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Le roman d'une sténographe. Qui connaît ce manuel ?
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lepetitstenographe
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MessagePosté le: Mar 10 Fév 2009 1:20 pm    Sujet du message: Répondre en citant

Et voici (enfin !) ma relecture de la page 23.
Dannie, si tu veux je pourrai ensuite commencer à transcrire pour te laisser un peu le beau rôle d'inspectrice des travaux finis…
En tout cas, mon intuition masculine m'avait bien dit de me méfier du fiancé de la sténographe… l'impression défavorable se confirme… le suspense monte !

Yvon


Pensez au grand bonheur que nous préparons et pour le mériter savoir supporter quelques jours de chagrin.
L'option "savoir" me semble plus logique mais la phrase me semble curieusement construite…

Vous... je vous aime. Enlevez moi Jacques. Emmenez moi déjeuner. Il est près d'une heure et je meurs de faim
Enfin, Dannie, ils n'en sont pas déjà à se tutoyer… c'est un vieux roman tout de même ! Wink

- Filons, filons, dit-elle.
- Filons, répète Jacques.
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Dannie



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MessagePosté le: Mar 10 Fév 2009 2:03 pm    Sujet du message: Répondre en citant

Alors, c'est reparti ! Je corrige la pas 23.
Oui c'est pas bien, j'oublie les convenances de l'époque Laughing

Voici la page 24 :



Yvon, je te laisse travailler en sachant que j'ai déjà transcris cette page si ça peu t'avancer, et que j'ai lu ce chapitre en entier.

A bientôt.

Dannie

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lepetitstenographe
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MessagePosté le: Mar 10 Fév 2009 6:51 pm    Sujet du message: Répondre en citant

Coiffé de sa petite calotte de drap noir, les pieds chaussés de pantoufles posés sur le plateau de la salamandre, tenant son angora Pacha sur ses genoux, le père Roget, bien calé dans son fauteuil crapaud fume sa pipe. Un journal du soir est déplié devant ses yeux. Le vieil homme comprend-il bien tout ce publie la feuille dont, prétend-il, il ne saurait se passer après son dîner. Est-il même certain qu'il la lise ? Son fils qui parfois, pour le taquiner un peu, lui demande s'il y a des nouvelles intéressantes et qui jamais n'a pu obtenir que de très vagues et très prudentes réponses en doute fort, mais il respecte l'innocente manie paternelle. Assis en ce moment devant la table sur quoi la lampe suspension juponnée de soie verte laisse tomber un cercle de lumière, il écrit.
- François, dit le vieux Roget
- Père
- Décidément, personne ne me retirera de l'esprit que cette femme en sait plus long qu'elle n'en veut laisser voir et surtout qu'elle n'en dit.
- Plus long sur quoi ?
Sur l'affaire, pardi… l'affaire du vol commis chez monsieur Duchâtel. Tu n'es pas de mon avis ?
- A quelle femme fais-tu allusion ?
- Mais, à cette femme, à cette portière à la veuve Peyronnet. De qui veux-tu donc que je parle ?
Sans attendre la réponse de François, le père Roget poursuit son monsieur Fiquemont… monsieur Gustave Fiquemont… un monsieur si poli, si correct, si convenable, si bien habillé. Elle en avait plein la bouche quand elle parlait de lui au commissaire de police. Une jolie crapule, un propre bandit. D'abord Fiquemont n'est pas un nom. Est-ce que tu as jamais rencontré quelqu'un qui s'appelait Gustave Fiquemont, toi ?
- Non, mais ça ne prouve rien
- Ça ne prouve rien, ça ne prouve rien, ça ne prouve rien… ça prouve en tout cas que la veuve Peyronnet sait à quoi s'en tenir sur le personnage, qu'elle n'ignorait pas ce qu'il manigançait, et pour dire tout le bas fond de ma pensée, qu'elle est sa complice. Est-ce que le fait qu'elle s'est évanouie n'en est pas la preuve ? Moi, si j'avais été à la place du commissaire, je l'aurais arrêtée tout de suite, et je t'assure que j'aurais bien trouvé le moyen de la faire avouer.
- Tu ne parles pas sérieusement ?
- Je sais ce que je dis, d'ailleurs, depuis cette histoire de boîte à ordures, je la crois capable de tout.
- Voyons, père !
- Capable de tout, je le répète, et je suis sans doute en dessous de la vérité.
- Est-ce parce qu'il y a une dizaine d'années madame Peyronnet a eu avec toi une petite contestation…
- Une petite contestation ? Tu appelles ça une petite contestation ?
- Que tu peux l'accuser d'être complice d'un de ses locataires qui a percé un mur, découpé au chalumeau oxhydrique la porte du coffre-fort, emporté un demi million et des plans du canon !
- Oui… d'ailleurs comme je dis toujours : "qui vole un œuf vole un bœuf". La Peyronnet m'a volé une boîte à ordures, donc elle a volé le canon de monsieur Duchâtel.
- Mais c'est elle père, qui, prétend au contraire avoir été filoutée par toi, s'écrie François en riant.
Le vieux Roget paraît un peu décontenancé
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Dannie



