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Orientation des boucles en sténographie Duployé ?
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mttiro



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MessagePosté le: Ven 14 Oct 2011 8:28 am    Sujet du message: Orientation des boucles en sténographie Duployé ? Répondre en citant

J'ai des questions sur l'orientation de certains signes en Duployé, les boucles en l'occurrence.
On voudra bien être indulgent devant le caractère franchement soûlant de l'exposé,
dû au fait qu'il est délicat d'exprimer ces choses en paroles au lieu de faire des petits dessins.

La Duployé se présente comme exigeant un tracé fixe et unique des signes consonnantiques,
mais un tracé contextuellement variable des signes vocaliques : on dit que "les voyelles sont mobiles".
Ceci est présenté comme étant destiné à favoriser l'ergonomie des jonctions entre signes.

Non seulement au début des mots, mais aussi en fin de mot, les cercles pour /a/, /wa/, /o/
/u/ doivent être placés à droite des signes consonnantiques descendants, ceux pour /p/, /b/, /k/,
/g/, /f/, /v/. Ainsi dans "aube", "ove", "pot", "peau", "beau", "baux", "faux", "veau", "vos".

Dans les mêmes conditions, les cercles sont tracés au-dessus des signes avançants,
donc pour /t/, /d/, ainsi pour "hâte", "ôte", "ode", "taux", "dos", "toit", "doigt".

Dans les mêmes conditions, les cercles sont tracés à gauche des signes remontants,
donc pour /l/, /r/, ainsi pour "halle", "hâle", "arrhes", "or", "las", "loi", "rat", "ras", "roi".

Ces règles ont la conséquence suivante sur le sens du tracé des cercles à valeur vocalique :
dans les contextes spécifiés ci-dessus, le cercle du /o/, et du /a/ et /wa/, du /u/,
est toujours tracé dans le sens inverse des aiguilles d'une montre (sens anti-horaire, sens positif,
direct, trigonométrique, lévogyre).

Or, personnellement, si le tracé lévogyre me vient aisément pour "aube", "ove", j'ai une préférence
pour le tracé dextrogyre en ce qui concerne "dos", et surtout une préférence nette
pour le tracé dextrogyre dans "beau" et "or". Pour redire les choses autrement,
je préférerais tracer le sténogramme de "beau" comme une espèce de "j" bouclé à gauche, et non à droite.

De même, pour "hautbois", "abat", par exemple, mon tracé préféré sera lévogyre pour le signe de la voyelle initiale,
mais dextrogyre pour le signe de la voyelle finale. Ceci est interdit par la méthode,
qui exige des tracés lévogyres en fin comme au début. Pour moi, c'est cohérent, mais un peu pénible.

Maintenant, s'agissant des "consonnes enveloppantes", c'est-à-dire des configurations
dans lesquelles la voyelle à signe circulaire est flanquée d'une consonne à gauche et à droite
(donc dans le cas d'une structure phonotactique /CVC/), la règle veut que
- "si les consonnes enveloppantes ne forment pas un angle entre elles, la voyelle cercle se trace comme à la fin des mots"
- "si les consonnes enveloppantes forment un angle entre elles, la voyelle cercle se trace à l'extérieur de l'angle".

Ainsi, la conséquence du principe général de la "mobilité des voyelles", c'est que la boucle
continue à être lévogyre si les "consonnes enveloppantes" ne forment pas d'angle entre elles,
mais que la boucle va devenir dextrogyre en jonction, si on se trouve dans la configuration
à "consonnes enveloppantes" formant un angle entre elles. Ainsi dans ""gagne", "patte", "faute", "tôle", "coupe", "gosse", "pôle".

Questions :

1) Ma préférence est-elle purement personnelle, et liée à des habitudes idiosyncrasiques ?
D'autres utilisateurs réagissent-ils différemment, n'éprouvant aucun malaise devant les prescriptions de tracé canonique de la Duployé ?

2) Ma préférence est-elle dépendante d'habitudes nées avec l'expérience de l'écriture manuscrite courante ?
Il se trouve en effet que si l'écriture manuscrite française, anciennes écritures issues de l'italienne
cursive (ronde, bâtarde, coulée), ou financière, ou anglaise, ou script, ou styles mixtes plus ou moins bricolés
personnellement, favorise les tracés lévogyres pour les ronds et boucles ("o", "c", "b", "d", "q", "h", "e", etc.),
ce n'est pas vrai dans tous les cas : voir la boucle du "j", la boucle inférieure du "g", et même la boucle du "p" s'il y en a une.

