mttiro
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Posté le: Sam 19 Nov 2011 11:52 am Sujet du message: Henry James et le sténographe ? |
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Dans mon billet sur la Sténographe Sexy, j'ai cité l'article
http://www.nytimes.com/2003/06/22/movies/film-pert-sexy-and-still-eager-to-be-dictated-to.html?pagewanted=all&src=pm
L'article a l'intérêt de rappeler les noms d'écrivains qui ont dicté leur œuvre en partie (pas toujours à des sténographes) : Milton, Tolstoy, Dostoievsky (on l'a vu ailleurs), Henry James, et, dans un genre un peu différent, Barbara Cartland ; on pourrait ajouter par exemple Montesquieu, Stendhal. Et le cas remarquable de Thomas d'Aquin, dont je traite ici :
http://forumsteno.vosforums.com/post4384.html#4384
Dans le cas du romancier Henry James, handicapé à parti d'un certain moment par un problème de rhumatisme du poignet droit, les amis de l'écrivain ont prétendu que la dictée au sténographe avait changé son style, et qu'ils étaient capable de dire à parti de quel chapitre du roman "What maisie Knew" James avait été obligé de passer à la dictée. Mais des critiques moins prompts aux sauts intellectuels ont fait observer que ces longues phrases si complexes, pré-proustiennes, existaient déjà avant l'affaire du rhumatisme. L'engagement du secrétaire a pu amplifier une tendance qui était déjà là.
En fait Henry James a eu trois secrétaires successifs, un homme, William MacAlpine depuis février 1897, véritablement sténographe, puis deux femmes, Mary Weld, et ensuite, pendant neuf ans, jusqu'à la mort du romancier, Theodora Bosanquet, toutes deux dactylos, mais ne connaissant pas la sténo. On dit qu'elles revenaient moins cher que MacAlpine, à qui fut dicté le terrifiant "The Turn of the Screw" (Le Tour d'écrou).
Certaines sources disent que McAlpine tapait directement à la machine Remington. Est-ce parce que l'existence même de la sténographie a disparu de la conscience de certains auteurs ? Car sinon, pourquoi engager un sténographe payé assez cher et qui ne sténographie pas ? Une version, qui semble la bonne, est que James a d'abord dicté à McAlpine (sténographe de presse), qui notait à la main en sténographie, puis que James a très vite acheté une Remington, probablement une Standard n° 6,
http://machinesoflovinggrace.com/rems.htm
machine alors fort chère, comme James le fait observer dans une lettre à une connaissance,
et que dès lors McAlpine, renonçant à la sténo, a tapé directement sous la dictée.
MacAlpine aurait donc arrêté d'utiliser la sténographie. Et le fait que les deux secrétaires suivantes aient été payées moins cher s'expliquent peut-être aussi par le fait que c'étaient des femmes.
Même quand James finit par aller mieux et par être capable d'écrire à nouveau, il continua à recourir aux services des secrétaires, même pour ses lettres. |
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