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Demande de traduction

 
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Forbn7



Inscrit le: 13 Oct 2020
Messages: 7

MessagePosté le: Dim 08 Nov 2020 2:38 pm    Sujet du message: Demande de traduction Répondre en citant

Bonjour à tous,
La sténo a été inventée dans le courant du 19° siècle et certains français ont appris ce langage sans toutefois passer par les écoles de formations. Je dispose d'un cahier de 13 pages intitulé "Journal de 1874" et écrit en sténo. Je suis entrain d'étudier les archives concernant mon arrière grand-père, lequel a servi dans l'armée française, a été fait prisonnier à Sedan en 1871 et a été interné à Dresde (Allemagne) jusqu'en 1873.
Aussi, ce cahier provenant de ses propres archives, j'aimerais vraiment qu'il puise être traduit.
Les pages sont disponibles à l'adresse suivante : https://www.casimages.com/u/Forbn7/423399/ en cliquant sur chacune des pages, il y a moyen de l'agrandir pour une meilleure compréhension des signes.
Merci vraiment à tous et à chacun pour votre aide !
Bien cordialement,
C.N.
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fred



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Localisation: Région parisienne

MessagePosté le: Mar 17 Nov 2020 7:57 pm    Sujet du message: Répondre en citant

Bonjour,
Votre texte m'a tout l'air d'être écrit en sténographie Aimé-Paris. Les pratiquants de ce système ne sont pas légion, mais je suis sûr qu'une bonne âme se dévouera, d'autant que le texte est superbement calligraphié, et sans doute très facilement lisible. Pour ma part, ce n'est pas le système que je pratique, donc je ne peux vous aider davantage.
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Forbn7



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MessagePosté le: Mar 17 Nov 2020 9:00 pm    Sujet du message: Demande de traduction Répondre en citant

Bonsoir !
Merci pour votre réponse qui m'encourage, j'attendrai donc patiemment la visite de la bonne âme...
Je vous souhaite une excellente soirée en vous remerciant encore,
Bien cordialement,
Fobn7
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lepetitstenographe
Site Admin


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Messages: 694
Localisation: Rennes

MessagePosté le: Ven 27 Nov 2020 12:37 pm    Sujet du message: Répondre en citant

Bonjour… malheureusement ce n'est pas le système que je pratique, je ne peux pas non plus vous aider ! Désolé…
_________________
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Forbn7



Inscrit le: 13 Oct 2020
Messages: 7

MessagePosté le: Ven 27 Nov 2020 3:12 pm    Sujet du message: Répondre en citant

Merci pour votre réponse, je ne désespère pas pour autant et vous souhaite un excellent week-end !...
C. Nielly
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Roecoon



Inscrit le: 08 Déc 2020
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MessagePosté le: Mer 06 Jan 2021 3:01 am    Sujet du message: Répondre en citant

Bonjour !

Je pratique le système Aimé-Paris. J'ai traduit environ un tiers de ce journal, écrit très lisiblement, bien qu'avec quelques idiosyncrasies, et sans aucune abréviation. C'est un document des plus intéressants : l'officier qui en est l'auteur semble avoir stationné à Saïgon pendant deux ans, de 1872 à janvier 1874.

J'ai également pu déterminer quel manuel l'auteur avait dû employer pour apprendre le système, grâce au système de numération sténographique qu'il emploie !

À moins que le propriétaire de ce document n'y fasse objection, je posterai ma transcription dès demain. Smile

NOTA: Si jamais je tarde à me reconnecter sur ce forum, vous pouvez toujours me joindre via mon profil Reddit, ou sur le "sub" r/shorthand dont l'adresse se trouve dans ma signature ! C'est une communauté anglophone, mais il y a quelques francophones dans le tas : un Duployen, un adepte du système Gregg, et un Aimé-Parisien (votre serviteur). Si les sténos étrangères vous intéressent, c'est un passage obligé.
_________________
Aimé-Parisien (canal historique) | SFEA (éternel débutant) | Duployen intégral strict ! | Je suis également sur https://www.reddit.com/r/shorthand/
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Forbn7



Inscrit le: 13 Oct 2020
Messages: 7

MessagePosté le: Mer 06 Jan 2021 10:40 am    Sujet du message: Répondre en citant

