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Abréviation par omission de mot

 
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mttiro



Inscrit le: 27 Sep 2011
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MessagePosté le: Mer 23 Nov 2011 3:43 pm    Sujet du message: Abréviation par omission de mot Répondre en citant

Dans le Cours théorique et pratique de sténo-métagraphie (Duployé-Institut), des sténographes anversois van den Bosch et Camby (1908), on trouve les techniques abréviatives suivantes (page 46), concernant des structures très fréquentes en français (compléments de nom) :
abréviation par omission d'un ou deux mots et positionnement par rapport à la ligne d'écriture.

Je n'arrive pas à localiser ça dans Hautefeuille & Ramade (dénué d'index, donc pas si facile que ça à explorer).

http://www.archive.org/stream/coursthoriqueet00duplgoog#page/n56/mode/2up

1) Quand "de" / "d'", "du", "de la", "de l'" s'interposent entre deux mots, ils sont omis, et les deux mots sont rapprochés, sur la ligne d'écriture.

Exs. :
"un homme [de] cœur", "le veau [d']or", "la chute [du] jour", "les héros [de la] fête", "le jour [de l']an"


2) Quand "des" s'interpose entre deux mots, il est omis, mais le deuxième sténogramme est placé à côté de la fin du premier sténogramme, un peu en-dessus ou en-dessous de la ligne d'écriture.

Exs. :
"la vie [des] hommes", "le fond [des] mers", "la chute [des] neiges", "le jour [des] Morts"

Ces deux règles sont enseignées dès les page 16 et 28, dans la partie "Phonographie" ("intégrale"), et rappelées au tout début de la deuxième partie ("Métagraphie").

Questions :

Ces conventions étaient-elles standard il y a cent ans ? Pas en France ?
On-elles été supprimées par la suite ? Ou sont-elles toujours en usage ?
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fred



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MessagePosté le: Mer 23 Nov 2011 11:50 pm    Sujet du message: Répondre en citant

La Métagraphie a subi forcément des évolutions. De plus, comme ses partisans se démarquaient de l'auteur de la méthode (Duployé a toujours grogné contre les abréviations), chacun prenait ses aises et inventait des règles abréviatives à son gré. Certains les éditaient, et se faisaient ainsi un nom.
Après la guerre, la France a décidé de mettre un peu d'ordre dans toutes ces abréviations, et, en n'en choisissant que quelques unes, a décidé d'une codification. Je ne sais pas exactement comment ça s'est fait, mais ça n'a pas dû être une partie de plaisir !
Les étrangers n'ont pas forcément suivi, et ont pu garder des règles différentes.
Les règles que vous évoquez ici ne sont pas comprises dans la codification française.
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mttiro



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MessagePosté le: Jeu 24 Nov 2011 8:42 am    Sujet du message: Omission du "de" Répondre en citant

Merci à Fred de confirmer que ces deux abréviations ne font pas partie de la codification française d'après-guerre.

Est-ce que, effectivement c'était un truc de Duployéistes en dehors de France ?

La commission qui a établi la codification, qui connaissait certainement ce truc, l'a-t-elle rejetée à cause de son origine externe ? L'hypothèse n'est pas sans plausibilité, car elle se retrouve ailleurs dans le domaine langue et écriture : en matière lexicographique, les maisons d'édition françaises ont attendu longtemps pour feindre de s'apercevoir que leurs dictionnaires auraient avantage à tenir compte des belgicismes, helvétismes, canadianismes, sénégalismes les plus courants, et à signaler certains problèmes d'inter-compréhension (je me souviens du quiproquo horrible avec un Québecquois devant qui j'avais parlé de "mes gosses").

Mais le livre a été édiité par l'Association sténographique duployenne anversoise en 1906 (plotôt que 1908). Dans la préface, les deux sténographes belges ne mentionnent aucune particularité locale. Ils indiquent que la métagraphie est "un système abréviatif rédigé par une commission d'examen spécialement constituée à cet effet par l'Institut sténographique de France", et, pour plus d'abréviations, renvoie au Traité de sténographie parlementaire de l'Institut sténographique de France.