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MessagePosté le: Mer 11 Fév 2009 9:31 am    Sujet du message: Répondre en citant

Super Yvon ! Tu ne veux pas prendre du retard cette fois on dirait. Laughing

Donc, voici ma lecture. Moi j'ai trouvé quelques mots différents. Sinon, je confirme le mot "portière". J'ai regardé dans le dictionnaire et dans les définitions il y a "ancienne appellation du mot concierge".
Sinon, personnellement, j'ai bloqué sur le mot "filoutée", j'avais mis "flouée" mais je m'aperçois qu'il aurait été écrit différemment.

Voici mes corrections :



Le vieil homme comprend-il bien tout ce que publie la feuille, dont prétend-il, il ne saurait se passer après son dîner.

...n'a pu obtenir que de très vagues et très pressantes/prudentes réponses, ...

...sur quoi la lampe suspension juponnée de soie verte laisse tomber un cercle de lumière... (le mot était donné dans les pages d'aide)

.. Une jolie crapule, un propre bandit ! ...

Est-ce que le fait qu'elle s'est évanouie n'en est pas la preuve. Moi, si j'avais été à la place du commissaire...

et deux petits mots erronnés : oxhydrique et boeuf


Je mets la suite en ligne.

A bientot.

Dannie

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MessagePosté le: Mer 11 Fév 2009 9:35 am    Sujet du message: Répondre en citant

Voici la page 25, du chapitre V, les sentences du père Roget :





Bonne lecture.

Dannie

---------------------------------------------------------------------------------------------------------

Transcription :