Bonjour monsieur,
J'avais bien raison de faire confiance au petit sténographe et de ne pas désespérer. Je suis ravi de cette excellente nouvelle. Cet officier, après un premier séjour au Sénégal et avoir été ordonnance du général Reboul lors de la guerre de 1870, fit en effet un premier séjour au Tonkin après avoir été prisonnier à Dresde durant 1 an. Il enchaîna un second séjour au Tonkin en 1874 et prépara l'école de guerre qu'il suivit en 1877. Il fera partie du contingent accompagnant le Cdt Rivière en 1883, s'y distingua et devint chef d'état-major "Terre" de l'amiral Courbet. Résident général au Cambodge en 1885, il commande les troupes au Sénégal en 1887 et par la suite un régiment à Toulon puis un autre à Cherbourg. Nommé général en 1896, il commande le 3e territoire en Cochinchine et se noie accidentellement en 1897 au cours d'une reconnaissance opérationnelle. Ce manuscrit en sténo dénote un caractère curieux de tout et je suis donc impatient de découvrir votre traduction. Soyez remercié pour ce travail qui je suis sûr va me combler. Elle sera précieuse car pour le moment, c'est la seule trace répertoriée concernant ses jeunes années d'officier.
Bien cordialement,
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Roecoon



Inscrit le: 08 Déc 2020
Messages: 4

MessagePosté le: Mer 06 Jan 2021 9:08 pm    Sujet du message: Répondre en citant

Bonsoir !

D'après les renseignements que vous me donnez, il s'agirait donc de Pierre de Badens, natif de Castelsarrasin (Tarn-et-Garonne). Je soupçonnais en effet une origine gasçonne, vu certaines particularités d'écriture ! ("une" écrit comme un U pointé, comme si c'était une voyelle nasale ; "réflexions", "semaine", "avec" transcrits "réflessions", "semain-ne", "avé", etc.)

Badens a probablement appris la sténographie Aimé-Paris dans le manuel de A. Roby, La Sténographie sans maître ou l'Art d'écrire aussi vite que l'on parle, enseigné en dix leçons d'après le système le plus simple et le plus rationnel, paru en 1868. De fait, il utilise la numération sténographique proposée par cet auteur, page 158-159 de ce manuel :

https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k1417928r

Voici le début de ma transcription. Je ne mets que les trois premiers jours pour ne pas alourdir la lecture. Le point d'interrogation souligne les mots incertains ou les noms propres dont l'orthographe est douteuse. Entre crochets, certains mots transcrits tels quels, pour leur intérêt phonétique.

Reste l'ahurissant sténogramme émarouarinouzarjouan, que je soupçonne être un mot viêtnamien... Si quelqu'un a une idée !

"Decholenne" semble être lui aussi un nom indigène. toujours précédé de "fou", qui doit être un titre quelconque.

Citation:
PAGE 1

Ce journal a été commencé à Saïgon? [Ségon] le 31 décembre 1873. J'ai résolu de tenir désormais le journal de ma vie.

Il sera composé de 5 parties principales. Primo : tout ce qui m'arrivera de personnel dans ma vie publique civile ou privée. Plaisirs,

liaisons. Mes écarts même et mes réflexions [réflessions] sur des sujets personnels. Secundo, tout ce que j'apprendrai par l'observation ou par la

conversation avec [avé] des personnes instruites des faits et véridiques (sic) ou avec des hommes de génie pour leur opinion ou leur sentiment. Tertio, l'emploi

de mon temps et le détail de tous mes travaux. Quarto, mes réflexions sur mes lectures, sur les idées et les expressions des auteurs que j'aurai parcourus, lus

ou étudiés et mes réflexions sur ces ouvrages. Quinto, mes réflexions approfondies et les travaux originaux que je composerai auront un

recueil spécial. Chacune de ces pièces sera mentionnée au journal à sa date avec son numéro d'ordre et les indications relatives au temps, à l'occasion

et au but de sa composition.