La technique a-t-elle été rejetée parce qu'il y avait de bonnes raisons ? Ou parce que, dans la commission, M. Machin, très influent, n'aimait pas ce truc-là ? Quand on sait comment fonctionnent les commissions, on n'ignore pas que leurs décisions peuvent dépendre de ce genre de considérations. Il faudrait disposer de publication duployéistes de France avant la guerre pour savoir si van den Bosch & Camby étaient atypiques ou pas.

Bien que je n'aie pas du tout la pratique qui me permettrait de juger de ces choses sur la base de l'expérience, je me hasarde à avancer, en néophyte, que ces deux abréviations ont l'air bien trouvées, faciles à mémoriser et à appliquer. La façon de distinguer le singulier du pluriel dans le deuxième nom est astucieuse. Et on peut imaginer que, à la relecture, on n'ait pas trop de problèmes. C'est du "style télégraphique". Et au fond, le style télégraphique est la plus évidente des techniques abréviatives, avant l'établissement des sténogrammes, le recours à des abréviations officielles pour une série de mots, et la simplification des sténogrammes dans le degré avancé.

Alors je suis un peu étonné qu'on s'astreigne à écrire le "de", etc. Hautefeuille & Ramade le font tout à la fin des textes d'exemple.

Les mots "de", "des", "du" font partie des 10 mots les plus fréquents du français. Les règles dans van den Bosch & Camby ne concernent pas tous les "de", "d'", "de la", "de l'", "du", "des", mais uniquement ceux qui sont "entre deux mots", donc pas ceux qui sont au commencement d'une phrase. Mais à part cette restriction minoritaire, les règles concernent aussi bien la très fréquente structure de groupes nominaux à complément de nom ("inventeur de la méthode", "ami des animaux", "femme du président", "tuyau de l'aspirateur") que la structures à partitif ("En dessert, nous avons de la charlotte aux fraises, du sorbet au citron et des macarons"). Supprimer les "de" &c. transforme localement le français en quelque chose comme du chinois, du vietnamien, et des tas de langues qui se passent de préposition dans ces cas-là, et font une juxtaposition. Ça ne doit pas créer beaucoup d'ambiguïtés, surtout si on applique les conventions spatiales, qui permettent de bien distinguer "le défaut du français" et "le défaut des Français".

Il faut reconnaître que se pose la question de distinguer à coup sûr "le défaut français" et "le défaut du français", parce que ça suppose une bonne maîtrise de l'espace entre les deux sténogrammes (standard dans le premier cas, réduite dans le deuxième), qui est peut-être difficile à conserver à grande vitesse. Ceux qui s'y connaissent pourront nous le dire.
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mttiro



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MessagePosté le: Jeu 24 Nov 2011 8:55 am    Sujet du message: Précision sur les Anverssois Répondre en citant

Précision supplémentaire sur le manuel anversois. A la fin de leur petite histoire de la sténographie,
en tête du livre, il est dit ceci :

"[La sténographie Duployé] est un système à deux degrés, permettant de représenter à son premier degré
tous les sons intégralement et sur lesquels ont été greffés, comme second degré, plusieurs procédés abréviatifs
dont les plus importants et les mieux connus sont ceux de Canton, Buisson, H. Dupont, mais surtout
la Métagraphie publiée par l'Institut Sténographique de France et que nous exposons dans ce manuel classique."

Van den Bosch & Camby ne déclarent donc pas se démarquer de leurs collègues français.
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mttiro



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MessagePosté le: Jeu 24 Nov 2011 4:33 pm    Sujet du message: Omissions, et généralisations Répondre en citant

J'ai repris l'ouvrage suivant, que j'avais provisoirement égaré :
Ch. Giraudon, Cours complet de sténo-métagraphie (méthode Dupoyé-Institut) à l'usage des écoles de commerce, des écoles primaires supérieures et des cours publics des associations sténographiques. 17ème édition,144 pages. Editeur : Georges Maurin, Montpellier, Imprimerie de la Charité, sans date. Mon édition pourrait dater peut-être des années 1920, et le livre est antérieur à la codification de 1945.