... par la réplique de son fils. Il réfléchit un assez long moment puis il affirme avec force :
- ça ne change absolument rien à mon raisonnement. Maintenant tu sais, si tu veux la soutenir, il ne faut pas te gêner. D'ailleurs, je n'en serais pas surpris. On n'est jamais trahi que par les siens.
La conversation tombe. Le père Roget continue de lire son journal ou de faire semblant, François d'écrire, Pachat de ronronner. Mais, au bout d'un instant, le vieux qui décidément tient à son idée rompt de nouveau le silence.
- François, dit-il.
- Père
- Sûr et certain qu'elle était au courant du départ de Monsieur Duchâtel pour l'Egypte et qu'elle en a prévenu son Gustave Fiquemont.
- Comment veux-tu...
- Je te dis moi qu'elle était au courant !
- Monsieur Duchatel lui même n'a su qu'à la fin de l'après midi qu'il partait.
- Je suis convaincu qu'elle le faisait suivre tous les soirs.
- Je ne vois pas bien à quoi cela lui aurait servi. Du reste, si elle le faisait suivre le vingt décembre, celui qu'elle employait à cette besogne peut se vanter d'avoir de bonnes jambes et puis s'il n'a pas perdu la trace de son client, il est plus dégourdi que ton fils car moi je l'ai perdue sa trace et bien perdue encore.
- Perdue..., Perdue... tu as perdu la trace de Monsieur Duchâtel !
- Perdue et retrouvée heureusement ! C'est même assez drôle ce qui m'est arrivé. Figure toi quand montant dans la voiture, devant la porte, Monsieur Duchâtel m'a dit : « A la maison mon petit François et un peu vite ! ». Arrivé rue Brémontier, il a sauté sur le trottoir et il est entré en courant dans le vestibule. J'ai attendu un bon bout de temps. Quand Monsieur Duchâtel a réapparu, j'ai compris qu'il partait en voyage puisqu'il était accompagné de son domestique qui portait deux grandes valises de cuir. Je les ai prises à coté de moi. Monsieur Duchâtel a touché la main de Firmin, lui a dit au revoir et m'a donné l'ordre de le conduire chez Larue. C'est un restaurant situé au coin de la pointe de la Madeleine et de la rue royale.
- Je connais Larue mon garçon, répond le père Roget, du ton d'un homme qui fréquente ordinairement les endroits les plus élégants de Paris.
- La pendule pneumatique marquait huit heures moins un quart lorsque j'ai arrêté ma voiture devant le restaurant. Le patron est descendu. Il a regardé sa montre. « Allez dîner tranquillement François » m'a-t-il dit « et soyez de retour ici à neuf heures un quart ». J'ai remarqué que pour une fois il prenait son temps lui qui d'habitude consacre dix minutes à ses repas.
- Très mauvais pour l'estomac, interrompt sentencieusement le père Roget. Qui mange trop vite, mourra de même.
- bref ! Monsieur Duchâtel a pénétré dans le restaurant. Comme il y avait plusieurs voitures arrêtées devant la mienne, j'ai du attendre deux ou trois minutes qu'elles soient parties pour démarrer et tourner afin de remonter le boulevard Malesherbe. Là, j'avais fini les manoeuvres et je me trouvais près de la hauteur du refuge sur lequel est installé l'horloge pneumatique quand à vingt mètres devant moi tu ne sais pas ce que je vois ? Monsieur Duchâtel héler un taxi et sauter dedans. Entré chez Larue par la porte donnant sur la rue Royale, il en était évidemment sorti par celle place de la Madeleine.
Le vieux Roget plie son journal. Il est décidément trop alléché par l'histoire que lui raconte son fils pour poursuivre sa lecture

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MessagePosté le: Ven 13 Fév 2009 10:40 am    Sujet du message: Répondre en citant

voici la dernière page du chapître :



Je vous souhaite un bon WE à tous.

Dannie

----------------------------------------------------------------------------------

transcription :


les dents serrées sur sa pipe, les mains croisées sur l'échine soyeuse de Pachat, il boit avidement chacune des paroles qui passe les lèvres de François.
- Qu'est ce que tu as pensé mon garçon en voyant cela ?
- Que le patron n'avait pas plus que moi l'intention d'aller dîner chez Larue
- Alors ?
- Qu'il avait un rendez-vous d'affaires quelconque et qu'il ne voulait pas que je sache où. C'est bien son droit après tout !
Soudain pensif, François garde un instant le silence.
- La vie est tout de même bizarre, reprend-il, c'est juste pendant que Monsieur Duchâtel dînait qu'on l'a dévalisé.
- et tu prétends toi que la Peyronnet n'était pas au courant de tout cela ? Que ce n'est pas elle qui a prévenu son Gustave Fiquemont !
Le vieux Roget hausse violemment les épaules.
- Je te jure père que ce que tu dis n'est pas sérieux, s'écrie François, dans tous les cas j'espère que tu garderas tes suppositions pour toi et que tu n'en feras pas part au juge d'instruction quand-il t'interrogera.
- Et pourquoi pas s'il te plaît ? Tu crois qu'un juge d'instruction me fait peur ! J'en ai vu d'autre mon garçon ; celui qui me fera trembler n'est pas encore né. Je lui parlerai comme je te parle au juge d'instruction et je lui dirai ce que j'en pense de la Peyronnet.
François n'insiste pas. Il est bien tranquille. Il sait que le courage de son père est purement verbal et que lorsqu'il se trouvera en présence du magistrat instructeur, le vieil homme redoutera bien trop de se compromettre pour s'aviser de charger son ennemie des forfaits qu'il lui attribue si généreusement ce soir dans l'ombre tiède de sa loge. Le terrible accusateur gratte le crane de Pachat puis il demande sur un ton singulièrement radouci :
- Alors, tu ne continues pas ton histoire fiston ?
François sourit derrière sa main/mine ouverte et poursuit :
- Mais si père. Je suis donc allé dîner et à neuf heures un quart je suis revenu. J'ai trouvé le patron qui se promenait devant la porte du restaurant en fumant un cigare. « Ah ! Vous voilà », m'a-t-il dit sur un ton que je ne lui connaissais pas, un ton un peu dur, un peu neveux qui me fit penser que le dîner d'affaires n'avait pas donné ce qu'il en attendait. Il a pris place dans la voiture en oubliant de m'indiquer à quelle gare je devais le conduire. J'ai dû redescendre et ouvrir la portière pour lui demander. « Gare de Lyon, vous le savez bien. Voyons François !», m'a-t-il répondu d'un air mécontent. Je ne savais rien du tout. C'était la première fois qu'il me le disait, mais je ne pipe pas, je remonte sur mon siège en pensant « ça va mal les affaires, ça va mal » et je mets en marche. Dix minutes plus tard, je m'arrête devant la marquise de la gare, j'appelle un porteur qui prend les valises. Monsieur Duchâtel descend, me dit au revoir, gentiment tout de même, et suit le porteur.
Le père Roget hoche la tête et levant l'index de la main droite, il dit d'une voix importante:
- voilà un homme qui sentait que quelque chose de grave venait de lui arriver et que la veuve Peyronnet lui avait fait un sale coup.