---

Premier janvier 1874. Je ne suis pas allé à la réception de l'amiral. À cinq heures le vieux? [lfu] Decholenne? est venu me voir. Il a

examiné ma voiture. Il m'a dit qu'il allait me la faire acheter par son frère. À six heures j'ai été faire une promenade à voiture et je suis paré : j'ai Priou?. J'y ai trouvé

Bon et Reynart?. Avec Bon et Priou nous sommes allés voir émarouarinouzarjouan? Et le vapeur est arrivé du Tonkin. Il amène [amain-ne] le tong-doc de Hanoï [O Nohi]. On [onn]

dit que le vice-roi Tri Phuong [Trifuon] a succombé à ses blessures [bressures]. Philastre est allé au Tonkin avec le décret et le deuxième ambassadeur. Garnier a pris presque tout le delta du Song-Koï [Chon koï].

Il a pris beaucoup d'argent. Aujourd'hui j'ai fait la seconde, troisième leçon d'allemand d'Ollendorf? et j'ai traduit les douze premières pages de "La guerre dernière par l'état-major prussien". Assine? m'a envoyé un présent que j'ai accepté [asepté].

2 janvier. J'ai fait la cinquante-quatrième leçon et les pages 1 à 5 du second volume. J'ai été malade toute la journée. Depuis une semaine [semain-ne],

j'ai une diarrhée de l'estomac [eztromak]. Je n'ai rien traduit du livre de Moltke? [Molk] L'introduction [l'introdussion] que j'ai lue hier roule seulement sur les faits antérieurs [antrieurs] à la déclaration

de la guerre. L'auteur cherche à établir que la France, déjà décidée à faire la guerre à la Prusse, a saisi latar? l'affaire de la candi-dature du prince

d'Hohenzollern comme un prétexte [préteste], faute d'un motif meilleur. À 4 heures le caporal-tailleur est venu me prendre mesure d'un habillement atra? noir que je

pourrai mettre en arrivant en France. Le départ du vaisseau transport "La Sarthe"? est fixé [fissé] au 25 courant, soit encore 22 jours à parer à terre. À 5

heures, le fou? De Cholenne? est venu. Il a trouvé un acheteur de ma voiture pour la somme de 1165 francs. J'en voudrais tirer 1500 francs. Il compte y arriver. À 6 heures je suis sorti en voiture du côté du jardin botanique. Ensuite j'ai été chez Priou, où étaient Delbé? et Nenny? Delanot? y est venu. On a enterré

monsieur Sandner? Comme le défunt était protestant et qu'il n'y a pas de ministre à Saïgon, c'est le consul d'Angleterre Casewell? [Kazouel] qui a conduit le deuil et a récité les

prières d'usage. Ne voyant pas de prêtre catholique, plusieurs personnes ont cru à un enterrement civil. Ce matin, j'ai mis à l'épreuve l'ancien

boy de Blanchard. Il est docile et plein de bonne [vonne] volonté. Mais il n'est pas très fort. Le général Renaud? a donné son dîner au restaurant Fabre. L'inspection [inzpession] est terminée. Le général partira le 4 janvier.

3 janvier 1874. Ce matin, au matreur? je suis entré dans ma vingt-septième? année. Je dis dans ma vingt-huitième année [amé]. Je suis né le trois janvier 1847,

un dimanche matin. Je suis aujourd'hui dans ma 9863ème journée. Aujourd'hui j'ai été malade, c'est la diarrhée. J'ai fumé cinq pipes d'opium

à huit heures, autant à midi et le soir. Les coliques ont cessé aussitôt. Mais je n'ai pas pu travailler du tout. À six heures je suis sorti en voiture. J'ai trouvé

monsieur Aymard mieux. Il m'a annoncé que Garnier a été tué au Tonkin avec Esmesse? parmi? enseigne, un fourrier et deux matelots. Puis je suis allé chez

Priou. S'y est trouvé Bot? Priou lui a donné? [ltadonné] des détails? [dédépaille] Le vingt décembre, Garnier fut attaqué dans la citadelle de Hanoï par des pirates. Il les repoussa sans

PAGE 2

éprouver de pertes. Mais le lendemain matin Garnier sortit en reconnaissance avec Balny, un fourrier et vingt matelots. Garnier prit les devants avec le fourrier,

Balny était avec deux matelots entre Garnier et la troupe [treupe] qui était encore [encoure] loin [louan]. Garnier tomba dans une embuscade et fut tué avec le fourrier. Balny et ses deux hommes

furent tués après. La petite troupe ne vit rien. Il n'y eut donc pas de combat. Les têtes des cinq (sic) victimes furent promenées dans la ville.

