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Le roman d'une sténographe. Qui connaît ce manuel ?
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Dannie



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MessagePosté le: Ven 27 Mar 2009 11:15 am    Sujet du message: Répondre en citant

Je vous glisse la page 33 de notre roman sténographique pour ceux qui souhaitent lire un peu ce WE plus court que les autres puisque nous allons perdre une heure.

Bonne lecture à tous et bon WE.

Dannie




Transcription :

le mettre au courant du vol ainsi que des circonstances qui l'ont entouré. S'il fait assez allègrement le sacrifice de la disparition des valeurs dont il joint l'inventaire approximatif, il ne dissimule point la douleur que lui cause la disparition des plans de son canon et des documents techniques qui les accompagnaient. C'est un coup très rude qui m'est porté là, écrit-il, je ne puis me résigner encore à admettre que j'ai consacré plusieurs années de ma vie à méditer sur ce canon, plusieurs mois à travailler avec acharnement à le réaliser pour qu'il serve à quelque puissance étrangère au bénéfice de qui on me le dérobe et qui peut-être un jour le tournera contre nos soldats. Certes, je ne suis pas tout à fait incapable dans imaginer un second, de doter mon pays d'un autre engin qui remplacera celui-là mais encore une fois je suis affligé et révolté à un point que je ne saurais exprimer d'avoir travaillé pour l'étranger. Ceci dit, je voudrais que vous sachiez quand ces jours j'ai beaucoup pensé à vous Pierrard. J'ai imaginé quel avait dû être votre émoi lorsque vous aviez vu ce mur percé, ce coffre éventré, que de chagrin vous avez dû éprouver, que de soucis vous avez dû vous faire, et toutes ces questions auxquelles il a fallu que vous répondiez en attendant de comparaître à l'instruction où recommencera votre calvaire. Je vous répète ici ce que j'ai cru devoir télégraphier. Ce malheur est irréparable, personne ne retrouvera mes plans j'en ai la certitude. Les retrouvera-t-on que le gouvernement français, autorisé très justement à supposer qu'ils ont été copiés, ne pourrait les utiliser. Quant au voleur, il a trop bien préparé, trop bien réalisé son affaire pour se laisser prendre. Il est loin. Donc sous toutes les réserves que vous avez lu plus haut, faisons notre deuil de ce que nous avons perdu. Et vous Pierrard, encore une fois, ne prenez pas trop à coeur cette affaire dont vous ne pouvez être émue qu'en raison de l'attachement que vous m'avez témoigné depuis que vous êtes ma collaboratrice mais qui en somme ne vous touche point directement. Soyez calme et ne vous laissez point intimider par l'appareil de la police et celui de la justice. D'ailleurs, vous serez bientôt déchargée du soin de me représenter devant l'un et l'autre puisque je m'embarque dans quelques jours pour la France. Alors je pourrais de vive voix vous remercier mieux que je ne saurais le faire ici d'un dévouement dont je n'ignore pas le prix.

Yvonne Pierrard n'a pas lu sans une émotion très forte la lettre de Monsieur Duchâtel. Elle prend connaissance de l'inventaire dressé par l'ingénieur de ce que, d'après ses souvenirs, renfermait le coffre fort et place ces différents papiers dans son sac à main. Puis elle regarde autour d'elle. Son attention est attirée par un homme barbu extrêmement négligé en sa tenue qui coiffé d'un chapeau melon à peu près semblable à celui du père Roget, et serrant sous son bras une serviette de cuir, se coule timidement le long de la paroi faisant face aux fenêtres. C'est Monsieur Chalard en personne qui se rend à son bureau où il va commencer l'instruction de l'affaire de la rue de Bernes.

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Dannie



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MessagePosté le: Ven 03 Avr 2009 3:37 pm    Sujet du message: Répondre en citant

J'avance dans la lecture, un peu difficile par moment, du roman.
Avec la page 34 on s'amuse de l'animosité de nos deux concierges et la fin nous tire un sourire.

Bonne lecture.

A bientot.

Dannie



------------------------------------------------------------------------------
Transcription]


Un quart d'heure s'écoule. La porte du cabinet s'ouvre de l'intérieur. Le greffier du juge, jeune homme livide aux paupières enflammées paraît. Il dit quelques mots et remet un papier à un garde. Celui-ci s'approche du banc sur lequel la jeune fille et ses trois compagnons sont assis.
- Vous êtes convoqués par Monsieur Chalard juge d'instruction pour témoigner dans l'affaire du vol de la rue de Bernes, demande-t-il.
- Oui Monsieur l'officier, répond d'une voix forte le père Roget qui donne délibérément du galon et de l'épaulette au militaire et ajoute avec un indicible accent de fierté : « nous sommes les témoins ».
Le garde consulte le papier qu'il tient en mains, fait l'appel des quatre noms portés dessus.
- C'est parfait, dit-il. Attendez. Je viendrai vous chercher au fur et à mesure que Monsieur le Juge vous appellera.