Sur les écritures, voir en fin.

3) Sinon dans la doctrine officielle, du moins dans la pratique, la méthode Duployé tolère-t-elle des variantes
individuelles d!s lors qu'elles ne menacent pas la cohérence de la structure générale du système ?


Note sur les écritures manuscrites françaises

Sur les styles anciens d'écriture, voir l'Encyclopédie de d'Alembert et Diderot, planches avec l'article
"Ecritures" (arts méchaniques), ou voir ici :
http://j.poitou.free.fr/pro/html/ltn/manus-a.html
http://bibliophilie.blogspot.com/2008/09/pierre-moreau-calligraphe-graveur.html
http://onciale.wordpress.com/2009/06/03/calligraphie-ronde-prenoms/
http://www.flickr.com/photos/23416307@N04/4255961537/
http://www.flickr.com/photos/23416307@N04/4244025619/
http://alphabets-urbains.fr/specimens/theorie/
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fred



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MessagePosté le: Ven 14 Oct 2011 10:26 am    Sujet du message: Répondre en citant

Votre préférence traduit un épineux problème qui a existé jusqu'à la codification de l'après-guerre : celui de la place des voyelles. Dans les premières éditions de la méthode (intégrale, ça va sans dire) on donne bien des exemples de mots, mais la position des voyelles est surtout laissée à l'appréciation du scripteur. Néanmoins, il semblerait qu'une sorte de consensus officiel ait fixé la place des voyelles dès la fin du XIXe siècle. Or tous les exemples qu'on peut trouver de sténo Duployé (toujours intégrale, sans abréviation, la plus répandue en France) jusqu'au milieu du XXe siècle prouvent que la position des voyelles ne dépendait que de l'humeur du sténographe.
Ce n'est donc qu'au moment de la codification officielle du système, en 1945, que la place des voyelles devint obligatoire, puisque, tracées à l'envers de la règle, elles changent de signification et deviennent des groupes de consonnes.
De toute façon, la codification a imposé des règles très rigides qui ne souffrent pas d'exceptions. Voilà pourquoi, dans l'idée qu'un jour l'apprenti-sténographe puisse passer de l'intégrale à la fondamentale ou la codifiée, il n'est pas du tout conseillé aujourd'hui de placer les voyelles n'importe où ni de les tracer n'importe comment !
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mttiro



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MessagePosté le: Ven 14 Oct 2011 2:52 pm    Sujet du message: Orientation des boucles en Duployé, suite Répondre en citant

Merci à Fred pour ces informations précises sur l'histoire des pratiques. Effectivement, avant même
le Système codifié de 1945, l'image en miroir (par rapport à un axe de symétrie vertical)
du sténogramme de "aube" est celui de "verbe", l'image en miroir du sténogramme de "beau"
est celui de "bavard", l'image en miroir du sténogramme de "pas" donne "pampre".
L'image en miroir (par rapport à un axe horizontal) du sténogramme de "dos" est celui de "divers".
On est donc obligé de se plier à un tracé canonique des boucles si on veut accéder à ces conventions abréviatives
(appelées "voyelles métagraphiques" dans le livre dont il est question maintenant) .


Ne reculant devant aucun sacrifice olfactif, je me suis procuré ce matin chez un bouquiniste l'ouvrage suivant
(qui exhale odeur de vieux livre insupportable : voir note finale) :

Ch. Giraudon
Cours complet de sténo-métagraphie (méthode Dupoyé-Institut) à l'usage des écoles de commerce,
des écoles primaires supérieures et des cours publics des associations sténographiques.
17ème édition
144 pages
Editeur : Georges Maurin, Montpellier, Imprimerie de la Charité, sans date.

Autrefois, la sale manie amateuriste de beaucoup éditeurs français était de ne pas dater les livres,
mais je vois sur Internet que la première édition de ce livre remonterait à 1912, chez l'auteur.
L'opuscule comptait alors 109 pages, et il semble qu'une 3ème partie, d'exercices pour l'acquisition de la vitesse,
ait été ajoutée ultérieurement (Cotation des huiles et tourteaux, Les bienfaits de l'instruction, Transit des sucres,
Importation des semoules, Le rôle de nos colonies, La morale du petit commerce...). D'après Google Books,
ce modeste mais robuste best-seller scolaire a connu une 44ème édition, 110 pages, Maurin, 1943.