Au début de la deuxième partie ("Les tracés abréviatifs"), page 53, je lis ceci :

"Certains sténographes suppriment les mots "du", "de la", "de l'", "des", mais nous ne recommandons pas cette élimination qui n'a pas un grand avantage au point de vue de la rapidité de l'écriture et qui nuit parfois, lors de la transcription des textes".

Observations sur cette indication, dans un manuel qui par ailleurs, sur divers points, est supérieur aux Hautefeuille & Ramade 1976, 1991 (j'y reviendrai peut-être).

1) Giraudon ne mentionne que la suppression, sans indiquer que, au moins selon van den Bosch & Camby, elle s'accompagne d'une convention spatiale. Giraudon connaissait-il la version van den Bosch & Camby ou une autre version de pure suppression sans compensation par l'effet d'une convention spatiale ?

2) Giraudon affirme que la suppression n'améliore guère la rapidité. Est-ce si sûr ? Si les groupes nominaux à complément de nom sont fréquents, on doit gagner un petit quelque chose à chaque apparition, et, les petits ruisseaux faisant les grandes rivières... Tel est du moins le principe qui est annoncé par les sténographes dans des cas similaires. Donc pourquoi ne s'appliquerait-il pas ici aussi ?

3) Plus fort peut-être est l'argument concernant d'éventuelles difficultés de relecture. Je suis incapable de trancher, mais, au moins à première vue, est-ce qu'il est si difficile de se relire si on a sténographié à partir d'un supposé :
"le premier sténogramme est placé à côté fin premier sténogramme" (un bout de phrase de mon premier billet ci-dessus)
au lieu de
"le premier sténogramme est placé à côté de la fin du premier sténogramme" ?

Dans le fort sérieux Aide-mémoire de rédaction législative, sur le site gouvernemental de la Confédération suisse, je trouve cette phrase facétieuse :
"Les dispositions [de la] présente loi s'appliquent à l'oncle [de la] bicyclette [[à]] Jules".
Si on supprime ce qui est entre crochets et même entre double crochets, est-ce que la lisibilité est altérée ? Les compléments de noms peuvent s'enchaîner comme dans "la boîte de la fille des voisins". Si j'écris "la boîte fille voisins" (avec la convention spatiale qui garantit la relecture de "voisins" au pluriel et non "voisin" au singulier), je peux récupérer la version longue sans difficulté, puisque en français les expansions se font généralement vers la droite, ce qui modifie étant placé après ce qui est modifié.

Sur ce Forum, en date du 11 mai 2007 (fil de discussion "Abréviation"), Duployean écrivait :
"Le système codifié n'est ni celui que j'ai appris, ni celui que j'ai utilisé. Je m'en tiens au code, car c'est le seul système agréé pour l'enseignement, et je suis content de le faire dans le cadre de ce forum. Je me vois mal expliquer aux débutants que l'abréviation VOUS ne s'écrit pas si on peut induire la présence du pronom personnel du contexte, de même pour la préposition DE, le IL impersonnel etc, etc ....".

Donc Duployean, formé par des professeurs qui se moquaient de la codification, pratiquait la suppression du "de" (j'ignore si c'était une suppression pure et simple, ou avec modification spatiale). Ce qui m'étonne un peu, c'est sa remarque sur les débutants, qui seraient troublés par ladite suppression. Dans la phase initiale, je trouve évidemment normal que le débutant écrive les "de", et d'ailleurs qu'il écrive tout, la Duployé intégrale le permettant. Mais dans une phase seconde, et cela avant même l'apprentissage des techniques métagraphiques pour compresser les mots, pourquoi ne pas imiter van den Bosch & Camby ? A fortiori quand il aura maîtrisé la métagraphie.

Dans le billet de Duployean, noter aussi la suppression du "il" impersonnel. C'est très judicieux : "[Il] pleut à verse", "[Il] est difficile de se relire", etc. Je n'imagine guère de problèmes d'ambiguïté. On "italianise" ici le français sans dommage. Et pour le deuxième exemple, pourquoi ne pas aller jusqu'à "Difficile se relire" ? Pas mal de langues fonctionnent ainsi sans dommage. Le latin pouvait le faire : "Dulce pro patria mori" = "[Il] [est] doux [de] mourir pour [la] patrie". Bon, si vous préférez : "Dulce pro patria vivere".