Près d'une demi-heure se passe encore. Enfin la porte du bureau s'ouvre de nouveau pour laisser voir le jeune homme livide. Le garde se précipite vers lui, prend ses ordres, s'approche du banc.
- Madame veuve Peyronnet, dit-il, voulez-vous entrer.
La grosse femme se lève, très impressionnée à l'idée de comparaître devant un magistrat, mais sachant que son ennemi à les regardes fixés sur elle, que la moindre défaillance, le moindre trouble ne pourrait que combler d'aise celui qu'elle hais et méprise, elle se raidit et c'est d'une allure semblable à celle que les comédiennes de théâtre de banlieues prêtent, aux princesses, aux reines, aux impératrices, qu'elle pénètre chez Monsieur Chalard.
- Pfeu, souffle le père Roget avec dédain. Elle ne fera pas tant la fière quand elle sortira du bureau non plus comme témoin mais entre deux gardes municipaux et menottes au mains comme inculpée, comme complice de son Gustave Fiquemont !
- Père, murmure François, je t'en supplie, ne parle pas comme ça ici !
- d'abord pourquoi l'a-t-on faite passer en premier. Pourrais-tu me l'expliquer toi ? Ou c'est du favoritisme et je ne l'admets pas en République, régime sous lequel tous les citoyens sont égaux devant la loi ou alors c'est que la justice la sait coupable. Dans ce cas, je m'incline. D'ailleurs, je m'expliquerai avec Monsieur le juge quand il m'appellera et l'on verra ce qui se passera comme je dis toujours « un homme averti en vaut deux ». Quant à toi, tu peux continuer à soutenir cette femme contre ton père, chacun son sale goût mais ne m'adresse plus la parole. Ayant dit, il tire un journal de sa poche et se met à le lire.

Eh Bien contrairement à l'espoir que nourrissait le père Roget, la veuve Peyronnet n'a pas les menottes aux mains et nul « municipal » ne l'accompagne lorsqu'elle sort du bureau de Monsieur Chalard. Un peu plus rouge que de coutume peut-être mais portant haut sa tête parée de tendres corolles mauves. Elle traverse le couloir de son même pas de reine et vient se rasseoir.
- Monsieur le juge s'est montré tout à fait charmant avec moi dit-elle très haut au garde qui lui aussi a traversé le couloir pour venir prier François Roget d'aller faire sa déposition.
Par le fait du départ du jeune homme, les deux ennemis sont maintenant voisins. D'un même mouvement brusque comme s'ils obéissaient à un commandement, ils se tournent le dos.
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MessagePosté le: Ven 03 Avr 2009 3:45 pm    Sujet du message: Répondre en citant

Bonjour,

J'avais reporté les corrections dans mon texte.
En ce qui concerne la page 33, je n'ai vu que trois petites choses… et un scénario possible pour qu'Yvonne Pierrard se console de la disparition de son fiancé… j'y avais déjà pensé, mais j'attends de voir si la suite des événements confirme mon intuition !

Bonne journée

Yvon

-------------------------------------------------------------------

Je vous répète ici ce que j'ai cru devoir télégraphier
Quant au voleur, il a trop bien préparé, trop bien réalisé
ui coiffé d'un chapeau melon à peu près semblable à celui du père Roget
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MessagePosté le: Lun 06 Avr 2009 9:37 am    Sujet du message: Répondre en citant

Bonjour Yvon,

Merci pour ces corrections que j'ai reportées dans la transcription du texte de la page 33.

J'avais oublié un arbitraire. ça sert à ça aussi aussi cette traduction ; C'est une bonne révision.

Pour la suite du roman, tu es très intuitif mais je ne te dirai pas la fin pour garder le suspens jusqu'au bout. Hihi !

Cordialement

Dannie

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MessagePosté le: Ven 10 Avr 2009 10:43 am    Sujet du message: Répondre en citant

Je poste la page 35 du Roman et vous souhaite un bon WE de Pâques.




A bientôt.

Dannie

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MessagePosté le: Ven 17 Avr 2009 3:32 pm    Sujet du message: Répondre en citant

Traduction bien difficile ^ ^
Il me reste des interrogations auxquelles tu devrais pouvoir répondre Yvon.
Merci d'avance.