Mon édition pourrait dater peut-être de années 1920, et le livre est antérieur à la codification de 1945. Cet ouvrage
contient l'opinion suivante : "La sténographie doit être non seulement tolérée, mais encouragée ; elle doit avoir sa place
dans l'enseignement public". Ces fortes paroles sont dues à Armand Fallières, qui fut président de la République française
de 1906 à 1913, et l'auteur de cet aphorisme bon enfant mais perspicace : "La place n'est pas mauvaise, mais il n'y a pas d'avancement."

La comparaison avec mon Hautefeuille & Ramade (1976, réédité 1981) est instructive, parce que Giraudon
enseigne le signe "o et a combinés" notant /wa/ pour les débutants, qu'on trouve (Unicode officieux 1BC5C) sur :
http://en.wikipedia.org/wiki/Duployan_shorthand

Ce signe pour /wa/ n'est pas mentionné par Hautefeuille et Ramade.

Note finale sur l'odeur des vieux bouquins
Les chimistes savent tout lesremugles de vieux livres :
http://www.insoliscience.fr/?L-odeur-des-vieux-bouquins
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mttiro



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MessagePosté le: Ven 14 Oct 2011 3:22 pm    Sujet du message: Orientation des boucles en Duployé, suite 2 Répondre en citant

Denis Romulus Perrault, le sténographe canadien, dans "Quinze cents abréviations sténographiques",
Montréal, 1898, dit explicitement, pour le "o" précédé de "t" ou "d", ou etre d.d, t.t, d.t, t.d,
"s'écrit en descendant et ou en remontant". "Ceci dit, le sténographe tracera ces voyelles
dans le sens qu'il croira le plus avantageux".

http://www.archive.org/stream/cihm_11987#page/n13/mode/2up
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fred



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MessagePosté le: Ven 14 Oct 2011 3:57 pm    Sujet du message: Répondre en citant

Comme on l’a déjà dit quelque part dans ce forum, il faut se méfier des sténographes francophones, mais non Français, et de leurs productions : en effet, non seulement leur éloignement leur faisait croire qu’ils pouvaient prendre des libertés avec la méthode originale, mais ayant développé, diffusé et rentabilisé leurs méthodes sur de longues périodes, ils ne se sont guère sentis concernés par la codification, le moment venu. C’est le cas de Perrault et de ses successeurs.
En France, il y eut longtemps une guerre froide entre les partisans de l’écriture Duployé intégrale, suivant en cela les désirs du fondateur, et les tenants des procédés abréviatifs qui sont nés assez vite sous la plume des meilleurs sténographes. Voilà pourquoi des « Métagraphies » ont vu le jour assez tôt. Le problème, c’est que chacun proposait sa propre méthode. D’où les exagérations. D’où la codification de 1945.
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mttiro



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MessagePosté le: Sam 15 Oct 2011 10:48 am    Sujet du message: Orientation des tracés : voir ailleurs Répondre en citant

Sur la question des tracés des boucles, voir maintenant ici dans une perspective comparative :
http://forumsteno.vosforums.com/post4160.html#4160
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fred



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MessagePosté le: Lun 17 Oct 2011 9:02 am    Sujet du message: Répondre en citant

Je vous ferais remarquer quand même, l'air de rien, qu'en Prévost-Delaunay, les boucles des consonnes initiales, sauf P, sont dextrogyres. Quelles conclusions en tirez-vous ?
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mttiro



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MessagePosté le: Lun 17 Oct 2011 10:04 am    Sujet du message: Boucles et autres subtilités Répondre en citant

J'ai de la peine à tirer des conclusions, car plus ça va, plus je trouve
que ces affaires de tracés sont subtiles et complexes.

Dans le même ordre d'idées, et pour poursuivre ce que j'ai dit à propos de l'écriture latine manuscrite
du français, puis de l'hébreu et de l'arabe, voici quelque chose d'également un peu troublant.
S'agissant du syllabaire hiragana du japonais, on note ceci. Le japonais, traditionnellement,
s'écrivait en colonnes de haut en bas et de droite à gauche. Mais quand on regarde la manière canonique
de tracer les caractères du hiragana, on voit que, en fait, ils se tracent de gauche à droite :
http://en.wikipedia.org/wiki/Hiragana#Stroke_order_and_direction

C'est particulièrement frappant pour des caractères composés de deux ou trois tracés bien séparés,
comme le i, le ni, le ha, le ho, le ri (prendre les colonnes dans l'ordre de la droite vers la gauche).