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Forbn7



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MessagePosté le: Jeu 07 Jan 2021 6:15 am    Sujet du message: Répondre en citant

Bonsoir,
Il s'agit bien en effet de Pierre de Badens, né à Castelsarrasin à la date précisée dans le texte. Quel plaisir de lire ces lignes. Quelques remarques concernant les observations liminaires : Decholenne précédé de fou est cohérent et en langage local correspond au "Phu de Cholon" (préfet de Cholon). Le maréchal Nguyen Tri Phuong, mort de ses blessures le 20 novembre 1873 après le combat d'Hanoï et le Tong Doc de Hanoï est le Gouverneur de Hanoï. Le sergent fourrier mort avec Francis Garnier était le sergent Dagorne. Je vais me pencher plus en détail encore sur ce texte plein d'intérêt.
Un immense merci pour cette découverte,
Bien cordialement,
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Roecoon



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MessagePosté le: Jeu 07 Jan 2021 9:23 pm    Sujet du message: Répondre en citant

Et voici le reste de la page 2. Avec au programme : une maladie tropicale indéterminée ; l'opium, ce fléau de l'Asie, indispensable dans la médecine de naguère ; et une spécialité un peu étrange lors du dîner chez le phu !

Le terme "doï ben" a attiré mon attention. Vu le contexte, j'ai pensé à une partie de mahjong.

À noter aussi le toponyme "Toutomot" et variantes, qui revient plusieurs fois dans le journal.

Citation:
4 janvier. J'entre dans ma mille quatre cent dixième semaine. Je suis encore malade, mais moins. Ce matin j'ai vu Chanu? J'aurais voulu aller

au Tonkin mais ce n'est pas possible. Chanu m'a dit que le général Colomb? n'a tant de mémoire? L'amiral lui avait dit d'envoyer le commandant Dujardin. Et le

général croyait que c'était Bazin. Brionville part comme adjudant [ajudant]-major. Deux cent cinquante hommes embarqueront sur la "Sarthe" demain pour le Tonkin. À six heures j'ai

vu Aymard, qui va mieux. Il avait chez lui Reynart et Lafont? Bon est venu ensuite. Lafont est bien malade et entre à l'hôpital

en janvier.

5 février. Je vais mieux. Aujourd'hui j'ai travaillé pour les jours précédents. J'ai été jusqu'à la leçon 57 et jusqu'à l'adjectif [ajetif] dans la seconde partie

À cinq heures et demi, je suis allé chez Priou. Au restaurant, j'ai vu monter Vilar?, Nenny et Pourquié? Nicolini? part pour le Tonkin.

Je lui ai envoyé un billet de 50? piastres de boroni? pour le piano de Clercan? Le courrier pour France (sic) est parti. Je n'ai écrit qu'à maman.

6 janvier. Aujourd'hui je vais bien. Je fais une leçon d'Ollendorf et j'ai commencé la révision des 57 leçons que j'ai déjà vues. J'en

veux voir douze pages par jour. J'ai commencé la traduction des morceaux de littérature allemande d'Ollendorf. J'en ferai 4 pages

par jour. J'ai continué l'ouvrage de Moltke. À six heures je suis allé à l'hôpital. J'ai vu Morice?, Santy?

et Lafont. Santy et Morice vont mieux. J'ai été chez Aymard. Il y avait Priou et Chanu. Aymard va mieux. Il compte aller à Toutomot? J'ai

lu "L'Indépendant". On y dit que peu de choses sur Garnier et compagnie. La "Sarthe" est partie ce matin pour le Tonkin.

