letters and digits while sparing shorthand writing. HP's writing impairment is two-fold. On one hand, HP produces systematic letter substitutions affecting exclusively lower-case letters b, p, d, and q. Such confusions are also observed in tasks assessing the mental imagery of letters and the processing of visually presented, isolated letters. This deficit is attributed to a circumscribed disruption of allographic representations. On the other hand, HP can write correctly formed letters and digits but the production of these symbols is slow and nonfluent. This disturbance was investigated by using a digitising tablet to record movements performed in grapho-motor production. The results of the analysis of temporal and kinematic indices suggest that graphic motor patterns of letters and digits are no longer available to this patient, whereas motor patterns underlying the production of shorthand seem unaffected. It is suggested thatthere are two ways for producing spatially well-formed symbols. One route is mediated by graphic motor patterns and the other by a motor planning system that would be used in other tasks involving the generation of 2D trajectories as in drawing or in tracing unfamiliar symbols.
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mttiro



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MessagePosté le: Mer 30 Nov 2011 2:44 pm    Sujet du message: L'homunculus, la mémoire musculaire Répondre en citant

L'homunculus de Penfield met en évidence l'importance neurologique de la main et de la bouche. Par ailleurs, pour la mémoire musculaire, voir (2).


1) Importance de la main

L'importance de la main ne fait pas de doute. Des vieux travaux du neurologue canadien Penfield ont abouti à la représentation de l'Homunculus de Penfield, une représentation d'un bonhomme dont les organes sont proportionnés au nombre de cellules corticales qui leur correspondent.

Il y a en fait deux homunculus, l'homunculus moteur, qui concerne les commandes musculaires, et l'homunculus sensitif (ou somesthésique), qui concerne les sensations.


Homunculus moteur :
http://lecerveau.mcgill.ca/flash/d/d_06/d_06_cr/d_06_cr_mou/d_06_cr_mou_1b.jpg
http://www.psywww.com/intropsych/ch02_human_nervous_system/homunculus.html

Homunculus moteur et homunculus sensitif côte à côte :
http://plasticite-cerebrale.tripod.com/homonculus.htm
http://www.cs.uta.fi/~jh/homunculus.html

Représentations en 3D des deux homunculus :
http://www.autismindex.com/Therapies/Therapy_Key_Word_Site_Map/sensory/motor_sensory_homunculus.html

Comparaison des homunculus de divers animaux :
http://animatum.fr/index.php/blog/22-un-concept-dhomonculus

Une vidéo insolite :
http://www.dailymotion.com/video/x9932c_el-homunculo-de-penfield_school?from=rss


2) Mémoire musculaire

http://en.wikipedia.org/wiki/Muscle_memory

Egalement ceci, qui indique les modifications cellulaires liées à l'entraînement musculaire :
http://en.wikipedia.org/wiki/Muscle_memory_(strength_training)

Désolé pour l'anglais, Wikipedia français n'en a pas l'équivalent. Ça se trouve peut-être sous un autre nom.

Deux notes sur le premier article :

a) Dans la section sur les instrumentistes, ceci intéressera certains habitués du forum : "On a souvent observé que lorsqu'un pianiste entend un morceau qu'il a beaucoup travaillé, il peut arriver que le mouvement des doigts correspondant soit activé".

b) Les exemples donnés en début d'article pour des activités exigeant une bonne mise en place de la mémoire musculaire : la fameuse maîtrise de la bicyclette, celle de la dactylographie, d'un instrument, des jeux vidéo, d'un Rubik's Cube.

Chose amusante et significative, est omis (y compris ensuite dans le corps de l'article) le cas de loin le plus important, le plus spectaculaire, répandu chez pratiquement tous les êtres humains (peut-être 99,9 %), et, sous une forme plus avancée, chez peut-être la moitié, voire les deux tiers de la population mondiale. On y est tellement habitué que, on le voit, les scientifiques eux-mêmes n'y pensent même pas.
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mttiro



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MessagePosté le: Jeu 15 Déc 2011 12:52 pm    Sujet du message: Autre cas, différent, de dysgraphie Répondre en citant

Je trouve un autre cas d'aphasie, publié en 1997, qui diffère complètement du cas suisse, ce qui incite à une certaine prudence pour les conclusions qu'on pourrait tirer à partir d'une généralisation hâtive à partir d'un nombre nécessairement faible de cas cliniques (il faut observer des sténographes aphasiques, ce qui combine deux variables).

Miceli G. ; Capasso, R. ; Ivella, A. ; & Caramazza, A. : Acquired dysgraphia in alphabetic and stenographic handwriting.
Cortex. Juin 1997, 33(2) : 355-67.
[Istituto di Neurologia, Università Cattolica, Roma]

Résumé anglais ici :
http://www.ncbi.nlm.nih.gov/pubmed/9220265


Une femme sténographe professionnelle a subi une attaque, à la suite de quoi elle souffre d'une dysgraphie, trouble de la représentation écrite des mots. Il y a atteinte de la correspondance phonologie / graphie pour l'écriture alphabétique usuelle. On constate des transpositions de signes. Or ces troubles affectent non seulement l'écriture usuelle, mais également l'écriture sténographique. La conclusion est que, dans les cas de personnes utilisant plusieurs codes graphiques (par exemple écriture courante / sténographie ; japonais : kanji / kana), tous les codes sont affectés, le tampon graphémique étant atteint dans son fonctionnement.

Note explicative :
Dans une des modélisations de l'activité d'écriture proposée par les psychologues cognitivistes, la mémoire tampon graphémique ("graphemic buffer") est le système où est stockée "la représentation graphémique du mot pendant le temps nécessaire à l'exécution de la réponse motrice", donc à court terme.
http://willy.lafran.pagesperso-orange.fr/ecriture.html

Sur la complexité possible de la représentation graphique dans l'écriture usuelle :
http://www.ncbi.nlm.nih.gov/m/pubmed/2282774/?i=6&from=/9220265/related
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