Pour le très peu de japonais que j'ai fait autrefois, c'est bien ainsi qu'on me l'avait enseigné,
et en définitive ça m'étonne un peu.
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fred



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MessagePosté le: Lun 17 Oct 2011 12:13 pm    Sujet du message: Répondre en citant

On peut donc dire qu’il est bien rare que les écritures classiques soient ergonomiques, économiques en gestes, et donc très pratiques. Mais nous ne les voyons qu’à travers le filtre de la sténographie ; ce n’est peut-être pas ce qu’on attendait d’elles au départ. Par exemple, nous avons fini par abandonner les considérations magiques et esthétiques de nos écritures courantes. Et les scribes d’autrefois n’avaient pas les mêmes besoins que nous, et étaient loin de comprendre les notions d’ergonomie. S’ils les avaient connues, je ne doute pas qu’en inventant les lettres minuscules, il les auraient tracées autrement !
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mttiro



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MessagePosté le: Lun 17 Oct 2011 3:11 pm    Sujet du message: Ergonomie, pratique Répondre en citant

Cette affaire d'ergonomie est à considérer dans tous ses aspects. Et il peut bien se faire
qu'un excès d'homogénéité systématique nuise à l'ergonomie envisagée globalement.
J'ai signalé ici, plus haut, ce qui se passe avec la boucle du "j", mettons, qui est dextrogyre (horaire), contre la majorité des boucles attendues dans une écriture avançant de gauche à droite. Il est possible que
cette incohérence ait des vertus.

Ensuite il se peut malgré tout qu'un système, quoique assez bon, ne soit pas optimal.
Dès l'instant qu'il fonctionne assez bien, c'est déjà pas mal. On n'est pas fondé à demander la lune.
On peut probablement dire la même chose d'une sténographie.

Enfin, et vous le signalez justement, "les scribes d'autrefois n'avaient pas les mêmes besoins
que nous". Il y a des épisodes dans lesquels on voit clairement qu'ils recherchent la complexité.
Par exemple en Mésopotamie. Une autre illustration tirée de Roy Andrew Miller,
The Japanese Language, University of Chicago Press, 1967 : "It is always a mistake
to attempt to impose our modern standards of practicality and simplicity upon an earlier age
or an alien culture. The Man'yoshu script [l'écriture d'un recueil poétique daté de 645-760]
esteemed its own complexities as virtues rather than shunning them as defects [...]".

Une société où l'écriture est réservée à une partie infime de la population ne peut pas
voir les choses comme une société où être lettré est une banalité.

Et puis le conservatisme, des considérations esthétiques, historiques, etc. font qu'on reste attaché
à des pratiques qui ne sont pas optimales, au moins sous certains rapports. Sinon on se demande
comment les Japonais peuvent persister dans l'apprentissage et le maniement d'une écriture
aussi lourde.

Même dans des cas moins frappants, il y a des curiosités. Une de celles qui me frappent, c'est
tout simplement le cas de l'écriture manuscrite du grec, pas vraiment normalisée.

L'écriture manuscrite en alphabet latin ou en cyrillique est cursive dans le sens que le tracé
de chaque lettre individuelle est censé être économique, surtout compte tenu du fait que cette écriture
étend la cursivité jusqu'à pratiquer les ligatures entre caractères à l'intérieur d'un mot.
Ceci nous paraît naturel si nous avons appris l'anglaise ou un style de tracé analogue
dans notre enfance, au lieu d'être soumis au peu efficace traitement de la script à caractères détachés.

Au regard de ces développements, ce qui paraît paradoxal et même étrange, c'est le fait que
pas mal d'autres écritures ne lient pas les caractères, même si ces caractères sont cursifs
pris individuellement. Sauf particularités personnelles du scripteur, et sauf erreur de ma part,
c'est le cas pour la cursive de l'hébreu contemporain, celle du grec, et pour les signes syllabique du hiragana japonais.