Maintenant pour ce que Duployean dit de la suppression de "vous", il est vrai que, dans le cas où un verbe suit, alors sa forme conjuguée permet d'inférer automatiquement la présence du pronom : "[Vous] mangez au restaurant ?", "[Vous] comprenez où je veux en venir ?". Evidemment, il faut inspecter ça de plus près. L'inférence ci-dessus est infaillible à cause de l'orthographe "-ez" de la terminaison. Il peut en aller différemment quand on transcrit la prononciation. En plus, dans un système Duployé qui ne distingue plus "é" de "è", on n'a pas les moyens de distinguer "mangez" de "mangeais", "mangeait", "mangeaient", "mangeai", sans même parler de "mangé" et de "manger", avec cette plaie des verbes du 1er groupe, classe hélas la plus productive. Je ne poursuis pas. Je me borne à indiquer en passant que, dans une langue comme le japonais, on omet très fréquemment les pronoms personnels, et, malgré le fait que le verbe, à un des deux temps (présent ou passé) reste complètement invariable ("tabemasu" = je mange, tu manges, il/elle mange, nous mangeons, vous mangez, ils/elles mangent), les Japonais ne semblent pas tellement souffrir de quiproquos perpétuels ; sinon leur civilisation aurait implosé depuis longtemps. La situation ou le contexte linguistique ou les deux, permettent facilement de s'y retrouver en général, sinon on précise.
http://fr.wikipedia.org/wiki/Pronoms_personnels_japonais

Quoi qu'il en soit des détails à regarder de près, au fond, le principe qui gouvernait la pratique de Duployan dans cette matière n'est pas très différent de celui qu'on applique pour la suppression de "ne" dans la (curieuse) négation enveloppante du français "ne... pas".

Dans sa généralité, le principe pourrait se formuler comme suit. Si, en français, la présence de A (ou de A, B...) implique nécessairement P, alors on peut supprimer P en étant sûr de pouvoir le récupérer, à condition de savoir où localiser P. La condition est importante. En effet, si je supprime les parenthèses fermantes (ou les balises fermantes en HTML) sous prétexte que leur présence est nécessairement impliquée par la présence des parenthèses ouvrantes (ou les balises HTML ouvrantes), je suis dans la panade, parce que le principe brut ne me permet pas de savoir où se place la parenthèse fermante.

Dans le cas de "ne... pas" au contraire, je sais faire, même si le "pas" est séparé du verbe par un adverbe ("Je ne comprends généralement pas ce genre de propos"), parce que ma connaissance (inconsciente ou pas) de la grammaire française me permet de procéder infailliblement à des "analyses" grammaticales ultra-rapides qui font surgir le "ne" là où il faut, juste devant le verbe, même si le verbe est éloigné de "pas".

En effet, malgré l'inexistence d'études en psychologie de la perception chez les sténographes (j'en ai cherché, mais ça semble ne pas exister), je suppose que le sténographe qui relit son texte sténographié le fait comme le lecteur normal qui lit un texte en écriture courante : il anticipe un peu sur ce qui va suivre. Si bien que s'il lit "Je sais pas", quand il se fixe sur "sais", sa vision (à peine) périphérique englobe "pas" dans le percept au point de fixation (on lit par saccades, comme Emile Javal l'avait prouvé dans sa publication de 1905). Alors, voyant "pas" à droite de "sais", il comprend qu'il faut rétablir "ne" à la gauche de "sais".

Ce principe général gouverne la rédaction en "style télégraphique" et en "langage SMS", généralement assez peu ambigus.

[Note généralisante - Ce principe est d'une telle généralité qu'il gouverne également, en premier lieu, les expressions produites dans des domaines symboliques non-linguistiques : ainsi les expressions logiques et mathématiques en notation polonaise ou en notation de logique combinatoire : on se passe de parenthèses parce que les règles présidant à la construction des expressions permettent de les rétablir sans aucune ambiguïté dans leur placement. Ce sont donc des notations "brachygraphiques" au sens le plus général du terme.