Bon WE et à bientôt

Dannie


- Voyou, dit entre ses dents la matrone aux voilettes
- harpie, grince le vieillard au petit chapeau melon vert bouteille
- Bandit !
- portière !
- voleur de boites à ordures !
- femme à barbe !
Tels deux héros d'Homère se lançant des invectives choisies avant de s'entre-tuer, le concierge du 23 de la rue de Bernes et sa collègue du 21, sans se regarder, continuent longtemps d'échanger des injures. Fort heureusement, François réapparaît et le garde vient chercher son père.

Le vieux Roget se lève, jette un regard de dégoût à l'ennemie et tendant le jarret, en brimant un noble balancement à la jupe de son pardessus, il entre chez le magistrat. Sans doute est-il locace car son absence se prolonge longtemps même que Madame Peyronnet et surtout Yvonne Pierrard s'impatientent et que François commence à éprouver une sourde inquiétude. Pourquoi cette déposition qui pourrait tenir en quelques phrases dure-t-elle à elle seule plus que les deux qui l'ont précédée. A la pensée que son père a pu commettre une imprudence, le jeune homme sans l'inquiétude grandir en lui mais il s'oblige à raisonner posément et bientôt il se rend compte combien ses craintes sont peu fondées. Malgré ses rodomontades, le père Roget doit à son âge et aux fonctions qu'il exerce une prudence qui ressemble assez à de la couardise. Mais alors quoi ? Pourquoi reste-il aussi longtemps chez le juge. Que peut-il lui dire ? Qu'est-ce qui se passe derrière cette porte de chêne verni.

François va le savoir bientôt car elle s'ouvre de nouveau et de nouveau le greffier livide parle au garde qui s'approchant du banc prononce :
- Monsieur François Roget, c'est encore à vous.
Le jeune homme ne comprend pas. Il croit à une erreur. Il hésite à se lever.
- Quand vous voudrez, dit le garde avec cet accent d'autorité que prenne les représentants de la force publique lorsqu'on n'obéit pas à leurs premières adjonctions. François est debout. Il hésite encore puis se décide à entrer chez Monsieur Chalard. Nous allons le suivre.

Effondré dans son fauteuil, les mains croisées sur son gilet constellé de tâches, Les paupières baissées, Monsieur le Juge semble dormir. Face à lui, assis sur une chaise, ayant placé son petit melon sur ses genoux, le père Roget à l'oeil brillant, le teint animé, jamais il n'a paru aussi guilleret, aussi satisfait de soi-même. Les transes de François redoublent. Le greffier installé devant une petite table dans un coin de la pièce lève la tête et par signe l'invite à s'asseoir sur une chaise voisine de celle occupée par son père. Un long silence impressionnant règne que Monsieur le Juge d'instruction interrompt de façon sinistre en faisant craquer les articulations de chacune de ses mains. Enfin, après quelques grognements, il ordonne à son greffier d'un ton dolent :
- Monsieur Suret relisez la déposition du témoin qui vient d'entrer.
Le personnage livide penche sur ses paperasses une tête laineuse et bredouille des mots que François discerne à peine.
- Vous avez entendu la lecture de votre disposition ? Demande dans un souffle le magistrat toujours immobile. Vous la maintenez en tout point, vous n'avez rien à y retrancher, rien à y ajouter ? François regarde autour de lui réfléchit, tâche à réunir ses ...
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Dernière édition par Dannie le Lun 27 Avr 2009 10:25 am; édité 1 fois
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MessagePosté le: Mer 22 Avr 2009 5:23 pm    Sujet du message: Répondre en citant

Avec beaucoup de retard voici la page 34
Au lieu de "pfou" il faudrait lire quelque chose comme "pfut" à cause de la finale mais je ne vois pas quelle interjection employer

Eh bien contrairement à l'espoir que nourrissait le père Roget

Un autre petit détail me rappelle que tu avais eu raison de suggérer "violettes" au lieu de "voilette" pour le chapeau : il y a des corolles !
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MessagePosté le: Mer 22 Avr 2009 5:42 pm    Sujet du message: Répondre en citant

Voici dans la foulée la page 35, et j'ai l'impression que, plus le texte avance, plus il est difficile à lire

Fort heureusement, François réapparaît et le garde vient chercher son père :
j'avais lu "reparaît" mais j'imagine que les deux lectures sont possibles

la "jupe de son pardessus" m'a aussi intrigué, en cherchant l'expression entière sur internet on la trouve dans un texte littéraire, c'est peut-être une expression qui a disparu