Le cas du grec est curieux. Même en typographie, on pratiquait jadis, sinon une liaison systématique
des lettres d'un mot, du moins un certain nombre de ligatures locales. Voir :
http://fr.wikipedia.org/wiki/Ligatures_de_l'alphabet_grec

Or la mode en est passée, si bien qu'aujourd'hui le grec peut parfaitement s'écrire à peu près
comme il s'imprime, lettres détachées. Certains individus pratiquent au contraire une écriture très liée,
mais pas toujours très lisible, tandis que d'autres font des ligatures ici oulà, sleon les circonstances.
Voir ainsi ces examples, émanant notamment de forums dans lesquels on se demande comment écrire
le grec en cursive, et où des Grecs interviennent :
http://ellinikasimera.dartmouth.edu/resources/texts/shapes1.html
et pages suivantes (cliquer su Next en bas). Et :
http://typophile.com/node/32859
http://www.fountainpennetwork.com/forum/index.php?/topic/6548-connected-cursive-in-modern-greek/

C'est très étonnant pour moi. J'ai fait du grec jadis au lycée, et mon écriture grecque est essentiellement
à lettres détachées, sauf quelques accommodements, avec des ligatures facultatives, selon l'humeur,
par exemple entre le omicron et le iota, le omicron et le sigma, le tau et l'oméga, etc. Mais de toute façon,
certaines lettres se connectent mal à d'autres. Je pensais que ma façon de faire était gauche,
et due au caractère scolaire de mon grec, mais je vois qu'au fond il n'en est rien. C'est un problème
auquel les Grecs eux-mêmes sont confrontés. Ils ne cherchent pas à y remédier en le prenant à bras le corps,
car il faudrait réviser l'alphabet, révolution impensable.

Et, pour en revenir à la sténographie, quand Scott de Martinville critique l'emploi des points pour noter
des voyelles dans le système d'Hippolyte Prévost, le censeur sévère, jugeant idéalement,
ne peut pas lui donner tort. Reste que les praticiens du système Prévost-Delaunay obtiennent de bons résultats avec lui,
et ne semblent pas souffrir le martyr de cette situation.

Nécessité fait vertu. Elle le fait aussi dans l'apparition et le développement des sténographies.
Scott de Martinville, dans son Histoire de la sténographie, Paris, 1849, page 27, dit ceci :
"Mais tandis que l'art abréviatif disparaissait ainsi en France sous nos longues années
de guerre et de troubles civils, il renaissait en Angleterre pour servir les intérêts
de parti au sein du gouvernement parlementaire qui venait d'y être établi,
et peut-être aussi à cause de certaines prescriptions de leur procédure criminelle,
surtout celle qui interdit la preuve testimoniale écrite".
Il ajoute en note :
"En Angleterre, la déposition des témoins ne s'écrit point, de crainte qu'elle ne soit pas
recueillie textuellement par les personnes chargées de la recevoir.
Les défenseurs n'argumentent que sur celle qui a été relevée par les sténographes."
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fred



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MessagePosté le: Mar 18 Oct 2011 9:24 am    Sujet du message: Répondre en citant

Je ne comprends pas bien pourquoi la boucle du J vous intéresse autant : si vous la comparez avec la boucle basse du F, qui devrait se tracer de façon lévogyre, vous admettrez que beaucoup de gens la tracent à l’envers. Ce qui prouve bien qu’en allant de gauche à droite, il est plus facile de tracer les boucles descendantes de façon dextrogyre (à condition de remonter ensuite sur la ligne d’écriture pour les lier au signe suivant), et les boucles remontantes de façon lévogyre (à condition de redescendre ensuite sur la ligne d’écriture pour les lier au signe suivant). Je ne vois rien là de bizarre ni de surprenant.
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mttiro



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MessagePosté le: Mar 18 Oct 2011 2:34 pm    Sujet du message: La boucle du "j" Répondre en citant

Ce que vous dites est convaincant. Il doit bien y avoir des gens
qui ont étudié minutieusement ces affaires de tracés et qui sauraient
nous régaler de 500 pages sur le sujet, avec force statistiques.
C'est une passion raisonnable pour un ami de l'écriture, ou pour
un expert auprès des tribunaux.
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fred



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MessagePosté le: Mar 18 Oct 2011 3:43 pm    Sujet du message: Répondre en citant

Peut-être devriez-vous vous plonger dans des traités de graphologie… Cool
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mttiro



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MessagePosté le: Mar 18 Oct 2011 4:09 pm    Sujet du message: Graphologie... Répondre en citant

Dans ma jeunesse, je m'étais intéressé à la graphologie. Mais comme des études sérieuses
ont montré le peu de fiabilité des analyses des graphologues, j'ai cessé de leur prêter
de la valeur psychologique. Restent les descriptions pures, probablement non dénuées d'intérêt.
L'expertise aux fins d'attribution étant évidemment une activité qui n'a pas à se justifier.
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fred



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MessagePosté le: Mar 18 Oct 2011 10:53 pm    Sujet du message: Répondre en citant

Les experts doivent bien avoir leurs manuels de référence, non ?
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