7 janvier. Je vais bien. [A]chevé le travail que je me suis prescrit comme tâche journalière. À quatre heures

j'ai été voir le médecin en chef, qui m'a engagé à entrer à l'hôpital et il se chassera (sic) de me présenter au conseil de santé. Le docteur Chassagnol

m'a donné un billet d'hôpital et j'y entrerai le dix au matin. À cinq heures le fou Decholenne est venu m'inviter pour demain. À six heures je vois

Blanchard, qui dîne avec moi. Il me raconte ses malheurs. Le sergent Rouch? est venu ce matin. Il a déjeuné avec moi. Je lui ai remis six piastres. Il est réconcilié avec son capitaine [capitain-ne] et il va passer fourrier.

8 janvier. Je vais bien. J'ai accompli ma tâche journalière. À deux heures , madame Cochefer est venue. J'ai conduit Pourquié à Cholin?

Dîner chez le fou. Il y avait Vilar, Motet?, Nenny, Blanchard et Pourquié. On nous a servi des vers palmistes. Nous avons fait une

promenade dans la ville. Le doï? ben? nous compte huit jets? À minuit, nous rentrions chez nous. J'étais bien fatigué.

9 janvier. Je ne suis pas bien. À onze heures j'ai eu des douleurs abdominales. J'ai fumé quatre pipes d'opium et elles ont cessé. J'ai pu travailler

comme d'habitude. À 6 heures je suis allé faire un tour de promenade en voiture. J'ai vu Priou, qui n'est pas malade.

10 janvier. J'entre à l'hôpital à 7 heures. Le docteur Dormais? m'inscrit pour le conseil de santé. J'ai travaillé un peu dans la journée.

11 janvier. J'entre dans ma quatorze cent onzième semaine et dans mon inusième (sic) jour. J'ai travaillé comme à l'ordinaire. J'ai surtout traduit Moltke et Ollendorf selon la tâche que je me suis fixée pour chaque jour. Nicolaï? est venu à l'hôpital. Il rentre pour ne plus revenir dans les affaires indigènes. J'ai reçu une lettre de maman.

12 janvier. Le conseil de santé a trouvé que je ne suis pas dans le cas d'être envoyé d'urgence en France. Je sors à six heures. Delfosse?

PAGE 3

donne une soirée. Il s'est marié ce soir. Je n'y vais pas parce qu'il ne m'a pas invité au dîner qu'il donne aussi.

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Forbn7



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MessagePosté le: Ven 08 Jan 2021 11:32 am    Sujet du message: Répondre en citant

Impressionnant. J'ai creusé les patronymes présents en Cochinchine à cette époque, voici donc "par ordre d'apparition dans le texte", ce à quoi je suis arrivé après en avoir identifié je pense, un nombre conséquent :

Prioux Adolphe Félix, élève de l'École militaire de Saint-Cyr le 13 octobre 1864 Au 1er janvier 1872, en service Hors-cadre en Cochinchine, idem aux 1er janvier 1874, 1875, Administrateur de 2ème classe, capitaine le 14 mai 1875. Au 1er janvier 1876 : Hors-cadre en Cochinchine, Administrateur de 1ère classe. Grand-Officier de la Légion d'Honneur le 11 juillet 1908, étant alors Contrôleur général de 2ème classe de l'Administration de l'Armée.

Rheinart ou Reinhardt ou Reinhart… Pierre, né le 1er novembre 1840 à Charleville-Mézières, entré en service le 6 novembre 1860, Au 1er janvier 1869, en service à l'État-Major en Cochinchine, Hors-cadre en Cochinchine, Administrateur de 1ère classe, il terminera sa carrière comme Résident général en Annam et au Tonkin.

Philastre Paul Louis Félix (1837-1902) officier de marine, il est chef de la justice et inspecteur des affaires indigènes de 1871 à 1874. Il sera amené à négocier avec Tu Duc, à Hué, un traité qui prévoit l'évacuation des forces françaises du Tonkin.

Ollendorf Paul est le deuxième fils d’Henri-Godefroy Ollendorff, émigré très tôt de Pologne, et auteur d'un ouvrage pédagogique à succès intitulé Nouvelle Méthode pour apprendre à parler, écrire une langue en six mois3. Paul, son frère, Gustave4, sa sœur Mina et leur mère Dorothéa Ollendorff-Pincus, vivront dans un premier temps des revenus éditoriaux du père, vendant les méthodes rue de Richelieu

Quant à l'ouvrage en cours de traduction, il pourrait s’agir de : « La Guerre franco-allemande de 1870-71. Rédigée par la section historique du grand état-major prussien ». 1ère partie (1ère édition 1872) - Traduction par le chef d'escadron E. Costa de Serda

Concernant la maladie de Badens, il s’agit vraisemblablement d’entérite chronique paludéenne, aussi appelée « diarrhée de Cochinchine ».