Sans doute est-il locace, car son absence se prolonge longtemps

Pourquoi cette déposition qui pourrait tenir en quelques phrases (je pense que le point devant "tenir" est un défaut d'impression)

jamais il n'a paru aussi guilleret, aussi satisfait de soi-même là non plus je ne dirais pas les choses comme ça, c'est peut-être le style de l'époque

lève la tête et par signe(s) l'invite à s'asseoir sur une chaise voisine
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MessagePosté le: Lun 27 Avr 2009 10:05 am    Sujet du message: Répondre en citant

Merci Yvon pour ton aide précieuse. Je reporte les corrections et je mets la suite en ligne.

A la page 34 j'ai mis Pfeu. Tu as raison c'est une finale u/eu et je n'avais pas regardé l'aide fournie avec le roman ^ ^

Cordialement.

Dannie

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Dannie



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MessagePosté le: Mar 28 Avr 2009 3:26 pm    Sujet du message: Répondre en citant

Comme promise voici la page 36 du Roman :



ainsi que sa traduction :


... souvenirs.
- Répondez, reprend la voix de génie, vous n'avez rien à retrancher, rien à ajouter ?
- Non Monsieur le juge.
Comme si un ressort puissant se détendait en lui, Monsieur Chalard sursaute, saisit les bras de son fauteuil, fait un rétablissement, frappe violemment sa table du plat de la main et clame d'une voix tonnante :
- vous mentez, vous égarez la justice !
Comment une aussi soudaine transformation a-t-elle pu s'opérer dans l'attitude du juge tout à l'heure silencieux, écrasé, prêt semblait-il à rendre le dernier soupir et qui penché maintenant dans la direction de François, l'oeil ardent, le visage menaçant, le verbe impérieux et dont l'organe qu'on distinguait à peine à pris des sonorités de tonnerre. Le vieux Roget est si effaré qu'il laisse rouler à ses pieds son précieux melon. François, déconcerté lui aussi par la soudaineté de l'attaque qu'il a subie, rougit et balbutie.
- Vous mentez ! repète Monsieur Chalard, ou du moins vous avez menti en déclarant que Monsieur Duchâtel avait dîné le 20 décembre au restaurant Larue.
- Monsieur le Juge... je ...
- Taisez-vous ! Or, il résulte de la déposition de votre père que vous lui avez fait la confidence suivante. Vous avez bien conduit votre patron au restaurant en question, vous l'y avez bien vu pénétrer mais quelques minutes plus tard vous l'avez aperçu sur la place de la Madeleine qui hélait un taxi et y montait en hâte, entré par une porte il était sorti par une autre. Qu'avez-vous à répondre, quelles explications avez vous à donner ?
Le père Roget commence à discerner les inconvénients d'une éloquence dont-il était si fier. Il veut venir au secours de son fils :
- Monsieur le Juge, s'écrit-il....
Monsieur Chalard tourne vers lui un visage que la colère rougi aux pommettes :
- Sortez ! Hurle-t-il.
Il fait un signe à son greffier qui accompagne le vieillard dans le couloir où il recommande au garde municipal de le surveiller.
- Monsieur le Juge, Balbutie François avec des larmes dans la voix, je ne vous ai pas menti. Si je ne vous ai pas dit que Monsieur Duchâtel n'avait pas dîné chez Larue c'est que j'ai cru que ce détail n'avait pas d'importance. C'est par discrétion à l'égard de mon maître qui certainement, je le crois du moins, avait des affaires personnelles à régler avant son départ. Alors vous comprenez, il ne fallait pas qu'on le sache et s'il apprenait que je sais la chose et surtout que je l'ai racontée, il me chasserait... Monsieur le Juge, je vous demande pardon.
- La justice ne pardonne pas, grince Monsieur Chalard. Il prend un temps et ajoute avec un accent terrible qui achève de décontenancer Francois : elle frappe.
Le jeune homme ne sait que répéter :
- Je vous demande Pardon Monsieur le Juge, c'est à dire que je m'excuse.
Le magistrat fait descendre de nouveau sur ses yeux les rideaux plissés de ses paupières. Il a repris sa pose dans le fauteuil et redonné à sa voix le timbre qu'elle avait tout à l'heure.
- Alors, d'après vous, Monsieur duchâtel avait des affaires
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Dernière édition par Dannie le Lun 11 Mai 2009 4:08 pm; édité 1 fois
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MessagePosté le: Mer 06 Mai 2009 7:05 am    Sujet du message: Répondre en citant

Bonjour,

Relecture tardive (j'étais absent la semaine dernière).
Peu de choses, à part le "de génie" qui ne me convainc pas, mais que je n'arrive pas à lire autrement.