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MessagePosté le: Mar 17 Fév 2009 11:47 am    Sujet du message: Répondre en citant

bonjour,

Un peu plus de travail cette semaine, donc moins de temps pour relire... mais pour la p. 25 :

Qui mange trop vite mourra de même.
si le point qu'il y a sous le sténogramme n'est pas un défaut d'impression ou de scan, je ne sais pas non plus que lire
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MessagePosté le: Mar 17 Fév 2009 11:54 am    Sujet du message: Répondre en citant

Sur la version antérieure, il n'y a pas de point sous le "m" mais il manque souvent les sons d'initiales. Je n'avais pas pensé à ce mot. Je corrige.

Bon courage pour ta semaine. La relecture attendra.

A bientot.

Dannie

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MessagePosté le: Mer 18 Fév 2009 6:18 pm    Sujet du message: Répondre en citant

Un petit tour sur le forum pour la page 26 :

j'espère que tu garderas tes suppositions pour toi
j'appelle un porteur qui prend les valises. Monsieur Duchâtel descend, me dit au revoir, gentiment tout de même, et suit le porteur
Le père Roget hoche la tête
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MessagePosté le: Jeu 19 Fév 2009 10:21 am    Sujet du message: Répondre en citant

Merci Yvon pour ces corrections. Je mets en ligne la suite :



Bonne lecture.

Dannie


------------------------------------------------------------------------------------