Nény Louis, né le 6 août 1848 à Basse-terre (Guadeloupe), promotion de St Cyr de Mentana (1867-1869), il entrait à St Cyr alors que Badens en sortait. Nény était alors lieutenant en Cochinchine.

Chanu Elie Paul (1843-1891) était prisonnier en même temps que Badens à Dresde à la suite de la guerre de 1870, il se marie avec Augusta M Pfotenhauer, la fille de sa logeuse de l'époque. il fit campagne au Tonkin sous le Cdt Rivière et y prit la citadelle d'Hanoï, il était aide de camp du général Colomb en 1874-1875. Il termina sa carrière comme général, inspecteur général adjoint de l'infanterie de marine.

Colomb Joseph Vincent Christophe (1814 - 1887), était général commandant supérieur des troupes en Cochinchine en 1874-1875

Dujardin Emmanuel François, né le 05 novembre 1833 à Brest, chef de bataillon en 1873, commandera le 3e RIMa comme colonel, grade qu’il conserve jusqu’à sa retraite, il décède à Brest à 81 ans.

Lafont Peut-être s’agit-il de Désiré Lafond, (1839-1923), capitaine d’infanterie de marine en 1872, affecté en Cochinchine en 1874-1875

Pourquier Eugène Vincent, travaillait à la Direction de l’intérieur, Administration provinciale Inspection de Vinh Long arrondissement de Travinh en 1869. Il était alors enseigne de vaisseau, administrateur de 1ère classe

Un énorme merci pour ce travail de grande qualité !
Je vous souhaite une excellente journée.. !
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Roecoon



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MessagePosté le: Mar 12 Jan 2021 9:24 pm    Sujet du message: Répondre en citant

Eh bien, je ne pensais pas qu'il serait possible d'identifier autant de protagonistes de ce journal ! Tant mieux. C'est un témoignage de grande valeur.

La suite de la transcription, avec une demande de démission qui cause quelques difficultés à notre capitaine. J'ai pu identifier quelques hauts personnages, comme Ohier et Trintinian :

Citation:
13 janvier. A 9 heures je vais chez Priou. Il y avait Bitroy? Bon est venu ainsi que Lurot? Hier Durancin-Tonnant? a été refusé

à l'examen. Cependant il avait bien passé. J'ai présenté ma démission à Demongeon? Il l'a transmise avec avis favorable. Je l'ai remise

à monsieur Chamerot-Lamotte? qui la présentera au gouverneur. À quatre heures j'ai vu Chanu. Mais je n'ai pas vu le général qui est malade. J'ai été voir le colonel de Trentinian. Il m'a approuvé d'avoir donné ma démission. Il a été très [vrès] aimable. Il m'a dit qu'il me remettrait au

quatrième régiment, où je retrouverai mon bateau. Jamais il ne m'avait parlé du bateau, ni à Toulon, ni ici. J'ai été voir Aymard. Il va partir

pour Toudomot. Il a demandé Arbaude? comme second. Que fera-t-on de Vergès ? J'ai écrit à Dubois et je lui ai envoyé son Montaigne qu'il m'avait prêté, c'est

Pourquié qui le lui remettra.

14 janvier. J'ai peu dormi cette nuit. Mais je ne suis pas malade. J'ai travaillé, j'ai accompli ma tâche. À 5 heures et demi, je suis sorti

me promener. J'ai été chez Demanceau? Nous avons causé et il m'a invité à dîner pour demain. J'ai été chez Aymard. Garideau? et Bon y étaient. Garideau est bien original.