Bonne journée

Yvon

la voix "de génie" me gêne un peu mais je n'ai pas d'autre suggestion

frappe violemment sa table du plat de la main

qu'il laisse rouler à ses pieds son précieux melon
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MessagePosté le: Lun 11 Mai 2009 4:09 pm    Sujet du message: Répondre en citant

Boujou,

Je viens de reporter les corrections. Dans la semaine, je mettrai en ligne la suite.

A bientôt.

Dannie

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MessagePosté le: Mar 12 Mai 2009 2:21 pm    Sujet du message: hou là là ... Répondre en citant

qu'est-ce que vous travaillez bien !
Il va même falloir que je me dépêche de scanner la suite ...
A bientôt
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Je possède le roman d'une sténographe qui date de quand j'étais au cours ROBERT LEDOUX à AMIENS, de 1964 à 1966, je voulais le faire partager et peut-être trouver une personne qui pourrait m'aider à en faire la traduction ?
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MessagePosté le: Mar 12 Mai 2009 2:38 pm    Sujet du message: Répondre en citant

Boujou Monique

on compte sur toi pour la suite.

Merci d'avance.

A bientôt.

Dannie

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MessagePosté le: Mer 13 Mai 2009 9:42 am    Sujet du message: Répondre en citant

Boujou,

Je mets en ligne la page 37 :



traduction :


... personnelles à régler avant son départ. Quelles affaires ?
- Je l'ignore Monsieur le Juge
- C'est extrêmement curieux. Je serais plutôt tenté de croire que vous avez l'intention de dissimuler la vérité à la justice mais il est heureux qu'elle dispose encore de quelques moyens pour délier les langues et pour rafraîchir les mémoires. Les personnes les plus discrètes ne résistent pas généralement à quelques jours d'isolement. Réfléchissez. C'est un excellent conseil que je vous donne là.
François garde le silence. Monsieur Chalard, qui s'attendait à entendre celui qu'il venait de menacer de ses foudres pousser un cri d'effroi quand il entendrait parler de prison, est tout surpris.
- Réfléchissez, répète-t-il.
- J'ai réfléchi Monsieur le Juge, répond François qui se ressaisit et qui avec son parfait bon sens comprend que n'ayant pris aucune part au vol, n'en connaissant point l'auteur, n'ayant pour lui à se reprocher que son excès de discrétion, il ne peut redouter d'être emprisonné.
- Alors !
- Alors Monsieur le Juge, je vous déclare que pas plus demain qu'aujourd'hui, je ne pourrais vous donner, quoi qu'il arrive, d'autres renseignements sur l'affaire. Je ne sais rien en dehors de ce que je vous ai dit.

Ces paroles sont prononcées sur un ton si ferme, avec un tel accent de sincérité, elles révèlent une si grande tranquillité d'âme que le magistrat se rend compte qu'il s'est abusé en essayant d'intimider le témoin. L'expérience lui a enseigné entre autre qu'il ne faut jamais brusquer les choses et qu'il est parfois habile de paraître battre en retraite ; c'est se réserver la possibilité de se retourner brusquement et au moment que l'adversaire si attend le moins de le terrasser. Patience, se dit-il à lui-même, nous reprendrons cette conversation et peut-être serons nous plus heureux avec ce gaillard à qui nous allons donner aujourd'hui l'illusion qu'il n'a plus rien à redouter de nous.
François se lève, salue et sort.

Monsieur Chalard s'accoude à son bureau :
- Écrivez le communiqué que vous remettre à la presse, ordonne-t-il à Monsieur Suret et il dicte : « Monsieur Chalard, l'habile et très distingué magistrat a commencé aujourd'hui l'examen de l'affaire de la rue de Berne. Il a fait comparaître plusieurs témoins devant lui. Les dépositions de ceux-ci ne paraissent pas jusqu'ici offrir un très vif intérêt. Toute fois, Il a recueilli un renseignement qui mérite de retenir l'attention. Le chauffeur de Monsieur Duchatel, qui avait déclaré à la police que son patron avait dîné dans un restaurant de la rue royale, est revenu sur ses déclarations premières. L'ingénieur est bien entré dans le restaurant dont-il s'agit mais pour en ressortir immédiatement par...


A bientôt.

Dannie

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Dernière édition par Dannie le Jeu 14 Mai 2009 2:33 pm; édité 1 fois
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