Un pas de plus, et, en généralisant encore, on entre dans le domaine général de la "redondance" au sens de la théorie de la communication (Shannon et la suite), où il est question d'"information" dans un sens un peu particulier. Alors c'est sur la base de ce genre de principe qu'on peut effectuer des compressions de fichiers en informatique. C'est, si vous voulez, de la "brachygraphie" de fichiers.

L'idée, extension légère du principe ci-dessus, est celle-ci : ce qui est omissible sans perte significative d'information (condition importante, là encore) peut être omis. L'application du principe dans la compression de fichiers images ou audio est très élégante. Si vous prenez un fichier audio très riche et que vous le compressez, compte tenu des propriétés psycho-acoustiques du système oreille / cerveau humain, seuls des auditeurs exceptionnels vont très vaguement détecter une différence de qualité. Même l'encodage MP3 est faiblement "destructeur".

Si, dépouillés de leur originalité par ces observations, les sténographes (et tachygraphes en général) se sentent tout malheureux, on va aimablement renverser les choses pour leur remonter le moral, et dire qu'ils sont des pionniers à l'avant-garde de la compression de fichiers, ce qui peut se soutenir avec tout autant de justification que la présentation inverse...].
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mttiro



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MessagePosté le: Jeu 24 Nov 2011 5:16 pm    Sujet du message: Fréquence relative de "de" Répondre en citant

Précision sur la fréquence relative de "de".

Dans le français parlé quotidien, si on prend toutes les occurrences de prépositions,
"de" en couvre la moitié à lui tout seul, les autres venant loi derrière :
"à" 14,5 %, "en" 6,7 %, "dans" 3,7 %, "par" 3,6 %, etc.

Données à partir du corpus pour l'élaboration du Français fondamental.
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mttiro



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MessagePosté le: Ven 25 Nov 2011 10:02 am    Sujet du message: Le "de" et la malariathérapie Répondre en citant

Dans "La Métagraphie codifiée au secrétariat médical" (voir mon billet "Placement sur la ligne d'écriture"), on annonce que le secrétaire médical doit observer strictement les règles de la Métagraphie, et les appliquer "dans son intégraité" à "tous les termes médicaux usuels" (souligné). Tout cela "est d'application absolue et obligatoire".

Une fois le silence obtenu dans les rangs, le résultat de ces mirifiques objurgations est qu'on écrit in extenso non seulement "tumeur", "cerveau", mais "cancérologue", "neurologue", "chirurgien", "poliomyélite", "malariathérapie".

En revanche on note avec un scrupule de maniaque tous les "de", "du", "des", dont le signe est d'une longueur remarquable. Et cela alors même que, dès le début des manuels de Duployé, il vous est enjoint d'utiliser le tracé abrégé de "pour", quoique ce mot soit moins fréquent (mais attention : "L'emploi de ces abréviations est obligatoire").

Par exemple, dans un texte appelé "Exercice récapitulatif", long de 290 mots titre compris, "chirurgien" apparaît deux fois, in extenso. On y trouve 20 "des", "du", "de" / "d'" omissibles suivant la règle énoncée dans van den Bosch & Camby, soit 7 % des mots. On s'astreint donc à écrire "injection intramusculaire DE deux ampoules DE Cortunon", "en raison DE l'état défaillant DE l'opéré".

Conformément à l'orthodoxie, on souligne les noms propres sur toute leur longueur horizontale, alors que, je me hasarderai à le suggérer timidement, on pourrait peut-être souligner la fin, comme en SFEA.

A côté de ça, on a soigneusement fourni, à nouveau, en début d'opuscule, pour l'édification du futur secrétaire médical, la sempiternelle liste d'abréviations conventionnelles concoctée par le Comité Théodule. On se délecte d'y trouver, perles scintillantes de cet écrin, les vocables suivants, dont il est bien connu que les milieux médicaux sont hautement friands :
"agriculture", "commerce", "dactylographe", "expéditeur", "expédition", "gouvernement", "manufacture", "marchandise", "ministre", "ministère", "municipal", "municipaux", "municipalité", "national", "nationaux", "nationalité", "proscrit", "publicité", "publicitaire", "spectacle", "sténographe", "sténo-dactylographe", "télégramme".

Je rappelle le titre de l'ouvrage : "La Métagraphie codifiée au secrétariat médical". Sa caution est J.-H. Estoup, ingénieur de l'Ecole centrale de Paris, sténographe réviseur retraité du Sénat.