Bon m'a retenu à dîner. À 8 heures et demi, nous avons fait un tour du cimetière et de la rue Mac-Mahon? et nous sommes allés chez madame Ferrier? où nous avons pris un verrre bière (sic). À 10 heures

j'ai reconduit Bon chez lui et je suis rentré. Vilbanois? est venu à quatre heures. Je lui ai prêté dix piastres pour acheter des chinoiseries pour monsieur Noulet?

15 janvier. J'ai passé une bonne nuit. À sept heures et demi je vais voir Recouan? Il m'enverra un planton pour me dire où en est ma démission. Il m'a prêté un volume de gravures représentant

100 tableaux des galeries du palais de Versailles. À cinq heures et demi je vais chez Bon. Je laisse chez Priou les gravures de Recouan et je fais avec Bon le tour du

cimetière et puis je vais chercher Demanceau, et nous allons au mess de l'infanterie de marine entendre la musique. Puis on va dîner. Miramont? avait invité un sous-commissaire métropolitain, monsieur Coulié?,

ancien secrétaire de l'amiral Ohier, gouverneur. Il vient du Japon et rentre par la "Sarthe". Montagné? a été charmant pour moi. Nous sommes

revenus au mess jusqu'à dix heures. Puis nous sommes descendus jusqu'au bord de l'eau, où nous avons pris congé. Il m'a tout engagé à aller dîner avec eux quand

je voudrais. En somme, ma démission leur a fait plaisir. À onze heures je rentrai me coucher.

12 16 janvier. Je suis bien portant. Chanu m'écrit pour me dire qu'il faut que je demande à être rapatrié. Je lui réponds sur-le-champ.

À cinq heures et demi, je sors. Je vois Aymard et puis Priou. Guiron? et Delanot étaient chez Priou. Je continue ma promenade et je rentre de bonne heure. Aujourd'hui

j'ai travaillé. Delbé, Nicolaï, Larpent? et Porcaro? viennent dîner ensemble à l'hôtel de l'Univers. Balby me dit qu'il a parlé de moi avec le colonel

de Trintinian, qui ne trouverait pas extraordinaire [estraordinaire] si on me gardait encore deux ans ici.

17 janvier. Après le déjeuner, je suis malade. Je vomis beaucoup de bile jusqu'à quatre heures. Je reçois de la direction [diression] de l'intérieur une lettre

qui m'annonce que ma démission est acceptée par le [pal] gouverneur. Chanu m'écrit pour me dire de faire une autre demande parce que le général a mis sur la mienne

une note qui n'y doit pas figurer, et il me renvoie ma demande où le général a écrit ceci : "Les demandes de cette nature doivent suivre la voie

hiérarchique. Le colonel pourrait seul vérifie les aptitudes [atitude] des déclarations des officiers." Cette note a été biffée par le

général sur l'observation de Chanu. J'ai trouvé que les derniers mots de cette note dépassaient les bornes des convenances. Chanu avait

remarqué au général les aptitudes de ma déclaration, qui d'ailleurs ne peut pas soupçonnée [soussonée]. J'ai envoyé à Chanu une autre demande, conçue dans les mêmes termes. "Mon général, j'ai l'honneur de vous prier de vouloir bien me faire rapatrier par la "Sarthe". Le 19 du mois courant, je compterai deux années de séjour dans la colonie. Je suis, avec le plus profond, cher? respect votre." À six heures, j'ai vu

[PAGE 4]

[mot manquant] qui m'a dit que ma demande était partie. Il m'a dit que l'ordre de l'amiral qui accepte ma démission porte qu'il n'aura d'effet qu'après avoir reçu l'approbation du ministre,

assuré qu'il n'avait pas montré cet ordre au général qui, timide comme il est, m'aurait voulu faire attendre ici la décision du ministre. Bon et Blanchard

étaient avec Chanu chez Priou. Quiron? y est venu aussi. J'ai continué ma promenade. Blanchard, Bon et Porcaro ont dîné avec moi, ensuite nous

avons été au théâtre. Les artistes ont beaucoup T-F de bonne volonté [vonlonté]. Jeanne? Petit? a été bien accueillie. Vers minuit, nous sommes rentrés. Blanchard m'a dit

qu'il prendrait ma caisse et la console en bois noir et dessus de marbre pour 240 francs. C'est un bon débarras pour moi.