Le philatéliste

Les fêtes du jour de l'an sont passées. Monsieur Chalard, Juge d'instruction, qui a été chargé de l'affaire de la rue de Berne, a commencé à étudier ou plutôt (car il ignore la hâte) à feuilleter son dossier. C'est un homme bien singulier d'aspect et de caractère que Monsieur Chalard. D'une taille plutôt petite, toujours vêtu de noir, n'accordant nul attention à sa mise, négligeant les plus élémentaires préceptes de l'hygiène, taillant visiblement lui-même sa barbe noire dans laquelle courent quelques fils blancs et le peu de ce qui lui reste de cheveux autour d'une calvitie qui ressemble à celle d'un clown anglais. Il est au « repos » timide, effacé, silencieux et bien peu de ses collègues ou de ses collaborateurs pourrait dire la couleur de ses yeux tant il prend de soin semble-t-il a les cacher derrière ses paupières toujours baissées et qu'agite un petit tremblement nerveux. Mais cet homme, d'apparence si « débile » et si douce lorsqu'il se glisse à pas feutrés dans les couloirs du palais de justice, se révèle un terrible inquisiteur dès que la porte de son cabinet s'est refermée sur lui. Alors son petit oeil brun étincelle, sa voix qui au dehors n'est qu'un murmure à peine perceptible grince et tonne tour à tour, pressant sans relâche de questions accusés et témoins, tachant à les embarrasser, à les faire trébucher dans les mil traquenards qu'il tend sous leurs pas, à les obliger à se contredire. Il semble vraiment exercer ses fonctions comme on pratique un sport, comme on s'adonne à la chasse, et quand il a réussi à confondre celui qu'il interroge, il se renverse sur le dossier de son fauteuil, croise les mains sur son gilet, émet par le nez quelques brefs grognements et dans un large rire silencieux découvre ses dents en regardant sa victime comme s'il voulait la « déchirer ». Mais, l'affaire de la rue de Berne n'est pas amenée au point où elle donnera à Monsieur Chalard les plaisirs délicats qu'il attend de toutes celles qu'on lui confie. Il n'a encore eu le temps, nous l'avons dit, que de feuilleter les quelques pièces dont se compose le dossier et de constater avec une moue qu'il aura au début de sa mission tout au moins : « quatre témoins seulement à interroger, c'est maigre ». Il est vrai que la qualité compense la quantité et que si l'on sait appliquer les bons traitements à ces quatre témoins, les « travailler » selon les règles de l'art dans lequel Monsieur Chalard est passé maître, on est en droit d'attendre d'eux de bien douces satisfactions. Songez donc à ce que l'on peut leur faire raconter lorsqu'on sait s'y prendre à deux concierges non seulement sur ceux de leurs locataires mêlés à une affaire criminelle mais sur tous les locataires de leur maison respective et à un chauffeur d'automobile, c'est à dire aux témoins de toutes les allées et venues de son maître, au dépositaire d'une partie de ses secrets et à une jeune fille employée comme secrétaire par un ingénieur riche, jeune, célibataire, à une jeune fille que se laissera si facilement intimider, à qui l'on pourra poser les questions les plus insidieuses, les plus indiscrètes même et qui

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MessagePosté le: Sam 21 Fév 2009 6:46 pm    Sujet du message: Répondre en citant

La lecture était difficile, notamment les liaisons de plusieurs mots entre eux... bravo ! J'ai quand même trouvé quelques petits détails :

à les faire trébucher dans les mille traquenards qu'il tend sous leurs pas
n'est pas amenée au point où elle donnera à Monsieur Chalard les plaisirs délicats
à une jeune fille que se laissera si facilement intimider


Bon week-end

Yvon
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MessagePosté le: Sam 21 Fév 2009 7:52 pm    Sujet du message: Répondre en citant

Merci Yvon pour ces corrections. Je te souhaite un bon WE

A bientôt.

Dannie

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MessagePosté le: Dim 22 Fév 2009 10:10 pm    Sujet du message: Le roman d'une sténographe Répondre en citant

Dannie et Yvon : toujours aussi occupés à cette traduction, le roman vous garde en haleine ....
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Je possède le roman d'une sténographe qui date de quand j'étais au cours ROBERT LEDOUX à AMIENS, de 1964 à 1966, je voulais le faire partager et peut-être trouver une personne qui pourrait m'aider à en faire la traduction ?
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Dannie



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MessagePosté le: Lun 23 Fév 2009 7:34 am    Sujet du message: Répondre en citant

Merci de ta visite Monique. Oui ce roman est un très bon exercice et l'histoire est amusante. J'imagine déjà le commissaire face aux deux concierges et à Yvonne... mais cette semaine, je n'en dirai pas plus. Je prends quelques jours de vacances avec mes enfants.

A bientôt donc, bonne semaine pour ceux qui travaillent et bonnes vacances pour ceux qui partent un peu.

Dannie

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MessagePosté le: Mar 03 Mar 2009 3:52 pm    Sujet du message: Répondre en citant

Les vacances ne sont peut-être pas terminées pour tout le monde mais j'espère que vous avez pu profiter un peu de quelques jours de beau temps en attendant l'arrivée prochaine du printemps.

Je mets en ligne la suite du roman, page 28 :


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