On imagine difficilement un enseignement plus fossilisé et plus routinier que celui-là, maintenu dans un état semi-comateux par de vieux croûtons arrivés à l'orée du gâtisme. N'importe quel étudiant ne peut que se révolter contre ce qui est une insulte à son intelligence. On comprend que la momification du cadavre ait suivi de peu le décès de l'intéressé.
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mttiro



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MessagePosté le: Mar 13 Déc 2011 11:21 am    Sujet du message: Explication sur le "de" non omis Répondre en citant

Je retrouve sur ce forum, en date du 21 janvier 2008, un billet de Duployean où, commentant un texte de Jean-Baptiste Estoup (1868-1950), il explique ceci :

"A l'époque, il existait une autre version de la métagraphie dans lequel la prépostion DE était indiquée par la position du sténogramme suivant. Estoup n'aimait pas cette règle car pour lui le signe de consonne D, mieux encore DS, était un moyen sûr de rester sur la bonne ligne d'écriture à 180 m/m ou plus."

Cette justification paraît excellente au profane que je suis. Mais si quelqu'un veut sténographier en Duployé à un vitesse considérablement inférieure à celle qu'Estoup père a en tête, alors la disparition de la convention d'effacement du "de", officialisée dans l'enseignement français de la Duployé, peut être un peu regrettée. C'est un des éléments basiques des "styles télégraphiques".
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kimou



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MessagePosté le: Jeu 05 Jan 2012 12:46 pm    Sujet du message: Re: Abréviation par omission de mot Répondre en citant

mttiro a écrit:
Dans le Cours théorique et pratique de sténo-métagraphie (Duployé-Institut), des sténographes anversois van den Bosch et Camby (1908), on trouve les techniques abréviatives suivantes (page 46), concernant des structures très fréquentes en français (compléments de nom) :
abréviation par omission d'un ou deux mots et positionnement par rapport à la ligne d'écriture.

Je n'arrive pas à localiser ça dans Hautefeuille & Ramade (dénué d'index, donc pas si facile que ça à explorer).

http://www.archive.org/stream/coursthoriqueet00duplgoog#page/n56/mode/2up

1) Quand "de" / "d'", "du", "de la", "de l'" s'interposent entre deux mots, ils sont omis, et les deux mots sont rapprochés, sur la ligne d'écriture.

Exs. :
"un homme [de] cœur", "le veau [d']or", "la chute [du] jour", "les héros [de la] fête", "le jour [de l']an"


2) Quand "des" s'interpose entre deux mots, il est omis, mais le deuxième sténogramme est placé à côté de la fin du premier sténogramme, un peu en-dessus ou en-dessous de la ligne d'écriture.

Exs. :
"la vie [des] hommes", "le fond [des] mers", "la chute [des] neiges", "le jour [des] Morts"

Ces deux règles sont enseignées dès les page 16 et 28, dans la partie "Phonographie" ("intégrale"), et rappelées au tout début de la deuxième partie ("Métagraphie").

Questions :

Ces conventions étaient-elles standard il y a cent ans ? Pas en France ?
On-elles été supprimées par la suite ? Ou sont-elles toujours en usage ?


---

Du plus loin que se portent mes souvenirs (années 70), la Méthode Hautefeuille n'omettait pas les articles compris entre deux mots (ex. : un homme de coeur).

Par contre, on avait l'obligation de séparer le "l'" du "mot" - en effet, cela permettait de savoir que le mot était précédé par l'article "l'" - "d'"

exemple : "l'article" : "d'" "envergure" : "d" + "envergure".

On ne séparait pas, bien sûr, "à l'" et le mot qui suit :
"alimpression"
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kimou



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MessagePosté le: Jeu 05 Jan 2012 12:51 pm    Sujet du message: Re: Abréviation par omission de mot Répondre en citant

kimou a écrit:
mttiro a écrit:
Dans le Cours théorique et pratique de sténo-métagraphie (Duployé-Institut), des sténographes anversois van den Bosch et Camby (1908), on trouve les techniques abréviatives suivantes (page 46), concernant des structures très fréquentes en français (compléments de nom) :
abréviation par omission d'un ou deux mots et positionnement par rapport à la ligne d'écriture.