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Forbn7



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MessagePosté le: Lun 18 Jan 2021 10:07 pm    Sujet du message: Répondre en citant

Bonsoir monsieur,
Je me suis posé pas mal de questions cette semaine quant au souhait de Badens de démissionner. Un premier point est certain, le manque d’action en tant qu’administrateur a dû lui peser. Il sortait de la défaite de 1870 et d’une année prisonnier en Allemagne, qu’il a mal encaissés (d’où son envie, comme chez beaucoup d'officiers traumatisés, de mieux connaître les raisons de la défaite et donc la tactique prussienne utilisée, à travers les traductions quotidiennes qu'il fait du général Moltke). Ce qui me fait dire cela, c’est qu’il démontrera dans les 10 ans qui suivront son grand sens tactique et sa ruse lors des prises des citadelles de Nam Dinh (1883) et des sorties qu’il devra faire pour desserrer l’étau des Pavillons Noirs comme lors de la prise de Ninh Binh (1883). Les opérations menées à Phu-sa puis à Son-tay comme chef d’état-major de l’amiral Courbet sont également à mettre à son crédit.
Porté volontaire pour les affaires indigènes à son retour de captivité, il a brutalement découvert un autre métier. En effet, en Cochinchine et dès leur arrivée, les Français durent affronter un vide administratif. Les mandarins lettrés qui administraient les provinces ayant systématiquement déserté le pays à l’arrivée des français pour rester fidèles à l’empereur Tu-Duc et poursuivre la lutte en suscitant la guérilla. Au Tonkin, ceux qui demeurèrent firent preuve de mauvaise volonté.
En Cochinchine, la page fut tournée rapidement : le mot occupation militaire effrayant nos trop pacifiques députés, on a baptisé la chose « occupation administrative ». Les administrateurs des affaires indigènes sont recrutés pour l’essentiel parmi les officiers de la marine (dont des officier des troupes de la marine future armée coloniale). Ils se substituèrent au cadre mandarinal qu’on avait bien essayé de reconstituer avec des Annamites ralliés, mais sans guère de succès.
La prise en charge des affaires locales par des fonctionnaires français provoqua l’obsolescence du découpage territorial traditionnel : les tinh (province), phu (département) et huyen (arrondissements), cessèrent peu à peu d’être des circonscriptions opératoires et furent remplacés par des inspections qui reçurent ensuite le nom d’arrondissements. Aussi la déconvenue doublée d’une santé fragile furent peut-être à l’origine de ce coup de blues qui ne pourra être confirmé que par l’examen de son dossier militaire au service historique de la défense.
Par ailleurs, j’ai, je pense, identifié le fameux Aymard qui revient souvent. Il pourrait s’agir de Claude Marie Joseph Eymard-Rapine, né le 29 mai 1841 à Grenoble (Isère), décédé le 15 décembre 1914. Au 1er janvier 1869, en service à l'État-Major en Cochinchine, capitaine le 23 novembre 1870. Il est Hors-cadre en Cochinchine du 1er janvier 1872 jusqu’en 1876 en tant qu’administrateur de 1ère classe. Puis inspecteur aux affaires indigènes de 1879 à 1881. Nommé chevalier de la Légion d'honneur en 1881.
J’ai également identifié
Roch Miramond, né le 9 février 1836 à Marseillan (Hérault), décédé le 25 février 1917 à Paris (Seine). Au 1er janvier 1874, capitaine-major au 2ème RIMA en Cochinchine. Il terminera sa carrière comme commandant des troupes au Cambodge en 1885.
Florimond Ildefonse De Manceau, né le 19 décembre 1830 à Saint-Pierre, Martinique, décédé le 8 janvier 1891 à Morlaix (Finistère). Au 1er janvier 1874, Capitaine-major au 3ème RIMA en Cochinchine.
Louis Edgard de Trentinian (1851-1942) Sous-Lieutenant d'Infanterie de Marine le 1er septembre 1871, étant Élève à l'École militaire de Saint-Cyr., Au 1er janvier 1874, en service au 4ème Rima en Cochinchine
Merci infiniment pour votre traduction qui éclaire d'un jour nouveau ce début de carrière,
Cordialement,
C. Nielly
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