Je n'arrive pas à localiser ça dans Hautefeuille & Ramade (dénué d'index, donc pas si facile que ça à explorer).

http://www.archive.org/stream/coursthoriqueet00duplgoog#page/n56/mode/2up

1) Quand "de" / "d'", "du", "de la", "de l'" s'interposent entre deux mots, ils sont omis, et les deux mots sont rapprochés, sur la ligne d'écriture.

Exs. :
"un homme [de] cœur", "le veau [d']or", "la chute [du] jour", "les héros [de la] fête", "le jour [de l']an"


2) Quand "des" s'interpose entre deux mots, il est omis, mais le deuxième sténogramme est placé à côté de la fin du premier sténogramme, un peu en-dessus ou en-dessous de la ligne d'écriture.

Exs. :
"la vie [des] hommes", "le fond [des] mers", "la chute [des] neiges", "le jour [des] Morts"

Ces deux règles sont enseignées dès les page 16 et 28, dans la partie "Phonographie" ("intégrale"), et rappelées au tout début de la deuxième partie ("Métagraphie").

Questions :

Ces conventions étaient-elles standard il y a cent ans ? Pas en France ?
On-elles été supprimées par la suite ? Ou sont-elles toujours en usage ?


---

Du plus loin que se portent mes souvenirs (années 70), la Méthode Hautefeuille n'omettait pas les articles compris entre deux mots (ex. : un homme de coeur).

Par contre, on avait l'obligation de séparer le "l'" du "mot" - en effet, cela permettait de savoir que le mot était précédé par l'article "l'" - "d'"

exemple : "l'article" : "d'" "envergure" : "d" + "envergure".

On ne séparait pas, bien sûr, "à l'" et le mot qui suit :
"alimpression"


----

Il est vrai que pour les "l'" - "d'" : je sépare lorsque je crains ne pas arriver à déchiffrer le mot qui suit, lors de la traduction.

Je ne respecte donc pas strictement cette règle. En général, c'est rare. Juste pour certains mots qui pourraient porter à confusion.
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mttiro



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MessagePosté le: Mar 10 Jan 2012 7:31 am    Sujet du message: Suppression de petit mot en Pitman Répondre en citant

La suppression de petits mots à l'intérieur d'un groupe nominal est peut-être bien inspirée de la méthode Pitman. En effet, dans le Phonographic Instructor, Pitman indique que "of the" introduisant un complément de nom peut s'omettre en rapprochant simplement les deux noms l'un de l'autre : "a statement [of the] actual condition [of the] country".

Par ailleurs, lorsqu'il est noté, l'article défini "the" est marqué par un petit trait oblique rattaché au mot qui précède, et non pas au mot qui suit (dans des suites comme "in the", "for the", "by the", "with the", "is the", "before the").
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mttiro



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MessagePosté le: Mar 10 Jan 2012 7:38 am    Sujet du message: Gregg et la distanc eentre les sténogrammes Répondre en citant

La question du rapprochement de deux sténogrammes entre lesquels il faut suppléer un petit mot que l'on a omis peut s'envisager sous un jour différent de celui de Jean-Baptiste Estoup (que j'ai mentionné ci-dessus le 13 décembre 2011) : du point de vue du rythme personnel.

John Robert Gregg, l'inventeur de la méthode sténographique du même nom, dans ses "Gregg Speed Studies" (1917) fait l'observation suivante :
"There is a law of rhythm in shorthand writing. Every writer of shorthand, for instance,
spaces between forms with almost mechanical uniformity. The spacing may be close or wide
according to the habit of the writer, but it will be uniform in width, and retain that uniformity
even under extreme pressure. "

Dans cette perspective, on peut donc se demander si, en tout cas à grande vitesse, le sténographe ne va pas éprouver de la difficulté à varier la distance entre les sténogrammes, pour tendre à revenir à son espacement personnel favori.

Gregg continue en faisant observer que les sténogrammes notant plusieurs mots, les "blocages" (phrasing) trop longs aboutissent à contrecarrer les habitudes d'espacement du sténographe.
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